André Pratte
Une couple amoureux célèbre l’anniversaire de la femme de 33 ans. Ils entrent sous la verrière de l’hôtel Residence Marriott, rue Peel, au centre-ville de Montréal. Le serveur les conduit à leur table. L’emplacement ne leur plaît pas, ils demandent de plutôt s’asseoir là, dans le coin. Soirée romantique en perspective.
Soudain, un panneau de béton se détache de l’édifice et tombe sur la dame, 18 étages plus bas. Elle meurt sur le coup. Son conjoint est épargné, physiquement s’entend, sauf pour des blessures à une main.
C’est absurde. Comme la mort de gens sous un viaduc qui s’écroule. Pourquoi eux? Pourquoi à cette heure-là?
Rue Peel, le bloc de béton aurait pu tomber en pleine nuit. Il aurait pu tomber au beau milieu de la place, sans toucher personne. Pourquoi elle? Pourquoi ont-ils insisté pour s’installer à cette table plutôt qu’à cette autre?
Un terrible hasard sans doute. Mais certains diront qu’il s’agit d’une fatalité. Le destin. Que notre vie est programmée à l’avance et que nous n’y pouvons rien. Qu’en pensez-vous?
Pour mémoire, je cite la définition que Le Petit Robert donne du mot «destin»:
Puissance qui, selon certaines croyances, fixerait de façon irrévocable le cours des événements.
Le mot peut aussi avoir un tout autre sens:
Le cours de l’existence considéré comme pouvant être modifié par celui qui la vit.
Hasard ou destin, il est d’une cruauté dont le sens m’échappe. Imaginez cet homme qui, non seulement a perdu son amoureuse, mais gardera en mémoire toute sa vie l’image la plus terrible qu’on puisse imaginer.
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