Photo Ivanoh Demers, La Presse
Nathalie Collard
En lisant mon journal ce matin, j’avoue que j’ai été surprise par la position de Vélo-Québec en ce qui a trait au port du casque à vélo.
L’association des cyclistes vient de quitter la Table de la sécurité routière (un groupe qui conseille le gouvernement) à laquelle elle siège depuis 2005. Raison de ce départ qu’on dit temporaire: mon collègue Denis Lessard révélait la semaine dernière (vendredi 16 octobre) que la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) s’apprête à rendre obligatoire le port du casque chez les enfants (jusqu’à 12 ou 14 ans).
Comment peut-on s’opposer au port du casque?, me suis-je demandée. Surtout chez les enfants qui tombent plus souvent de leur vélo que les adultes. Le casque peut faire la différence entre une mauvaise chute, une commotion cérébrale ou pire encore. Comme disent les Anglais, je croyais que c’était un «no-brainer».
J’ai donc appelé Suzanne Lareau, pdg de Vélo-Québec, pour qu’elle m’explique sa position. En gros, si l’organisme s’oppose à une loi, c’est parce que cela découragerait les jeunes d’utiliser leur vélo. Il semble qu’on a observé une baisse dans les États et les pays où on a imposé le port du casque, me dit Mme Lareau. Or la pratique du vélo est importante pour lutter contre la sédentarité et l’obésité. Vélo-Québec estime donc que c’est aux parents à encourager leurs enfants à porter le casque mais qu’une loi aurait des effets néfastes. On m’assure qu’il y a un paquet d’études pour appuyer cette prise de position.
Donc, si je comprends bien, une loi en faveur du port du casque découragerait la pratique du vélo mais sans loi et avec l’encouragement des parents, il n’y aurait aucun impact sur cette même pratique. Je ne suis pas certaine de suivre le raisonnement de Vélo-Québec. En bout de ligne, veut-on oui ou non que les jeunes cyclistes portent le casque? Moi je dis oui. Je suis en faveur d’un règlement qui va en ce sens (avec une période de transition d’un an, disons, afin que les parents transmettent le message aux enfants). Cette loi devrait cependant être accompagnée d’une super campagne de promotion du vélo (du genre santé publique) afin de prévenir les effets négatifs et la diminution de la pratique du vélo.
Vélo-Québec souligne qu’au lieu de rendre le casque obligatoire, il faut travailler sur l’aménagement des rues, la sécurité des cyclistes et le rapport avec les automobilistes. Bien d’accord avec eux là-dessus. Mais l’un n’exclut pas l’autre. On peut très bien améliorer la sécurité dans la rue ET obliger le port du casque chez les jeunes. Lorsque les rues seront plus sécuritaires, il y aura davantage de parents qui laisseront leur enfant circuler à vélo sans craindre qu’il se fasse happer par une voiture.
J’ai un parti pris favorable pour les cyclistes et je crois qu’il est important de faire la promotion de la sécurité à deux roues. J’estime aussi qu’il faut insister sur l’amélioration des relations automobilistes-cyclistes. Bref, je suis assez pro-vélo. Mais aujourd’hui, je ne suis pas d’accord avec la position de Vélo-Québec.
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