Le blogue de l'édito

Archive du 24 juillet 2009

Vendredi 24 juillet 2009 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Aucun commentaire

Via déraille

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Photo Reuters

André Pratte

En l’absence d’une volonté politique forte pour moderniser le transport ferroviaire depassagers, Via Rail fait de son mieux pour séduire les Canadiens avec ses vieux wagons et ses trains qui doivent sans cesse s’arrêter pour laisser passer les convois de marchandises. Sans compter le service internet à bord, aussi peu fiable que les trains eux-mêmes…

Malgré tout, avec un service correct, Via finit par convaincre les Canadiens les plus convaincus (et ceux qui n’ont pas les moyens de prendre l’avion) qu’il vaut la peine de monter à bord pour aller à Québec, Ottawa ou Toronto. Mais tout cela est fragile. C’est pourquoi il faut s’inquiéter de l’impact de la grève que viennent de déclencher les mécaniciens de la société. Si celle-ci devait durer plusieurs jours, une partie de la clientèle gagnée de peine et de misère pourrait se détourner du train.

Cela dit, le train ne sera pas un moyen de transport attrayant tant que le gouvernement fédéral ne décidera pas, enfin, d’investir massivement dans un réseau de trains à grande vitesse. L’Europe l’a fait. Le président Obama vient d’annoncer son intention de le faire. Qu’attend le Canada, un pays auquel le chemin de fer a servi d’ossature? Je ne comprends pas l’hésitation du gouvernement Harper dans ce dossier, encore moins celle de Michael Ignatieff.

Dans son dernier livre, le chef de l’Opposition officielle écrit: «Après 50 ans d’études de faisabilité, il n’y a toujours pas de train à grande vitesse qui relie Windsor et Québec, Vancouver et Calgary, Calgary à Edmonton. Si nous voulons rassembler les Canadiens, si nous voulons construire un pays, il faut  nous mettre au travail.» Pourtant, quand mon collègue Joël-Denis Bellavance a demandé au chef libéral s’il en ferait un engagement électoral, M. Ignatieff a répondu: «J’ai écrit un livre, pas un programme électoral.»

En attendant le TGV canadien, souhaitons que ce conflit de travail prenne fin rapidement.

La grève affecte vos plans de voyage? Êtes-vous un amateur du train?

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Vendredi 24 juillet 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Accès aux soins: plus facile qu’on le dit?

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Photo Ivanoh Demers, La Presse

André Pratte

Au Québec, on entend très souvent les gens se plaindre de la difficulté d’obtenir des soins de santé rapidement, à tout le moins quand il ne s’agit pas d’une urgence mettant la vie en danger. Curieusement, une vaste enquête menée par l’Institut canadien d’information sur la santé, publiée jeudi, indique que la situation n’est pas aussi pénible que ce que laissent croire les anecdotes. On peut lire ici le résumé que fait de cette enquête la journaliste de La Presse spécialisée en santé, Pascale Breton.

Selon ce sondage réalisé auprès de plus de 11 000 Canadiens,  parmi ceux qui ont eu besoin de soins de routine ou de suivi au cours de l’année précédente, seulement 13% (14% au Québec) ont dit avoir eu de la difficulté à obtenir ces soins, généralement parce que l’attente était trop longue. De ces personnes qui avaient besoin de services de santé, 46% les ont obtenus le jour même, 22% les ont eus dans un délai d’entre 2 et 7 jours, et 31% ont dû attendre plus de 8 jours. Parmi les adultes qui avaient besoin de soins urgents pour un problème de santé mineur, 85% les ont reçus en l’espace d’un jour.

L’étude révèle une particularité québécoise, que les chercheurs de l’ICIS ne sont pas en mesure d’expliquer (peut-être avez-vous votre hypothèse?). Selon les provinces, 8 ou 9 Canadiens sur 10 peuvent compter sur un endroit habituel de soins. La plupart des Canadiens (environ 80%) se rendent à la clinique ou au cabinet du médecin. Mais au Québec, seulement 58% des gens se rendent au cabinet du médecin, les autres allant à une clinique sans rendez-vous ou dans un CLSC. Y a-t-il plus de cliniques sans rendez-vous au Québec? Les médecins de famille sont-ils moins accessibles ici?

À la lumière de cette étude, il y a deux conclusions possibles: ou bien l’accès aux soins primaires est plus facile que ce qu’on entend généralement, ou bien, pour une raison pour une autre, cette enquête sous-estime la gravité du problème.

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