Le blogue de l'édito

Archive du 8 mars 2010

Lundi 8 mars 2010 | Mise en ligne à 21h08 | Commenter Commentaires (59)

L’enseignement religieux à la garderie

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Nathalie Collard

Il y a définitivement quelque chose qui ne tourne pas rond au Québec.

La journaliste de la Presse canadienne, Jocelyne Richer, rapportait hier que le ministère de la Famille finance de nombreuses garderies dont le programme est axé sur l’enseignement religieux.

Certaines garderies enseignent le Coran et l’arabe aux enfants, d’autres enseignent la Torah. Non seulement ces garderies ne s’en cachent pas mais elles en font un atout marketing qu’elles affichent sur internet.

Ces garderies sont pour la plupart subventionnées par les deniers publics. Dans le cas des garderies privées, les parents bénéficient de crédits d’impôt.

Comment cette situation est-elle possible? Il semble que les balises du ministère de la Famille soient plutôt floues. On apprend en outre que le nombre de places de garderies accordé au rabbin ultra-orthodoxe Yosef Minkowitz dépasse de 44 places le nombre autorisé, et qu’il est accompagné de la plus importante subvention au Québec, soit 1,3 million $.

Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, n’a pas voulu accorder d’entrevue dans le cadre de l’article de la Presse canadienne. Il faudra bien qu’il réponde aux questions des journalistes et qu’il explique comment un gouvernement qui a retiré les cours d’enseignement religieux des écoles du Québec peut dans le même souffle financer des garderies qui enseignent la religion. La contradiction est grossière. Encore plus du fait que ces garderies sont financées à même nos impôts.

Manque de cohérence de la part du gouvernement et de son ministre responsable des services à la petite enfance? Hypocrisie? Incompétence? Ou est-ce l’ensemble de ces réponses?

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Lundi 8 mars 2010 | Mise en ligne à 11h49 | Commenter Commentaires (28)

8 mars et voile intégral

 

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Nathalie Collard

Il est assez incroyable de penser qu’en ce 8 mars 2010, nous en sommes encore à discuter du port du voile intégral. On se croirait au Moyen-Âge…

J’aurais préféré vous entretenir de l’accès à l’éducation pour les femmes partout sur la planète. J’aurais aimé qu’on discute d’équité salariale, du système “deux poids deux mesures” qui persiste et qui fait en sorte que des employeurs se permettent de congédier une femme, ou de la pousser vers la sortie, parce qu’elle attend ou a eu un enfant (lire le dossier de ma collègue Catherine Handfield ainsi que la chronique de Rima Elkouri dans La Presse de ce matin).

Bref, j’aurais aimé parler de l’évolution de la situation des femmes et des obstacles qui restent à franchir.

Or nous voilà plutôt plongés dans la noirceur, à défendre ce qui me semble une évidence, à savoir que les femmes n’ont pas à s’imposer ou à subir le port du voile intégral qui est un symbole de la négation de l’existence des femmes et de leurs droits.

Je suis en total désaccord avec le commissaire aux droits de l’homme (pourquoi pas de la personne?) qui publie un communiqué ce matin affirmant qu’il ne faut pas interdire le port de la burqa en sol européen sous prétexte qu’il vaut mieux respecter la diversité et le multiculturalisme, des valeurs européennes essentielles.

Et que dire de l’égalité entre les hommes et les femmes? N’est-ce pas une valeur essentielle, au même titre que la diversité?

Au Québec, j’ose croire que oui.

En ce sens, je suis tout à fait d’accord avec ma collègue du Devoir, Josée Boileau, qui intitule son éditorial ce ce matin Femmes: le recul.

Extrait choisi: “Il y a eu, ici comme ailleurs, un travail collectif, très dur, très long, pour que les femmes accèdent à la Cité. L’égalité n’est pas encore acquise, ni sur le marché du travail ni dans la vie personnelle. Cette lutte ne doit pas pour autant empêcher de dénoncer les symboles. Ici, les femmes ne se cachent pas et il ne faut pas craindre de l’assumer.”

Je co-signe.

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