Le blogue de l'édito

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  • André Pratte

    André Pratte et son équipe échangent avec les internautes sur les sujets d'actualité.
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    Dimanche 28 février 2010 | Mise en ligne à 9h08 | Commenter Commentaires (12)

    Faut-il tuer Tilly?

    tilly_s

    NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration

    André Pratte

    Si vous aviez de jeunes enfants dans les années 1990, ils ont certainement vu et revu le film Mon ami Willy. Un jeune garçon et une orque mâle exploitée par le propriétaire d’un parc aquatique se lient d’amitié. Avec l’aide de ses parents adoptifs, le garçon réussit à sortir l’orque du parc et à la ramener à la mer. Le film a suscité un immense courant de sympathie pour les orques en général, et pour celles en captivité en particulier.

    Dans la vraie vie, comme chacun sait, les choses ne sont pas si simples. Même pour les orques (aussi appelés épaulards). Mercredi, une orque du Seaworld d’Orlando, Tilly, se trouvait dans la partie peu profonde de son réservoir en compagnie d’une entraîneure d’expérience, Dawn Brancheau. Celle-ci venait de le récompenser pour sa performance lors du spectacle lorsqu’il l’a pris ses cheveux en queue de cheval dans sa gueule et l’a entraînée au fond du bassin. Mme Brancheau est morte noyée et de «multiples blessures», selon le rapport d’enquête. L’incident suscite de vifs débats aux États-Unis.

    Devrait-on garder en captivité des mammifères d’une telle taille – Tilly pèse quelque 5600 kilos -?

    «Nous savons qu’isoler des personnes les rend folles. Comment pouvons-nous nous attendre à autre chose dans le cas d’animaux marins?» demande un océanographe. Le spécialiste du comportement animal chez Seaworld affirme que les entraîneurs surveillent constamment le comportement des orques et que rien n’indiquait, mercredi, que Tilly était stressé.

    Tilly est né en mer mais, de plus en plus, les orques qu’on voit dans les parcs aquatiques sont nés en captivité. On ne capture plus d’orques dans les océans depuis 20 ans. Certains souhaiteraient que les orques présentement captives soient libérées, mais même si les propriétaires de parcs aquatiques acceptaient de le faire, le succès de l’opération ne serait pas garanti. L’épaulard qui «jouait le rôle» de Willy, Seiko, est mort en décembre 2003, un peu plus d’un an après avoir été remis à la mer. Il semblait incapable de se nourrir seul. Malade, il a fini par s’échouer.

    Devrait-on employer des animaux pour faire des spectacles?

    «Si nous nous intéressons vraiment aux animaux, laissons-les tranquilles», dit la présidente d’une organisation militant pour le traitement éthique des animaux. «Nous gardons des animaux en captivité pour éduquer les gens. L’éducation, c’est notre dernière chance de sauver ces animaux», rétorque un directeur de jardin zoologique.

    Devrait-on tuer une orque qui s’est attaquée à un humain?

    La direction de Seaworld a fait savoir qu’elle n’euthanasierait pas Tilly:  «Il est membre de notre famille. Ces animaux nous permettent d’apprendre beaucoup de choses.»

    Un défenseur des droits des animaux, Russ Rector, s’est élevé contre cette décision: «Tilly est un tueur. S’il s’agissait d’un chien, on l’endormirait.» Il faut dire que l’épaulard en question a déjà été impliqué dans au moins un incident du genre, en 1991, alors qu’il était en captivité dans un parc de Victoria, en Colombie-Britannique.

    Un enseignement ressort de cette affaire, comme de toute l’expérience de l’Homme avec les animaux. Malgré des siècles d’observation et d’étude, bien des aspects de leur comportement échappent à notre compréhension. Ainsi, pourquoi Tilly a-t-il attaqué son entraîneure au moment où celle-ci le récompensait? Selon un spécialiste de la faune marine interviewé par le New York Times, les épaulards sont trop intelligents pour agir seulement par instinct: «Ce n’était pas un geste de folie, c’était prémédité». Un autre expert exprime une opinion différente: «On parle d’un animal qui peut déchirer en morceaux une baleine bleue! Si Tilly avait agi de manière agressive, le corps de la victime aurait été en bien plus mauvais état.» L’épaulard voulait-il seulement jouer avec Dawn?

    Les spectacles mettant en vedette les orques ont repris en fin de semaine au Seaworld d’Orlando. Sans Tilly… pour l’instant.


    • Tuer? Pourquoi? de quel droit cet animal est-il emprisonné et soumis à des routines stupides et humiliantes, alors que c’est un grand prédateur marin sauvage?

      Non, on doit tout simplement libérer cet animal qui ne sera jamais apprivoisé, et qui est fait, dans chaque cellule de son être, pour parcourir les océans librement et y être un prédateur redoutable.
      Les zoos reflètent une mentalité du 19ième siècle, celle de l’emprise des humains qui allaient contrôler et mettre à leur main le monde naturel. Nous savons que cet animal ne sera jamais “l’ami de l’homme,” et pourtant nous voilà surpris de le voir exhiber des comportements de prédateur sauvage.

      Cessons de vouloir dénaturer ces bêtes, et laissons-les vivre en paix dans leur milieu naturel.

      Julie Godin, Mississauga, Ontario

    • L’épaulard est un carnassier au même titre que l’ours polaire ou les grands félins. À la différence de ces derniers, il ne peut feuler pour manifester sa mauvaise humeur et encore moins se dresser sur ses pattes arrières pour montrer son agressivité. Il doit être difficile de vraiment savoir comment il se sent.

      Y a-t-il des gens qui ont vraiment décodé le «langage» de ces grands mammifères? Et même si les orques en liberté ne sont pas reconnue comme attaquant l’humain, leur mise en cage doit bien avoir un quelconque effet sur leur caractère.

      Pourquoi ne laisse-t-on pas ces animaux tranquilles dans leur élément? Cette manie de l’humain de domestiquer la nature! Si au moins c’était pour faire oeuvre utile comme la sauvegarde des espèces. Mais non, dans ce cas-ci, c’est un aquaparc donc juste du divertissement, pour ne pas dire du voyeurisme.

      Quant à tuer la bête, étant donné qu’elle a été prise à la mer, pourquoi ne pas simplement l’y retourner? Ça n’est pas comme pour un animal domestique, comme un chien devenu méchant qu’on ne peut retourner à la nature puisqu’il n’y a jamais été. Bien entendu, n’étant pas biologiste, mon opinion ne vaut pas plus que celle de n’importe quel quidam. Des spécialistes de la question vont certainement se faire une joie de nous éclairer.

      J-F. Couture.

    • «Si nous nous intéressons vraiment aux animaux, laissons-les tranquilles»

      C’est exactement ce que je pense. Je n’ai aucun animal de compagnie chez moi, j’aime trop les animaux pour ça.

      Malheureusement, pour un tas de gens, aimer les animaux ça veut dire garder un chien enfermé seul dans la maison une bonne partie de la journée. J’appelle ça un besoin maladif de contrôle ou un manque d’affectation grave. Peu importe, c’est une forme de maladie mentale.

      Jean-François Vincent

    • Celui qui “sort” un animal de son milieu naturel, a la responsabilité de ses actes. Pourquoi devrait-on tuer cet animal ?

      Faudait un jour comprendre que ces espèces ne sont pas là pour nous servir de bêtes de cirque.

      Jean Émard

    • Les animaux ne devraient pas être emprisonnés pour le simple amusement d’humains qui n’ont rien d’autre chose à faire de leur vie…Tilly ne devrait pas être tué, point à la ligne…

      Michel-André Girard

    • En réponse à vos questions:

      «Devrait-on garder en captivité des mammifères d’une telle taille – Tilly pèse quelque 5600 kilos -?»

      Non et j’ajoute que les animaux des zoos devraient être gardées dans des conditions meilleures qu’elles ne le sont en général. Dans le cas de certains primates, cela ne devrait jamais être fait. Je me souviens d’avoir visité un zoo de Floride il y a longtemps: un gorille était littéralement “mis en vitrine” et je me souviens encore des années plus tard de son regard. Placé là, dans un local de béton avec un pneu pour “jouer” et, pour tous les jours de sa misérable vie, placé à la vue des visiteurs. Le gorille étant un animal vivant normalement caché discrètement au fond de la jungle, l’impact d’une telle mise en évidence est si contraire à son mode de vie que cela est un traitement inacceptable. Pour les mammifères marins c’est tout aussi inacceptable. La disproportion entre la dimension du territoire occupé en liberté et celle en captivité est scandaleusement disproportionnée. Aussi stupide que de vouloir garder un saumon dans un bocal.

      «Devrait-on employer des animaux pour faire des spectacles?»

      Pas des animaux sauvages. Dans le cas d’animaux domestiques, chiens ou chevaux, passe encore mais avec certaines restrictions. Les animaux sauvages “domestiqués” sont plutôt des animaux “cassés” et qui finissent souvent par devenir dangereux par simple retour de l’instinct de conservation et la frustration longtemps réprimée.

      «Devrait-on tuer une orque qui s’est attaquée à un humain?»

      Non car c’est une réaction prévisible d’un animal sauvage et la faute en revient à ceux qui prennent quand même le risque de les utiliser pour donner des spectacles aux foules imbéciles et ramasser des dollars. On devrait par contre botter solidement le derrière des propriétaires de tels établissements. Mes bottes à “cap d’acier” sont prêtes et je suis volontaire.

      Pour ajouter une couche au constat de la stupidité humaine sachez qu’il existe en Argentine un zoo qui permet aux visiteurs d’approcher, de caresser et de monter des fauves. Il s’agit du Lujan Zoo près de Buenos Aires.

      Références: (Trouvé via @RenartLeveille sur Twitter)
      http://www.lebuzzodrome.com/le-zoo-le-plus-dangereux-du-monde-24010

      Le site officiel: http://www.zoolujan.com/


      Claude LaFrenière

    • Les zoos et autres parcs fauniques étaient utiles avant que les moyens de communications ne nous permettent de les observer dans leur habitat naturel. Laissons donc les animaux “sauvages” en liberté au lieu de soit les observer en captivité ou de leur apprendre à faire des cabrioles!

      Richard Guimont

    • J’ai toujours pensé que les zoos et les parcs aquatiques commes Seaworld étaient des prisons pour animaux, sans parler de tout ces cirques d’animaux ambulants, qui sont pour moi, ni plus, ni moins, que de l’esclavage d’animaux. Si la liberté est importante pour l’être humain, je crois qu’elle l’est tout autant pour les animaux.

      À la question “devrait-on tuer une orque qui s’est attaquée à un humain?” NON ! Il y a des risques à “jouer” avec des animaux sauvages de ce type et ce n’est certainement pas à ces animaux de payer le prix pour la témérité de l’humain. Posons la question inverse maintenant pour voir si ça fait du sens: Devrait-on tuer les personnes qui se sont attaquées à un animal ?????

      Votre exemple de l’épaulard qui “jouait” le rôle de Willi dans le film et qui est mort un peu plus d’un an après avoir été remi à la mer est un bon exemple que ces animaux sont complètement dénaturés, un orque devrait être capable de se nourrir seul dans son milieu naturel, le fait qu’il n’est pas survécu à sa liberté après avoir été en captivité démontre forcément qu’il peut y avoir des conséquences à garder des animaux en captivités sur de longues périodes.

      François Laflamme

    • Ces animaux de cirque me font pitié. Je n’aime pas le voir captifs. La liberté, c’est pour tous, à mon avis. Dans un autre ordre d’idée: on a vidé la rivière à Mars (Saguenay) de ses saumons, on a vidé les deux lacs Ha! Ha! (Saguenay) de leur population de truites indigènes, et les demeurés de la pêche blanche sont en train de vider la Baie des Ha! Ha! (Saguenay) de sa population de sébastes. Or, nous sommes bien loin d’avoir besoin de sébastes pour vivre… Le respect de la liberté, c’est aussi laisser vivre. Claude Dufour

    • Si on ne peut pas le manger comme sushi alors qu’on le libère! :-))

      Jacques Tremblay

    • M. Pratte, je sympathise avec le sort de l’épaulard en question mais le sort de la langue française à Montréal me préoccupe beaucoup plus. Pourquoi ne pas ouvrir un débat sain et bien modérer en ligne sur ce sujet à partir votre dernier éditorial ?

      Bien à vous,

      Claude Desjardins
      Montréal

    • C’est un peu simplet de la part de certaines personnes de suggérer de libérer un tel animal. Avec plus de 20 ans de captivité, c’est plutôt ignorant de penser qu’on peut libérer un tel animal et qu’il va pouvoir survivre normalement. Il y a de nombreux documentaires dans lesquels on a vu des efforts inouis consacrés à rendre la liberté à certains animaux, dans des circonstances très particulières, et quelques-uns ont réussi, mais c’était surtout quand un animal avait été blessé ou rendu orphelin grâce aux mercenaires qui tuent pour des cornes, des défenses, des entrailles, tous ces trucs qui sont supposés aider des Chinois à bander.
      Josette Lincourt

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