Jean-Pascal Beaupré
Metro a annoncé ce matin des profits records de 112 millions, en hausse de 22%. Coïncidence, quelques heures auparavant, une lectrice, Mme Janine Larose, de la Fondation d’aide aux femmes sans abri de Laval, nous a fait parvenir une lettre dans laquelle elle déplore l’augmentation des prix dans les épiceries, associant même leur comportement à celui des pétrolières.
Parce que le panier d’épicerie coûte trop cher, estime Mme Larose, de plus en plus de gens sont contraints de se procurer de la nourriture dans les banques alimentaires. Voici quelques extraits de sa lettre :
«Les grandes chaînes d’alimentation du Québec ont compris le principe utilisé par les pétrolières : augmenter les prix jusqu’à ce que les consommateurs se plaignent. S’ils ne se plaignent pas comme tout bon Québécois, c’est du profit net aux actionnaires.
Pourquoi les prix ne cessent-ils de monter ? La nourriture est pourtant un bien de première nécessité tout comme l’essence. Les chaînes d’alimentation le font parce qu’elles le peuvent, comme les pétrolières. Aucune loi ne le leur interdit alors…. Il n’y a pas de «plafond» sur les prix à la consommation.
Un même item que j’ai payé 1,49 $ pendant des mois a tout à coup bondi à 1,99 $ depuis que le magasin a changé de propriétaire. Je n’ai pas le choix, il est aussi cher ailleurs. Politique d’ajustement de prix ou simple cupidité ? Tous ses autres prix ont bondi aussi. Les chaînes n’ont même plus l’excuse de dire que c’est à cause du prix du transport, l’essence était en bas du dollar la semaine passée. Mais quand l’essence a baissé, aucun magasin n’a réduit ses prix, les transporteurs non plus.
(…) Nul doute que de là vient l’augmentation de la clientèle aux banques alimentaires. Le prix de la nourriture n’est plus accessible. Alors les pauvres doivent se nourrir de nourriture périmée, de fruits trop mûrs et de cannes bossées. Ne vous méprenez pas, ces mêmes chaînes d’alimentation qui font des millions en profits ne font pas de dons aux banques alimentaires. Ce qu’elles donnent, ce sont les invendables, les surplus et les périmés pour lesquels on leur donne des reçus pour dons de charité. Ça paraît bien mais personne ne se doute de la mauvaise qualité de cette nourriture.
Une chaîne d’alimentation n’a pas plus de compassion qu’une multinationale du pétrole. »
Que pensez-vous des commentaires de Mme Larose ?
Aucun commentaire | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 





