C’est fini, on ne peut plus parler de grippe porcine. Il faut dire «virus influenza H1N1», viennent de décréter les fonctionnaires de l’Agence de la santé publique du Canada. Au moment où j’écris ces lignes, par contre, ils n’ont pas modifié leurs pages internet.
C’est l’OMS qui a ouvert le bal ce matin en collant un petit avertissement sur son site : désormais ils parleront de l’influenza A(H1N1) – je vous ai mis le lien en anglais parce que le site en français n’est pas à jour.
Les éleveurs de porcs vont être contents, eux qui craignaient tellement que leurs ventes soient affectées. Pour le reste de la population, par contre, ça va devenir passablement lourd. Le H5N1, on avait fini par s’y habituer, mais on pouvait aussi dire grippe aviaire de temps en temps pour alléger. Là, on ne pourra même plus mettre un groin ou une queue en tire-bouchon dans les caricatures.
La désignation de cette grippe a donné lieu à d’intenses débats. Les autorités thaïlandaises ont parlé de «grippe mexicaine», et un sous-ministre israélien a suggéré de faire de même pour éviter à ses concitoyens juifs d’avoir à se mettre le mot «porc» en bouche. L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de son côté, a proposé l’appellation «grippe nord-américaine», dans la foulée de la grippe espagnole. Le hic, c’est que l’origine géographique de la grande contagion de 1918 demeure inconnue à ce jour. Il faut croire qu’à l’époque, on ne s’encombrait pas de rectitude pandémique.
Alors, qu’est-ce qu’on fait avec ce foutu virus? Pour l’instant, j’hésite entre «grippe bureaucratique» et «mal du 21e siècle», mais vous avez sûrement mieux à me suggérer…
Caricature de Serge Chapleau, publiée dans La Presse à une époque où on pouvait encore parler de grippe porcine… c’est-à-dire mercredi de cette semaine.
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