Il faudra revenir sur le sujet, mais on peut déjà noter que Washington abandonne pour l’instant l’idée de renvoyer des hommes vers la Lune, un projet que George W. Bush avait remis sur ses rails avant de quitter la Maison-Blanche.
Barack Obama l’a annoncé, hier, en coupant les 3 milliards $US prévus en 2011 pour la préparation de ces vols. Trois milliards, c’est moins du 15e de ce que coûte le bureau de la Homeland Security qui s’occupe d’empêcher les gens de mettre le feu à leurs bobettes dans l’avion qui les mène aux États-Unis ! (Je caricature, évidemment) On n’arrête pas les progrès de la civilisation…
Bref, je sais que tout le monde ne sera pas d’accord, mais je trouve ça dommage. L’aventure spatiale m’a toujours semblé importante pour le genre humain et pour la simple poésie de l’aventure et de la découverte. Car la Lune était cette fois un tremplin pour Mars, bien sûr.
Pour les Américains, c’est fini, je pense bien.
Est-ce que d’autres prendront la relève ? J’y reviendrai.
Dernière nouvelle: The Lancetvient de rétracter complètement l’article original publié en 1998. Il sera retiré des archives. Traduction: avec ce qu’on sait aujourd’hui, ce papier n’aurait jamais dû être publié.
En matière de paranoïa anti-vaccins, le médecin britannique Andrew Wakefield est une référence. Il s’est rendu célèbre en cosignant un papier sur le vaccin ROR (contre la rougeole, les oreillons et la rubéole) dans la prestigieuse médicale The Lancet en 1998. Le hic, c’est que sa recherche qui a affolé tant de parents était entachée de graves problèmes éthiques. C’est ce que vient de démontrer, dans un rapport accablant de plus de 140 pages, l’organisme qui régit la profession médicale au Royaume-Uni. Un clou de plus dans le cercueil de cette fumeuse théorie.
Le but du General Medical Council (GMC) n’était pas de déterminer s’il existe ou non un lien entre le vaccin ROR et l’autisme, mais de voir si la recherche que le Dr Wakefield a menée, et qui a servi de base à son article, comportait des irrégularités. Oh que oui!
Le médecin a notamment soumis des enfants à des examens invasifs dont ils n’avaient pas besoin, comme des ponctions lombaires et des colonoscopies, sans avoir obtenu l’accord d’un comité d’éthique. Il a aussi obtenu des échantillons de sang d’amis de son fils dans une fête d’anniversaire, et les a payés cinq livres sterling chacun. Il a même plaisanté là-dessus lors d’une présentation en Californie. Vous trouverez d’autres exemples, y compris de conflits d’intérêts, dans ce compte rendu du Guardian.
L’article original du Lancet, et les commentaires personnels du Dr Wakefield lors de son lancement, ont déclenché un vaste mouvement de panique au Royaume-Uni. Le taux de vaccination ROR a connu un recul dramatique, passant de 92% (en 1995) à 81% en 2004. Deux ans plus tard, un jeune ado est mort de la rougeole au Royaume-Uni. Ça ne s’était pas vu depuis 14 ans!
Dix des 13 auteurs de l’article original ont publié une rétractation dans The Lancet en 2004. Le Dr Wakefield n’en faisait pas partie. Le compte rendu de la conférence de presse qui a mis le feu aux poudres en 1998 est fascinant. Les médias ont une part de responsabilité dans ce délire, mais la communauté scientifique aussi, souligne une spécialiste. En ne faisant pas entendre une voix forte et unie, les scientifiques ont laissé le champ libre aux anti-vaccins, dit-elle. Leur propagande a fait tache d’huile, bien au-delà des frontières du Royaume-Uni.
Le Dr Wakefield, qui pratique maintenant aux États-Unis, saura en avril s’il est radié dans son pays d’origine. Plusieurs parents sont venus l’appuyer lorsqu’il s’est présenté devant le GMC la semaine dernière. C’est le plus désespérant de toute cette histoire. Malgré tout le discrédit jeté sur ces travaux vieux de plus de 10 ans, et bien que de nombreuses autres recherches de grande n’aient trouvé aucun lien entre l’autisme et le vaccin ROR depuis, beaucoup de gens continuent à s’accrocher à cette idée dangereuse. Que faudra-t-il pour les faire décrocher? Trouver les vraies causes de l’autisme?