Le blogue de l'édito

Archive du 17 juillet 2009

Vendredi 17 juillet 2009 | Mise en ligne à 12h23 | Commenter Aucun commentaire

Croyez-vous au destin?

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Photo Presse canadienne

André Pratte

Une couple amoureux célèbre l’anniversaire de la femme de 33 ans. Ils entrent sous la verrière de l’hôtel Residence Marriott, rue Peel, au centre-ville de Montréal. Le serveur les conduit à leur table. L’emplacement ne leur plaît pas, ils demandent de plutôt s’asseoir là, dans le coin. Soirée romantique en perspective.

Soudain, un panneau de béton se détache de l’édifice et tombe sur la dame, 18 étages plus bas. Elle meurt sur le coup. Son conjoint est épargné, physiquement s’entend, sauf pour des blessures à une main.

C’est absurde. Comme la mort de gens sous un viaduc qui s’écroule. Pourquoi eux? Pourquoi à cette heure-là?

Rue Peel, le bloc de béton aurait pu tomber en pleine nuit. Il aurait pu tomber au beau milieu de la place, sans toucher personne. Pourquoi elle? Pourquoi ont-ils insisté pour s’installer à cette table plutôt qu’à cette autre?

Un terrible hasard sans doute. Mais certains diront qu’il s’agit d’une fatalité. Le destin. Que notre vie est programmée à l’avance et que nous n’y pouvons rien. Qu’en pensez-vous?

Pour mémoire, je cite la définition que Le Petit Robert donne du mot «destin»:

Puissance qui, selon certaines croyances, fixerait de façon irrévocable le cours des événements.

Le mot peut aussi avoir un tout autre sens:

Le cours de l’existence considéré comme pouvant être modifié par celui qui la vit.

Hasard ou destin, il est d’une cruauté dont le sens m’échappe. Imaginez cet homme qui, non seulement a perdu son amoureuse, mais gardera en mémoire toute sa vie l’image la plus terrible qu’on puisse imaginer.

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Vendredi 17 juillet 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Entrouvrir la porte à l’euthanasie?

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Photo André Tremblay, La Presse

André Pratte

Peu de sujets sont plus délicats que l’euthanasie, c’est-à-dire le fait de hâter la mort d’une personne agonisante pour la libérer de ses souffrances. Au Canada comme dans la plupart des pays du monde, l’euthanasie est un crime, même si elle est pratiquée par un médecin conformément à la volonté clairement exprimée du patient.

Selon un article publié jeudi dans le Globe and Mail, le Collège des médecins du Québec envisage de recommander la décriminalisation de l’euthanasie dans des circonstances bien précises. Le comité sur l’éthique du Collège serait arrivé à cette position après trois ans de réflexion. Le rapport du comité n’a toutefois pas été rendu public. Le Collège doit publier un document à ce sujet en novembre prochain.

Tout ce qu’on en sait à l’heure actuelle vient d’une entrevue accordée au quotidien torontois par le secrétaire du Collège, le docteur Yves Robert.  «Éviter le débat contribue à maintenir l’hypocrisie générale à ce sujet, affirme le docteur Robert. Il est stupide de prétendre que ça n’arrive pas parce que c’est illégal. Il faut cesser de se mettre la tête dans le sable.»

Selon le Globe, le Collège proposerait que pour soulager une douleur intolérable, il soit légal d’augmenter la dose d’analgésique au point où cela constitue une euthanasie. Cet acte serait toutefois strictement encadré par le Code criminel. Ainsi, l’acte médical devrait être conforme à la volonté exprimée par le patient; des règles claires devraient permettre d’éviter les abus; et le médecin devrait être partie prenante à la décision plutôt que seulement se plier à la volonté du malade et de ses proches.

C’est une question déchirante. Mercredi dans La Presse, la docteur Michelle Dallaire vantait les mérites de la «sédation palliative», une approche permettant «d’endormir le malade sans effectivement remettre en cause les buts des soins palliatifs». En principe, on ne hâte ni ne provoque la mort, mais on met un terme aux souffrances. Si une telle approche est toujours efficace, pourquoi franchir une étape de plus et entrouvrir la porte à des abus?

Si on s’oppose à la peine de mort par crainte d’erreurs irréparables, ne doit-on pas pour la même raison s’opposer à l’euthanasie?

Par contre, pourquoi devrait-on refuser la mort à un être humain condamné qui souffre le martyr, s’il n’y a pas d’autre moyen de soulager ses douleurs?

Le débat n’est pas nouveau. Il n’est pas clos non plus. Tant mieux si le Collège des médecins le relance de manière intelligente et nuancée.

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