Le blogue de l'édito

Archive, février 2010

Dimanche 28 février 2010 | Mise en ligne à 18h39 | Commenter Commentaires (12)

La relâche scolaire: bonheur ou calvaire?

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Nathalie Collard

Si vous n’avez pas d’enfants, sachez que c’est la semaine de relâche dans la plupart des écoles québécoises depuis vendredi.

Les pentes de ski, les salles de cinéma et les lieux préférés des enfants (Centre des sciences, Biodôme, Insectarium) seront littéralement pris d’assaut au cours des sept prochains jours.

Pour certains parents, cette parenthèse dans le calendrier scolaire est l’occasion de prendre des vacances en famille, sous le soleil ou dans un centre de villégiature. Ces chanceux qui ont les moyens de s’offrir de vraies vacances accueillent la relâche avec bonheur.

Mais pour les autres, les travailleurs qui sont incapables de s’absenter une semaine au beau milieu de l’hiver, cette “pause” devient un véritable cauchemar, pour ne pas dire un calvaire. Ces parents doivent faire appel à la famille, aux amis ou aux voisins pour pouvoir assurer auprès des enfants durant cinq jours. À moins de les inscrire à un des nombreux camps de jour offerts, à condition d’en avoir les moyens.

Bref, la relâche n’a pas la même signification pour tout le monde. Et pour vous, que représente la relâche scolaire? L’occasion de décrocher et de passer du temps en famille ou un véritable casse-tête organisationnel?

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Dimanche 28 février 2010 | Mise en ligne à 9h08 | Commenter Commentaires (12)

Faut-il tuer Tilly?

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NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration

André Pratte

Si vous aviez de jeunes enfants dans les années 1990, ils ont certainement vu et revu le film Mon ami Willy. Un jeune garçon et une orque mâle exploitée par le propriétaire d’un parc aquatique se lient d’amitié. Avec l’aide de ses parents adoptifs, le garçon réussit à sortir l’orque du parc et à la ramener à la mer. Le film a suscité un immense courant de sympathie pour les orques en général, et pour celles en captivité en particulier.

Dans la vraie vie, comme chacun sait, les choses ne sont pas si simples. Même pour les orques (aussi appelés épaulards). Mercredi, une orque du Seaworld d’Orlando, Tilly, se trouvait dans la partie peu profonde de son réservoir en compagnie d’une entraîneure d’expérience, Dawn Brancheau. Celle-ci venait de le récompenser pour sa performance lors du spectacle lorsqu’il l’a pris ses cheveux en queue de cheval dans sa gueule et l’a entraînée au fond du bassin. Mme Brancheau est morte noyée et de «multiples blessures», selon le rapport d’enquête. L’incident suscite de vifs débats aux États-Unis.

Devrait-on garder en captivité des mammifères d’une telle taille – Tilly pèse quelque 5600 kilos -?

«Nous savons qu’isoler des personnes les rend folles. Comment pouvons-nous nous attendre à autre chose dans le cas d’animaux marins?» demande un océanographe. Le spécialiste du comportement animal chez Seaworld affirme que les entraîneurs surveillent constamment le comportement des orques et que rien n’indiquait, mercredi, que Tilly était stressé.

Tilly est né en mer mais, de plus en plus, les orques qu’on voit dans les parcs aquatiques sont nés en captivité. On ne capture plus d’orques dans les océans depuis 20 ans. Certains souhaiteraient que les orques présentement captives soient libérées, mais même si les propriétaires de parcs aquatiques acceptaient de le faire, le succès de l’opération ne serait pas garanti. L’épaulard qui «jouait le rôle» de Willy, Seiko, est mort en décembre 2003, un peu plus d’un an après avoir été remis à la mer. Il semblait incapable de se nourrir seul. Malade, il a fini par s’échouer.

Devrait-on employer des animaux pour faire des spectacles?

«Si nous nous intéressons vraiment aux animaux, laissons-les tranquilles», dit la présidente d’une organisation militant pour le traitement éthique des animaux. «Nous gardons des animaux en captivité pour éduquer les gens. L’éducation, c’est notre dernière chance de sauver ces animaux», rétorque un directeur de jardin zoologique.

Devrait-on tuer une orque qui s’est attaquée à un humain?

La direction de Seaworld a fait savoir qu’elle n’euthanasierait pas Tilly:  «Il est membre de notre famille. Ces animaux nous permettent d’apprendre beaucoup de choses.»

Un défenseur des droits des animaux, Russ Rector, s’est élevé contre cette décision: «Tilly est un tueur. S’il s’agissait d’un chien, on l’endormirait.» Il faut dire que l’épaulard en question a déjà été impliqué dans au moins un incident du genre, en 1991, alors qu’il était en captivité dans un parc de Victoria, en Colombie-Britannique.

Un enseignement ressort de cette affaire, comme de toute l’expérience de l’Homme avec les animaux. Malgré des siècles d’observation et d’étude, bien des aspects de leur comportement échappent à notre compréhension. Ainsi, pourquoi Tilly a-t-il attaqué son entraîneure au moment où celle-ci le récompensait? Selon un spécialiste de la faune marine interviewé par le New York Times, les épaulards sont trop intelligents pour agir seulement par instinct: «Ce n’était pas un geste de folie, c’était prémédité». Un autre expert exprime une opinion différente: «On parle d’un animal qui peut déchirer en morceaux une baleine bleue! Si Tilly avait agi de manière agressive, le corps de la victime aurait été en bien plus mauvais état.» L’épaulard voulait-il seulement jouer avec Dawn?

Les spectacles mettant en vedette les orques ont repris en fin de semaine au Seaworld d’Orlando. Sans Tilly… pour l’instant.

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Samedi 27 février 2010 | Mise en ligne à 7h18 | Commenter Commentaires (55)

L’intolérance des dieux

Mario Roy

Dans le lancinant débat des accommodements raisonnables (appelons-le ainsi), la nécessité de ne pas laisser la religion envahir l’espace public est un thème qui revient souvent. Bien évidemment, cette nécessité apparaît clairement aux yeux de ceux qui n’ont pas l’esprit religieux, ou des militants de la laïcité, des athées, des agnostiques.

Pakistan-Gojra-Emeute-1aout2009-2Mais cette nécessité devrait aussi être défendue par ceux qui ont la foi. Et même par les fondamentalistes d’une religion ou d’une autre ! Pourquoi ? Parce que ce sont les pays les plus imprégnés de religion, les pays où l’espace public est totalement envahi par les dieux, qui sont les endroits les plus intolérants vis-à-vis la religion -celles des autres, bien entendu.

La constatation est faite par le Pew Research Center qui, dans une étude déposée il y a deux mois, identifie les 64 nations du monde (environ le tiers) où existent de sérieux problèmes d’intolérance religieuse, soit de la part de l’État, soit de la part de la population, ou les deux. Le Pakistan (photo : une scène de persécution des chrétiens à Gojra, août 2009), l’Arabie saoudite et l’Iran, des pays structurellement très religieux (le dernier est une théocratie) arrivent en tête de liste.

Serait-ce que la foi fervente en un dieu spécifique implique que l’on s’en prenne aux autres dieux et à ceux qui les vénèrent ? On le dirait bien. Et cette tentation est-elle présente chez tous les croyants, ne serait-ce que sous une forme bénigne ? L’Histoire ne nous a pas appris de leçons ? Qu’en pensez-vous ?

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