Le blogue de l'édito

Archive, septembre 2009

Mercredi 30 septembre 2009 | Mise en ligne à 16h53 | Commenter Aucun commentaire

Chine : 60 chandelles

Mario Roy

Lors de l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, les Chinois ont prouvé leur capacité à produire un événement culturel, un gigantesque spectacle, qui soit inscrit dans leur histoire et leur culture en même temps que se situant à la fine pointe de la modernité. Bref, ce fut d’une stupéfiante beauté -et d’une effarante dimension !

00114320df400bff37612f.jpgAujourd’hui, il est possible que le «show» d’anniversaire prévu soit encore plus énorme. Près de 190 000 figurants, des artistes aux militaires, seront de la partie. Et on promet pour jeudi soir le plus gros feu d’artifice jamais vu !…

Ce dont on veut se rappeler, c’est que, il y a 60 ans, le premier octobre 1949, Mao Zedong fondait officiellement la République populaire de Chine (photo). On sait à peu près ce qui s’est passé par la suite. L’instauration d’un tout-à-l’État dont on peut dire à la fois qu’il était nécessaire et fut meurtrier. L’imposition d’un égalitarisme en principe tâtillon, mais facilement contourné par les élites. L’invention d’une telle chose que des «purges populaires» dont la révolution culturelle fut le plus cruel exemple. La sortie partielle du communisme, enfin, que l’on connaît bien aujourd’hui, jusqu’à nouvel ordre fondée sur un très lent et très partiel progrès en matière de droits et de libertés, accompagné d’un stupéfiant enrichissement -d’une ampleur jamais vue nulle part dans l’Histoire- d’une large couche des masses populaires : on parle de 300 millions d’individus touchés par cette relative prospérité !

Les jeunes Chinois ne connaissent pas très bien l’histoire récente de leur pays (contrairement aux jeunes Québécois, bien sûr, qui savent tout, tout, tout, de leur propre histoire !). Aujourd’hui, ils achètent des t-shirts à l’effigie de Mao, tout comme on achète ici des t-shirts à l’image du Che.

Ils ignorent sans doute que Mao fut, à l’endroit de son propre peuple, le chef d’État le plus assassin de l’Histoire…

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Mercredi 30 septembre 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (6)

Ça brasse à Longueuil !(AJOUT)

goyette_m.jpgst-hilaire-03_m.jpg

Nathalie Collard

Il n’y a pas que la campagne électorale de Montréal qui est digne d’intérêt. Dans le 450 aussi, les enjeux sont intéressants. À Longueuil, l’ex-bloquiste Caroline St-Hilaire tente de déloger le notaire Jacques Goyette, vice-président du comité exécutif, successeur du maire Claude Gladu, dont le parti est au pouvoir depuis… 27 ans !

Comme à Montréal, l’éthique et les transports collectifs sont au coeur des discussions et des débats. (M. Goyette a fait la manchette du journal local, Point Sud, à quelques reprises, entre autres parce qu’on lui reprochait d’avoir omis de déclarer ses intérêts à titre de notaire. Le principal intéressé s’en est défendu et le journal a été obligé de se rétracter).

(À ce sujet, voici ce qu’écrivait le journal Point Sud dans son édition du 15 septembre dernier.

Pas de nouvelles de l’huissier
Par ailleurs POINT SUD n’a pas encore
reçu la visite de l’huissier pour nous
remettre l’action en dommages et intérêts
relativement à notre dossier publié dans
notre édition concernant les relations
d’affaires de Me Goyette avec au moins
huit promoteurs et/ou constructeurs
d’habitations.
Pour ceux et celles qui ne lisent que les
titres des journaux, il faut préciser que
notre récente rétractation sur les déclarations
annuelles de Me Goyette concernant
sa Fiducie immobilière n’avait
aucun rapport avec le dossier des promoteurs
immobiliers.
Les scribes du Parti municipal de
Longueuil auraient donc intérêt à ne pas
donner un sens large à cette rétraction,
d’autant plus que la mise en demeure de
Me Goyette ne demandait aucune correction
sur les faits minutieusement rapportés
dans notre enquête.
La loi de la presse du Québec est très
claire : une mise en demeure doit permettre
aux médias de rétablir les faits s’ils
sont contraires à la vérité. À défaut
d’avoir offert à POINT SUD la possibilité
de rétablir des faits, toute action en
justice de la part du requérant pourrait
être rejetée prima facie.

M. Goyette promet, quant à lui, le prolongement du métro, alors que Mme St-Hilaire parle plutôt d’un métro de surface. Elle aimerait également qu’il y ait davantage de consultations publiques.

Parmi les sujets abordés durant la campagne, il y a aussi l’amélioration des relations avec les villes défusionnées. Saint-Lambert, par exemple, avec qui Longueuil croise souvent le fer.

Bref, voilà une campagne qui mérite l’attention.

Est-ce que les gens de Longueuil sont intéressés? Que pensent-ils des candidats ? Des enjeux ? Je leur pose la question.

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Mardi 29 septembre 2009 | Mise en ligne à 14h06 | Commenter Aucun commentaire

Pour une loi anti-Photoshop?

stone_m.jpg

Nathalie Collard

Faut-il aviser les lecteurs et lectrices de magazines que les photos qu’ils regardent sont électroniquement retouchées?

C’est ce que souhaite une députée française, Valérie Boyer, qui a déposé un projet de loi en ce sens il y a quelques semaines.

Si cette loi était en vigueur, le magazine Paris Match, par exemple, devrait aviser ses lecteurs que la superbe photo de Sharon Stone, 50 ans, à la une de son édition du 6 août dernier, a été retouchée (je sais, quel choc!).

En France, les rédactrices des magazines de mode sont outrées. Franchement, disent-elles, nos lectrices ne sont pas idiotes, elles connaissent les règles du jeu.

Les connaissent-elles vraiment? C’est une bonne question. Bien sûr, lorsqu’on les interroge, les femmes vous disent que tous ces magazines sont des supports publicitaires pour vendre du rêve. Elles s’empressent de dénoncer la dictature de la minceur, de la jeunesse, de la beauté.

Mais lorsqu’elles se retrouvent seules, feuilletant frénétiquement l’édition de septembre de Vogue, il arrive parfois que cet esprit critique leur fasse défaut, et qu’elles se sentent soudain envahies par un sentiment d’incompétence, une légère déprime devant ces beautés inaccessibles, cette perfection sur papier glacé. Faudrait-il les protéger d’elles-mêmes?

Plusieurs études ont tenté d’établir un lien entre les images de mode et l’estime de soi des femmes. Ce n’est pas si simple. Certaines femmes sont vaccinées contre leur impact, d’autres sont plus vulnérables. Est-ce qu’une mention, sous une photo, changerait vraiment quelque chose?Faudrait-il mise plutôt sur l’éducation aux médias et ce, dès l’école primaire?

Des groupes de pression et de soutien auprès de victimes de troubles alimentaires, comme l’ANEB par exemple, estiment que le Québec devrait imiter la France. Le Devoir en parlait dans son édition d’hier.

On attend les résultats des réflexion d’un groupe de travail formé par le ministère de la Condition féminine, à Québec.

Le féminisme a toujours revendiqué une plus grande autonomie pour les femmes. Aujourd’hui, on voudrait les protéger d’elles-mêmes. Un beau débat en perspective, non?

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