Le blogue de l'édito

Archive du 16 octobre 2009

Vendredi 16 octobre 2009 | Mise en ligne à 13h18 | Commenter Un commentaire

Un amphithéâtre payé à 100% avec les deniers publics ?

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Jean-Pascal Beaupré

Le maire de Québec, Régis Labeaume, voit grand, très grand, on le sait. Un projet n’attend pas l’autre. Cette fois-ci, il réclame rien de moins qu’une injection de 350 millions des gouvernements québécois et fédéral pour la construction d’un nouvel amphithéâtre de 18 000 sièges dans la Vieille Capitale. La Ville investirait les 50 millions qui manquent.

M. Labeaume ne rend pas la réalisation du projet conditionnelle au retour d’une équipe de la LNH à Québec. Il estime que sa ville a absolument besoin d’un nouveau Colisée, moderne et multifonctionnel, capable d’accueillir des événements d’envergure internationale (congrès, spectacles culturels et sportifs).

On peut quand même s’interroger sur la viabilité d’un tel projet si une équipe professionnelle de hockey ne l’occupe pas au moins la moitié de l’année. Cependant, il est clair que sans un nouvel amphithéâtre, Québec n’a aucune chance de récupérer la franchise de la LNH qu’elle a perdue avec le départ des Nordiques en 1995.

Lors de la dernière campagne électorale, le ministre responsable de la région de Québec, Sam Hamad, s’était déjà engagé à une injection de 50 millions du gouvernement Charest.  Mais sera-t-il intéressé à bonifier son offre jusqu’à 175 millions ? La marche est haute. Du côté fédéral, Josée Verner s’est aussi montrée disposée à une aide gouvernementale. On peut parier qu’une subvention fédérale ne nuirait pas à la réélection des députés conservateurs dans la région de Québec.

Selon vous, est-il justifié d’investir 400 millions de fonds publics dans un nouvel amphithéâtre ? Le maire Labeaume a-t-il raison d’invoquer que c’est au tour de la ville de Québec de profiter des deniers gouvernementaux pour moderniser ses installations sportives, sans un sou du privé ?

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Vendredi 16 octobre 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Louise Harel et le ménage dans les arrondissements

harel_m.jpgPhoto Robert Mailloux, La Presse

Nathalie Collard

Louise Harel est venue rencontrer l’équipe éditoriale de La Presse, mercredi dernier. Ma collègue Michèle Ouimet a décrit la rencontre dans sa chronique.

Parmi les nombreux sujets abordés, on a discuté des arrondissements et de leurs pouvoirs.

Mme Harel estime, avec raison, que les arrondissements en ont trop, qu’ils sont devenus des quasi-villes, une situation qui, soit-dit en passant, est unique au Québec.

Quant aux maires de ces arrondissements, toujours selon Mme Harel, ils se comportent comme s’ils dirigeaient une petite ville avec leur personnel politique, leur attaché de presse, etc. Un ménage s’impose.

Dans d’autres villes québécoises, comme Sherbrooke et Québec par exemple, les arrondissements sont dirigés par un président qui a beaucoup moins de pouvoirs qu’un maire. Il ne peut pas, par exemple, lever des surtaxes comme l’ont fait plusieurs maires d’arrondissements montréalais au cours des dernières années.

C’est cette formule de présidence d’arrondissement que Mme Harel souhaite instaurer à Montréal. Et comme elle veut centraliser des responsabilités à l’hôtel de ville (développement économique, urbanisme, déneigement, par exemple), elle laisse entendre qu’une fois cette centralisation effectuée, il y aurait éventuellement trop de conseillers pour gérer de simples services de proximité dans les arrondissements.

Actuellement, on compte 103 élus au conseil municipal de Montréal. C’est énorme! La Ville de Toronto, beaucoup plus grande, en compte 45. Mme Harel aimerait donc que le nombre d’élus montréalais fasse l’objet d’un débat.

La position de Mme Harel s’appuie sur un document de Marcel Côté et Claude Séguin (de la firme Sécor) intitulé 10 chantiers pour Montréal. Selon eux, il faut revoir la gouvernance de la métropole.

Ce qu’il y a d’intéressant dans la démarche de Louise Harel, c’est qu’elle est très pragmatique. Non, il n’est pas question de partir en guerre contre Québec pour modifier la Charte de la Ville ni de s’embarquer dans un débat  sur les structures qui durerait des années. La chef de Vision Montréal agirait rapidement, dans les limites de ses pouvoirs de mairesse (si elle est élue, bien entendu).

Dans un deuxième temps, elle irait discuter avec Québec. C’est une attitude sage.

Le maire Gérald Tremblay répète à qui veut l’entendre que les Montréalais ne sont pas intéressés par un débat de structures. Et s’il se trompait? Peut-être qu’après avoir compris que ces modifications amélioreront les services aux citoyens, les Montréalais accepteront de tenir un tel débat, fort souhaitable pour l’avenir de Montréal.

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