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André Pratte
Si la nouvelle avait paru dans les années 1950, le Québec aurait été en liesse. C’est dire combien la province a changé depuis cette époque. Vendredi, Radio-Vatican a annoncé que le frère André sera prochainement canonisé, i.e. proclamé saint. L’humble portier du collège Notre-Dame deviendra ainsi le premier saint québécois. L’information a été accueillie ici dans l’indifférence la plus totale.
Pourtant, lorsque le frère de Sainte-Croix, devenu célèbre pour ses prétendues guérisons, est décédé en 1937, un million de personnes se sont rendues auprès de sa dépouille, exposée pendant une semaine. Quel événement attire un million de personnes de nos jours? C’est cette dévotion qui a permis au frère André de faire élever sur le mont Royal l’imposant Oratoire Saint-Joseph, financé par les dons des fidèles.
La décision du Vatican est l’aboutissement d’une étude qui a pris des années. Pour que le frère André soit d’abord béatifié (déclaré bienheureux) en 1982, on a dû lui reconnaître une guérison miraculeuse. La canonisation exigeait une autre telle guérison, i.e. inexplicable par la médecine. Dans le Québec d’aujourd’hui, non seulement la religion n’a plus la cote, mais l’idée d’une guérison opérée par saint Joseph, grâce à l’intercession d’un frère portier, ne peut évidemment pas être prise au sérieux. D’où l’indifférence.
Pour une meilleure connaissance du Québec d’autrefois, il est tout de même intéressant de lire une courte biographie du frère André ici, tirée du Dictionnaire biographique du Canada. On y découvre que, saint ou pas, l’homme était certainement exceptionnel par ses grandes qualités humaines.
Mise à jour 14 février 9h12
Dans son commentaire, M. Dominic Lafrenière apporte une nuance importante: le frère André sera le premier homme québécois canonisé. Marguerite d’Youville, fondatrice des Soeurs de la charité, a été faite sainte par Jean-Paul II en 1990.
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