Le blogue de l'édito

Archive du 6 juillet 2009

Lundi 6 juillet 2009 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Aucun commentaire

Une “autre” mondialisation…

Mario Roy

Après tout ce qu’on a vu depuis quelques années en termes de manifestes et de manifestants manifestant dans des manifestations, il se pourrait bien que la mondialisation s’arrête bel et bien. Ou du moins ralentisse. Ou qu’elle devienne “autre”, comme dans : “altermondialisation”. Cela ne sera pas le produit d’une plus haute et noble conscience planétaire (inspirée par les manifestes et les manifestants etc…). Mais bien d’un facteur bête comme le capitalisme : la hausse du prix de l’énergie.

Récemment, ma collègue Ariane Krol a attiré l’attention en colonne éditoriale rubin_jeff_lg.jpgsur un essai : Why Your World Is About To Get A Whole Lot Smaller (il n’est pas disponible en français, mais on traduit tout de même : Pourquoi votre monde sera bientôt beaucoup plus petit ). C’est l’oeuvre de ce qui semble bien être un petit génie de l’économie, Jeff Rubin, qui vit à Toronto, a été économiste à la CIBC et est devenu auteur de best-seller (son essai est un hit partout en Amérique).

Si vous voulez faire vite, vous pouvez voir et entendre Rubin ici en conférence. Huit minutes et vous saurez (à peu près et grosso modo) ce qui se trouve dans son bouquin.

Sinon, il faut lire le livre, évidemment. 285 pages. Bien écrit. Parfois un peu comique. Bourré de chiffres, bien sûr, mais ce n’est pas assommant.

Je résume. Comme Ariane l’a bien  expliqué, Rubin soutient que la hausse (considérable) du prix du pétrole est inévitable. Les conséquences seront nombreuses, mais la plus lourde sera sans doute que le prix élevé du transport annulera bientôt l’avantage lié aux bas salaires dont profitent des pays comme la Chine, l’Inde, le Vietnam, etc. De sorte que l’Amérique et l’Europe de l’Ouest se remettront à fabriquer des choses . Des biens matériels qu’on ne fabriquait plus depuis longtemps. On verra renaître ici des usines… et des fermes, puisque le même phénomène touchera les denrées alimentaires.

C’est bien joli. D’autres conséquences le seront moins. Tout coûtera plus cher -y compris l’alimentation. Nous voyagerons moins. Nous aurons moins de disponibilités financières.

Si ce régime ne plaît pas, verrons-nous un jour de violentes manifestations… pro-mondialisation ?

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Lundi 6 juillet 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Où va le prix de l’essence?

(Mis à jour 14h30 A.M.)

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Photo Martin Chamberland, La Presse

André Pratte

Le prix du litre d’essence a grimpé ces jours derniers à plus de 1$. Cette hausse n’est pas facile à comprendre: quand l’économie mondiale tourne au ralenti, le prix du pétrole devrait baisser en raison de la faiblesse de la demande. Qu’est-ce qui se passe? On peut croire que l’apparente reprise en Chine contribue à une hausse de la demande. Mais surtout, que les spéculateurs, estimant la reprise mondiale prochaine, se sont remis à acheter de l’or noir.

Le pouvoir des spéculateurs a été illustré de manière spectaculaire la semaine dernière lorsqu’un courtier d’une firme londonienne a fait bondir à lui seul le prix du brut de 2$, à la suite de transactions «non autorisées». Ces transactions concernaient des volumes de pétrole considérables, 9 millions de barils, l’équivalent de la production quotidienne de l’Arabie saoudite. Une enquête est en cours. Les motivations du courtier en question sont inconnues (voir ici un texte intéressant du Financial Times). Mais, selon certains observateurs, cet incident montre à quel point le marché du pétrole est vulnérable aux caprices des spéculateurs.

Depuis cette affaire, le prix du baril de pétrole est retombé de 73$ à 65$ (avec encore peu d’effet sur le prix de l’essence ici…). Les spécialistes ne s’entendent pas sur ce qui va se passer au cours des prochains mois. Dans une note publiée vendredi, l’économiste en chef de la Financière Banque nationale, Stéfane Marion, prédit que le prix du pétrole va rester autour de 60$ le baril au cours des prochains mois. M. Marion souligne que le pétrole se transige depuis quelques semaines aux prix de 2007, alors que l’économie tournait à plein régime. La tendance à la hausse observée avant la baisse des derniers jours était donc «inhabituelle».

M. Marion fait remarquer que selon les dernières prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale de pétrole ne devrait pas revenir au niveau atteint l’an dernier avant l’année 2013. Toutefois, l’Agence parle aussi des «énormes incertitudes» qui pèsent sur ces prévisions.

Accalmie possible, donc, sur le front des prix de l’essence. Bonne nouvelle pour le consommateur. Mais pour l’environnement? Pour les manufacturiers d’automobile, qui font des pieds et des mains, poussés par les gouvernements, pour trouver la formule magique de la voiture électrique? Qu’arrive-t-il à GM et Chrysler si, l’essence ne coûtant pas cher, les consommateurs boudent les nouveaux véhicules que Washington leur a ordonné de produire?

Il est trop pour parler d’un «changement structurel» relatif à la consommation de pétrole, estime l’AIE. Je suis pour ma part sceptique à cet égard: pas facile de se sevrer d’une drogue. Qu’en pensez-vous?

Mise à jour 11h A.M.

Le prix du brut poursuit sa chute; il se situe maintenant à 64,13$ US. Est-ce que le prix de l’essence baisse dans votre quartier?

Mise à jour 14h30 A.M.

La manchette du New York Times d’aujourd’hui fait état des craintes des gouvernements et des économistes de voir la montée des prix du pétrole faire trébucher la reprise économique. L’OPEP aurait pour objectif de maintenir le prix du baril à 75$.

Le quotidien américain cite des économistes de la Deutsche Bank qui, à l’instar de Stéfane Marion (voir plus haut), constatent que «les prix du brut semblent ne plus réagir aux éléments fondamentaux telles la faiblesse de la demande, l’importance de l’offre et l’existence de stocks élevés.»

Bref, tout le monde se gratte la tête et se demande ce qui va arriver.

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