Le blogue de l'édito

Archive du 17 septembre 2009

Jeudi 17 septembre 2009 | Mise en ligne à 17h16 | Commenter Un commentaire

Vaccin : poussez pas, y’en aura pour tout le monde

ah1n1-cdc.jpg

Ariane Krol

Je viens d’écouter ma ixième conférence de presse sur la grippe (A)H1N1. Ce n’est pas un reproche : de la part des autorités de santé publique, mieux vaut trop d’info que pas assez. Mais les amateurs de théories du complot et tous ceux qui souffrent de délire de persécution devraient être obligés de se farcir ça eux aussi. À force d’entendre que la vaccination ne sera pas obligatoire, ils finiraient peut-être par y croire. Si on ne nous le répète pas plusieurs fois par événement, on ne nous l’a jamais dit. Multiplié par une dizaine de journalistes chaque fois, ça fait pas mal d’enregistrements de la même déclaration. On voit mal comment la campagne pourrait virer à l’enrôlement forcé après ça.

 Au contraire, l’opération s’annonce plutôt sans surprise. Non seulement il y aura des vaccins pour tout le monde, mais à en juger par les commentaires qu’on entend, ça ne se bousculera pas au portillon pour en recevoir.

D’habitude, le vaccin contre la grippe saisonnière a une efficacité de 50% à 60%. Le directeur national de santé publique pour le Québec, le Dr Alain Poirier, pense que celui contre le (A)H1N1 pourrait être un peu plus efficace, car le virus n’a pas muté. Cela dit, on n’y échappera pas. D’abord, une saison sans grippe, ça ne s’est jamais vu sous notre charmant climat. Et puis la deuxième vague de (A)H1N1 se manifeste déjà dans l’Ouest.

Alors piqûre ou pas? Tout dépend du point de vue où on se place. Un produit efficace à 50%, ce n’est peut-être pas très impressionnant, mais vu par la lorgnette de la santé publique, c’est autre chose. À l’échelle d’une population, ça veut dire moitié moins de décès. Et moitié moins de gens malades dans nos-hôpitaux-déjà-débordés-en-temps-normal. Si vous risquez davantage d’avoir des complications graves en cas de grippe, si vous avez une maladie chronique par exemple, le calcul peut être différent. Un vaccin efficace à 50%, c’est mieux que pas de vaccin du tout, non?

Enfin, chacun fera bien comme il veut. La vaccination débute à la mi-novembre, peut-être avant si les tests sont terminés plus tôt. Si les bureaucrates ne commettent pas d’autres boulettes comme celle-ci, l’opération a de bonnes chances de tomber sous la rubrique «rien à signaler».

Photo : Un portrait du fameux virus  (A)H1N1, encore assez ressemblant puisqu’il n’a pas muté depuis son apparition au printemps. (Source : Centers for Disease Control)

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Jeudi 17 septembre 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Coûts de système
ou coups du système?

hopital_s.jpg
Photo Le Quotidien

André Pratte

Le chef du bureau de La Presse à l’Assemblée nationale, Denis Lessard, révélait mercredi l’existence d’un régime en vertu duquel les cadres du réseau de la santé bénéficient d’une prime d’un an de salaire s’ils démissionnent  avant l’âge auquel ils ont droit à leur pleine retraite. Cette prime résultera d’ententes négociées par le gouvernement avec les associations représentant les cadres.

On voit mal quelle est la logique sous-tendant ce régime, qui est coûteux et qui encourage les gens à quitter prématurément leur emploi. Cela m’amène  à soulever la question des «coûts de système». Dans les grands réseaux comme ceux de la santé et de l’éducation, les dépenses augmentent chaque année d’un pourcentage substantiel – 5% dans le cas de la Santé – de façon quasi automatique. C’est le résultat des conventions collectives et autres coûts dits incompressibles (équité salariale, régimes de retraite, vieillissement de la population, dépenses de fonctionnement des nouveaux équipements). Pour la Santé,  5% par année, c’est plus d’un milliard. Seuls les montants au-delà de cette somme servent à  une amélioration concrète des services offerts.

Ces coûts sont-ils aussi incompressibles qu’on le dit? Peut-être. Peut-être pas. Et si l’expression «coûts de système» servait à camoufler toutes sortes de dépenses qui, en réalité, devraient être régulièrement remises en question? Cette prime au départ prématuré des cadres, par exemple.

Dans une entreprise, les dépenses incompressibles, ça n’existe pas. Dès que la situation financière devient un peu plus serrée, on revoit tout de fond en comble pour s’assurer qu’il n’y a pas de coûts injustifiés. Si, au gouvernement, on allait voir de plus près ce que sont, vraiment, les coûts de système, on constaterait peut-être qu’une partie de cet argent pourrait être investi là où il profiterait davantage aux patients et aux élèves.

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