André Pratte
Appelé à commenter les informations selon lesquelles il aurait glissé l’hostie dans son veston lors des funérailles de l’ancien gouverneur général Roméo LeBlanc, le premier ministre Harper avait qualifié cette affaire de «journalisme de bas étage». Ce n’était pas la première fois que le premier ministre s’en prenait aux médias. Mais il semble que cette fois-ci, il avait raison.
Trois semaine plus tard, le journal qui a le premier publié l’information, le Telegraph Journal, du Nouveau-Brunswick, publie ce matin des excuses à M. Harper et à ses lecteurs. Dans ce court texte, la direction du journal rappelle que dans l’article original:
- il était affirmé que le premier ministre avait glissé l’hostie dans sa poche;
- on citait le vicaire général du diocèse de Saint-Jean déclarant que si M. Harper avait fait cela, il s’agissait d’«un scandale». Le porte-parole du diocèse exigeait des explications du bureau du premier ministre.
Or, dit le Telegraph Journal aujourd’hui, «au moment de la publication de l’article, il n’existait pas d’informations crédibles pour appuyer ces affirmations; le Telegraph Journal ne dispose toujours pas de telles informations aujourd’hui.»
La direction du quotidien s’excuse aussi auprès des deux reporters qui avaient signé le texte sur les funérailles de M. LeBlanc. «Ils n’ont pas inclus ces affirmations dans leur texte. Lors du processus d’édition, ces affirmations ont été ajoutées à l’insu de reporters.»
Les médias sont très exigeants à l’égard des personnalités publiques, en particulier des politiciens. Ils ont raison. Toutefois, rares sont les médias qui s’imposent des standards aussi élevés. Le cas présent en est un parfait exemple. Pourquoi le Telegraph Journal a-t-il attendu trois semaines pour faire ses excuses?
Soulignons aussi que le texte de ces excuses laisse plusieurs questions sans réponse, ce que des journalistes n’accepteraient pas de la part d’un élu. Que veut-on dire quand on écrit qu’il n’y avait pas d’informations pour appuyer les affirmations de l’article? Les citations du prêtre ont-elles été inventées? Le prêtre a-t-il été mal cité?
Qui a fait cela à l’insu des reporters? Quels étaient les motifs de la personne en question? Des mesures disciplinaires ont-elles été prises? J’ai posé ces questions par courriel à la direction du Telegraph Journal. J’attends les réponses.
Mise à jour 12h20
Je n’ai pas reçu de réponse du Telegraph Journal. Le Globe and Mail, qui a lui aussi voulu en savoir plus, n’a pas été plus chanceux. Cependant, le Globe révèle aujourd’hui que l’éditeur du Journal, James Irving (de la fameuse famille) a démissionné, tandis que la rédactrice en chef, Shawna Richer, a été démise de ses fonctions.
Aucun commentaire | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 





