André Pratte
Si vous ou l’un de vos proches a séjourné à l’hôpital, vous savez combien la nourriture servie aux patients est peu ragoûtante. Il y a beau y avoir des diététistes s’assurant que le malade
ne mange pas trop salé ou trop sucré, la viande ne goûte rien, la sauce brune et la purée de pommes de terre sont faites à partir de poudre, le Jell-O revient plus souvent qu’à son tour au dessert. Et en plus, tout arrive tiède. La bouffe d’hôpital, c’est encore moins bon que la bouffe d’avion, ce qui de nos jours n’est pas peu dire!
À mes yeux, cela a toujours été incompréhensible. Non seulement une nourriture saine – des légumes et des fruits frais, en particulier – est bonne pour la santé physique, des plats attrayants et variés contribuent à rehausser le moral. Autant de choses cruciales dans un hôpital, il me semble. Pourtant, bien peu de gestionnaires du réseau semblent l’avoir compris. Est-ce seulement une question de coût? Ou est-ce qu’on s’en fiche, tout simplement?
Mes collègues Stéphanie Bérubé et Martin Croteau faisaient état samedi de la publication, par le ministère de la Santé, d’un nouveau cadre de référence pour l’alimentation en milieu hospitalier. Ce document, que vous pouvez trouver ici, «tend à revaloriser l’acte de manger dans sa globalité, chargé de sens et non exclusivement par sa fonction nourricière», résume le ministère dans le charabia bureaucratique habituel. Traduction de Stéphanie et Martin: «La qualité de ce qui se trouve sur le plateau est évidemment ciblée, mais on veut aussi améliorer l’ambiance du repas d’hôpital pour qu’il rappelle au patient un climat familial, plus rassurant. Est-ce la fin de la pomme de terre en purée?
«En théorie, oui, puisqu’on recommande d’utiliser plus de produits frais et locaux et d’éliminer les aliments transformés, plus gras et plus salés. Le réconfortant Jell-O, figure emblématique des plateaux d’hôpitaux, est aussi menacé, à moins qu’il ne soit fait avec des jus et des fruits frais afin de répondre aux nouvelles normes provinciales. C’est tout un changement que recommande Québec.»
Bravo! Reste à savoir comment cela va se traduire dans les cuisines et cafétérias des centres hospitaliers. Comme le gouvernement ne leur promet pas de sous supplémentaires pour mettre en oeuvre cette nouvelle politique alimentaire, il n’est pas certain qu’on serve bientôt des fraises fraîches à la place du Jell-O.
Quelle est votre expérience de la bouffe d’hôpital? Y a-t-il des hôpitaux où l’on mange mieux? Faites-nous part de vos expériences.
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