André Pratte
Le gouvernement du Québec dépense aujourd’hui 6 milliards de plus qu’il y a 6 ans dans le réseau de la santé. Est-ce que les choses se sont améliorées? Bien des Québécois répondront que non.
L’Institut Fraser vient de publier son étude annuelle sur les temps d’attente au Canada. Or, cette étude révèle que depuis 2003, l’attente pour un rendez-vous avec un spécialiste, puis l’attente pour un traitement ont diminué au Canada, notamment au Québec. Ainsi, il faut au total 16,5 semaines (attente médiane) entre la visite chez un omnipraticien et le traitement; il s’agit d’une amélioration de 2 semaines en un an, soit de 2008 à 2009. Le Québec est aujourd’hui la province où l’attente pour un traitement est la moins longue, après l’Ontario et le Manitoba.
Au Québec, l’attente entre la rencontre du spécialiste et le traitement n’avait cessé d’augmenter de 1994 à 2003. Depuis cette année-là, elle a baissé graduellement pour atteindre un peu plus de 8 semaines (médiane), contre 10,7 semaines en 2003. Il reste que les médecins interrogés par l’Institut Fraser jugent le délai actuel trop long; à leur avis, une attente médicalement raisonnable tournerait autour de 6 semaines.
On pourrait dire que c’est grâce à tel parti ou à cause de tel autre, mais en réalité, les choses évoluent à peu près de la même façon dans plusieurs provinces, notamment dans l’Ontario voisin, où l’attente est moins longue qu’ici.
Malgré l’amélioration récente, l’Institut Fraser souligne que partout au pays, l’attente pour un traitement est encore plus longue aujourd’hui que lorsqu’il a publié sa première étude, en 1993. Pendant cette période, l’attente médiane a augmenté de 7 semaines. Ce qui fait dire au responsable de l’enquête, Nadeem Esmail: «Il est temps que les Canadiens cessent de payer des sommes exagérées pour un système qui ne fonctionne pas et puissent obtenir un accès en temps opportun aux soins de santé dont ils ont besoin, qu’ils méritent et pour lesquels ils paient déjà. »
Que des changements soient encore nécessaires pour rendre le système plus efficace, j’en suis convaincu. Mais la comparaison faite par l’Institut Fraser entre 1993 et 2009 me semble bancale. Depuis 1993, en effet, le nombre de personnes âgées et la demande de soins ont beaucoup augmenté, tandis que l’on fait face à des pénuries de médecins et d’infirmières. On compare donc des pommes et des oranges.
Lire les commentaires (27) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 






