
Au centre, Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec, et André Lavallée, ancien responsable de l’aménagement urbain et du transport collectif au comité exécutif de la Ville de Montréal. (Photo La Presse)
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Nathalie Collard
Petite controverse aujourd’hui dans le monde municipal: en épluchant les dépenses des autres partis, Projet Montréal a découvert que le parti du maire Tremblay, Union Montréal, avait loué les locaux de Vélo Québec, rue Rachel, le jour des élections.
L’étude du budget d’Union Montréal révèle aussi que c’est l’organisme Vélo Québec, anciennement dirigé par Michel Labrecque (candidat pour Union Montréal et actuel président de la Société de transport de Montréal), qui avait déboursé le coût des repas offerts aux bénévoles (la facture lui avait été remboursée par la suite).
En entrevue avec mon collègue Martin Croteau, la pdg de l’organisme, Suzanne Lareau, déclarait qu’elle avait appuyé son ami Michel Labrecque en son nom personnel et que cela n’impliquait pas l’organisme à but non lucratif qu’elle représente. Il faut rappeler que Vélo Québec agit à titre de consultant auprès de la Ville, en plus de recevoir certains contrats de l’arrondissement Plateau Mont-Royal.
J’ai appelé Mme Lareau pour lui demander si avec le recul, elle ne regrettait pas d’avoir loué les locaux de son organisme à un parti politique. Mais elle persiste et signe. Selon elle, il n’y a aucun problème à se prononcer en faveur d’un candidat de qualité (Michel Labrecque en l’occurrence) avec qui elle partage les mêmes valeurs.
Quant à ceux qui estiment que ce rapprochement avec le parti au pouvoir nuit à la liberté de parole et de critique du lobby pro-vélo, Mme Lareau affirme qu’ils ont tort.
«Je soupçonne Projet Montréal d’avoir une crotte sur le coeur parce que nous ne les avons pas appuyés et parce que Michel Labrecque a refusé de joindre leur parti, dit-elle. Il y a toujours des gens qui ont critiqué Vélo-Québec depuis sa fondation, il y a 20 ans, et il y en aura toujours.»
Je ne suis pas d’accord avec Mme Lareau. Si elle a tout à fait le droit d’appuyer publiquement un candidat à titre individuel, elle n’aurait jamais dû mêler Vélo Québec à ses activités partisanes. L’organisme ne lui appartient pas.
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