André Pratte
Le sommet du G8 a discuté d’enjeux cruciaux comme la crise économique, les changements climatiques et l’aide à l’Afrique. Mais ce n’est pas ce qui a retenu le plus l’attention des médias canadiens – et, soyons francs, des Canadiens eux-mêmes.
Il y a eu d’abord l’affaire de l’hostie. M. Harper l’a-t-il avalée ou glissée dans sa poche?
Puis, aujourd’hui, le premier ministre a dû s’excuser pour les propos qu’il a tenus au sujet de son rival libéral, Michael Ignatieff, au cours de la conférence de presse finale du sommet, devant les journalistes du monde entier. Voici les faits.
Hier, l’attaché de presse de M. Harper a reçu un courriel l’informant d’une déclaration de M. Ignatieff. Le chef libéral aurait dit que s’il ne prenait pas l’initiative, le Canada serait exclu de l’organisation internationale élargie qui pourrait succéder au G8.
Sautant là-dessus comme une hyène sur un zèbre mort, M. Harper a tiré à boulets bleus sur le chef de l’Opposition, qualifiant ses propos d’«irresponsables»: «M. Ignatieff est supposé être un Canadien. Quand on est un parlementaire important, on ne lance pas des idées comme celle-là, qui va à l’encontre de l’intérêt national.»
Quelques minutes après le point de presse, M. Soudas a informé les journalistes qu’il s’était trompé, que la déclaration prêtée à M. Ignatieff venait en fait d’un universitaire. D’où les excuses de M. Harper.
Le premier ministre est en partie victime de l’erreur de son attaché de presse. Mais il est aussi victime de son propre caractère. Souvenons-nous de son empressement, lors de la dernière campagne électorale, à attaquer Stéphane Dion après que celui-ci eut trébuché durant une entrevue en anglais.
Ici encore, il n’a pas pris le temps de réfléchir une seconde et a lancé une charge d’une violence démesurée. Même si M. Ignatieff avait vraiment fat cette déclaration (l’ancien premier ministre Paul Martin a dit exactement la même chose il y a quelques mois lors d’un discours à Montréal), le premier ministre aurait dû réagir avec beaucoup plus de prudence et de modération. D’autant que sa manie de tirer avant et de penser ensuite lui a déjà nui dans le passé.
Mais la partisanerie aveugle fait partie des gènes du chef conservateur. Les remords, non. S’il s’est si rapidement excusé, c’est qu’il sait qu’il a commis une grosse bourde.
En fin de semaine, le premier ministre rencontre le pape Benoît XVI. Celui-ci devrait peut-être dire un mot au premier ministre au sujet de la charité chrétienne.
Aucun commentaire | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 






