Le blogue de l'édito

Archive du 2 juillet 2009

Jeudi 2 juillet 2009 | Mise en ligne à 13h47 | Commenter Aucun commentaire

C’est quand même un infanticide

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 Ariane Krol

 

Se réveiller dans la peau de Louise Desnoyers doit être une sensation atroce. Douze ans de prison à purger dans une prison américaine. Un ex-mari et un fils de 18 ans qui ne veulent plus lui parler. Le souvenir de cet autre fils, Nicholas, qu’elle a noyé de ses propres mains il y a trois ans. Pourtant, je salue la sévérité du juge.

 

Mme Desnoyers était dépressive et sous le choc de la rupture que venait de lui annoncer son mari. Mais pas au point d’être en état de dissociation, a conclu le magistrat qui a entendu sa cause au Vermont. Et sur ce point, il cite un argument assez convaincant.

 

Je ne doute pas une seconde de la douleur et de la détresse de cette femme. Mais avec tous les témoignages d’appui qui ont afflué en sa faveur, on est passé très près d’oublier l’essentiel. La victime, ce n’est pas elle. C’est son fils Nicholas, huit ans, mort à cause d’elle. Il avait le droit de vivre.

 

Le juge a envoyé un message essentiel: la souffrance n’excuse pas qu’on attente à la vie de son enfant. Si ce message-là  pouvait retenir ne serait-ce qu’un seul parent dans un moment de désespoir, ce serait déjà beaucoup.

 

Photo: Louise Desnoyers, escortée par des policiers du Vermont (AP).

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 2 juillet 2009 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Vive la reine!

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Photo Associated Press

André Pratte

Je reviens sur ce sondage Globe&Mail-CTV-Strategic Counsel. Dans la vision simpliste que beaucoup de Québécois ont du Canada, il y a ce mythe: les Canadiens anglais sont des monarchistes désespérément entichés de la vieille Elizabeth, tandis que les Québécois, grands démocrates, ne demandent pas mieux que de se débarrasser de ce symbole dépassé.

Il y a du vrai là-dedans comme dans toute caricature. Toutefois il y aussi beaucoup d’exagération. Le sondage a demandé aux Canadiens s’ils étaient plus attachés à la reine ou au Gouverneur général. Réponse: 70% des Canadiens ne sont attachés à aucun de ces deux personnages. Au Québec, cette indifférence est partagée par 89% des gens, ce qui n’étonnera personne. Dans le reste du pays, 64% ne sont attachés ni à la reine ni au Gouverneur général, ce qui est plus surprenant.

(En passant, au sujet de Michaëlle Jean, on peut lire cette chronique très élogieuse de Jeffrey Simpson, du Globe and Mail: «What a brilliant governor-general Michaëlle Jean has become after nearly four years in office.»)

Est-ce que ça veut dire que les Canadiens anglophones sont prêts à abandonner la monarchie? Une majorité, oui. Alors que 86% des Québécois croient que le pays devrait couper ses liens avec la monarchie après le décès d’Elizabeth II, 59% des Canadiens des autres provinces sont du même avis.

Il reste toutefois une minorité importante (41%) qui veut voir l’héritier au trône devenir Roi du Canada. Cette minorité est trop imposante pour qu’un gouvernement ose l’affronter en proposant de se défaire de la monarchie. Il faudra donc s’y faire, nous continuerons d’être les sujets de la reine ou du roi d’Angleterre pour encore quelques décennies. Pour ma part, ça me laisse indifférent. L’influence d’Elizabeth II sur nos affaires étant nulle, elle n’est qu’un symbole. Si ça fait plaisir à certains, pourquoi en faire un drame?

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