Le blogue de l'édito

Archive, août 2009

Lundi 31 août 2009 | Mise en ligne à 18h03 | Commenter Commentaires (80)

10 ans à un chauffard ivre, est-ce assez ?

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Jean-Pascal Beaupré

Précédemment, Raymond Lévesque avait déjà été condamné à sept reprises pour conduite en état d’ébriété. Cela ne l’a pas empêché de se retrouver à nouveau ivre derrière le volant. Malheureusement, il a fallu qu’il fauche la vie d’une jeune femme de 23 ans, Karine Méthot, en 2007, pour que la justice lui impose finalement une longue peine de pénitencier : 10 ans.

Raymond Lévesque ne passera pas 10 ans au cachot pour autant. Il a déjà purgé un peu plus de deux ans derrière les barreaux en attendant son procès; comme la loi le prévoit, son temps passé en prison compte en double. On peut comprendre que cette règle soit désapprouvée par les parents de la victime, Karine Méthot, qui ont vu leur fille agoniser alors que le chauffard prenait la fuite. Le juge a d’ailleurs relevé la «très grande insouciance, l’égoïsme et la lâcheté» de l’accusé.

Le multirécidiviste de 59 ans s’est vu aussi décerner une interdiction de conduire à perpétuité. Lorsqu’il va recouvrer la liberté, respectera-t-il cette ordonnance ? Compte tenu de ses antécédents, comment peut-on croire qu’il ne fera pas d’autres innocentes victimes ?

La Couronne, qui avait suggéré une condamnation de 10 ans, qualifie la sentence d’exemplaire. Bien qu’il s’agisse d’une des plus lourdes peines pour un crime de ce genre, jugez-vous la condamnation suffisante, trop sévère ou trop clémente ?

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Photo Le Soleil-Focus1

André Pratte

À une semaine de la première de son émission Dumont 360, à V, l’ancien politicien Mario Dumont y va de quelques déclarations-chocs dans une entrevue au Journal de Montréal. «Les gens ne veulent pas être dérangés, soutient-il. Le Québec d’aujourd’hui est vraiment difficile à changer. Tout est paralysé. Ce que j’incarnais, c’était le vrai changement. Ils ont voté pour le confort et beaucoup de tranquillité, ce qui est bien géré par le gouvernement actuel.»

«Je pense qu’il y a une certaine inconscience de l’ampleur des problèmes financiers, démographiques et autres. Le confort et l’indifférence sont très ancrés», poursuit l’ex-chef de l’ADQ.

M. Dumont espère que sa nouvelle tribune lui permettra de «secouer» les Québécois.

Je suis plutôt d’accord avec le diagnostic. Comme bien d’autres, je suis inquiet pour l’avenir du Québec parce que nous refusons de prendre les décisions qu’imposent l’état des finances publiques et le vieillissement de la population. Nous préférons jouer à l’autruche.

M. Dumont a bel et bien eu le mérite de soulever un certain nombre de ces problèmes alors que les autres partis n’en parlaient pas. Malheureusement, les adéquistes n’ont pu convaincre les Québécois qu’ils étaient en mesure de gouverner la province et de lui faire prendre le virage essentiel.

Le gouvernement libéral s’y est essayé en 2003, mais il a multiplié les maladresses de telle sorte qu’aujourd’hui, Jean Charest évite tout ce qui pourrait susciter la controverse. Quant au Parti québécois, je vois mal comment il pourrait être porté au pouvoir en promettant aux électeurs quatre années de sacrifices. Bref, ce ne sont pas les politiciens qui dérangeront notre confort. Ça va prendre une crise. Et elle s’en vient.

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Dimanche 30 août 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (58)

Habile Harper

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Photo Presse canadienne

André Pratte

Dans les mois suivant son arrivée au pouvoir en 2006, Stephen Harper s’était acquis la réputation d’un stratège exceptionnel. Puis est survenue la mauvaise campagne de l’automne 2008, suivie du catastrophique Énoncé budgétaire qui a failli mener au remplacement du gouvernement par une coalition des partis d’opposition. Même les militants conservateurs se sont alors mis à douter des talents stratégiques de leur chef.

M. Harper semble ces jours-ci avoir retrouvé sa touche tactique. La nomination de l’ancien instructeur Jacques Demers au Sénat a détourné l’attention de celle, simultanée, d’organisateurs et militants conservateurs. La manoeuvre de diversion a été complétée vendredi matin par la nomination du néo-démocrate Gary Doer au poste d’ambassadeur du Canada à Washington. Comment pourrait-on ensuite accuser le premier ministre de partisanerie éhontée?

Le choix de M. Doer est habile sur plusieurs plans. Personne n’osera dire, maintenant, que le gouvernement Harper ne cherche pas à créer des liens avec l’administration Obama. De plus, il sera difficile pour les néo-démocrates de dénoncer la politique d’Ottawa à l’égard des États-Unis, l’un des «leurs» étant en poste à Washington. Réagissant à cette nomination surprise, le chef du NPD, Jack Layton, n’a d’ailleurs pas ménagé ses éloges:  «Le premier ministre Gary Doer est un homme d’État respecté par toute la scène politique. C’est un homme de principe pragmatique et ouvert d’esprit, et il a été un porte-parole et défendeur des politiques néo-démocrates efficace et très respecté. Sa nomination d’ambassadeur du Canada aux États-Unis aidera le Canada à avoir une bonne relation de travail avec l’Administration Obama.»

Outre l’aspect tactique, la plupart des observateurs estiment que M. Doer est un excellent choix. Premier ministre du Manitoba pendant dix ans (il a démissionné jeudi), il a cultivé ses liens et multiplié ses contacts avec les politiciens américains. Néo-démocrate de très longue date, il est perçu comme un politicien pragmatique avant tout.

Réagissant à cette nomination, le premier ministre du Québec, Jean Charest, s’en est également réjoui: «J’ai eu l’occasion de travailler avec Gary de très près dans plusieurs dossiers bilatéraux avec les États-Unis. Je sais qu’il possède une grande expertise et une grande compréhension de plusieurs enjeux qui nous touchent directement. Sa nomination est une bonne nouvelle pour le Québec».

Le choix de Gary Doer m’a fait penser à celui du libéral John Manley, en 2007, comme président du groupe d’experts sur la mission canadienne en Afghanistan. Les libéraux s’étaient retrouvés coincés, le groupe en question prenant position pour la poursuite de la mission au-delà de l’échéance de 2009. Il devint impossible pour eux de s’opposer à ce prolongement alors qu’un des membres les plus en vue du Parti libéral s’en faisait le promoteur aux côtés du gouvernement Harper.

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