Nathalie Collard
L’échangeur Turcot, le CHUM, le projet immobilier de Radio-Canada, la rue Notre-Dame, la Cité du Havre, Griffintown…. Si
tous ces projets se réalisent, le visage de Montréal sera profondément transformé. Et si tous ces projets étaient bien pensés, bien planifiés et surtout, bien coordonnées entre les différents ministères et ordres de gouvernement, ils pourraient aider Montréal à entrer de plain-pied dans le 21e siècle. (Pour voir tous les grands chantiers qui attendent Montréal au cours des 15 prochaines années, c’est ici.)
Nous ne sommes pas la seule ville au monde à réfléchir aux façons de nous développer de manière harmonieuse, en intégrant le transport collectif, à l’intérieur d’un cadre urbanistique qui respecte la notion de développement durable. Partout à travers le monde, les villes se livrent au même exercice de réflexion.
À Paris, c’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui a interpellé les architectes en leur demandant de repenser le Grand Paris. Résultat: 10 grandes idées qui seront débattues sous tous les angles au cours des prochains mois.
La même réflexion a lieu chez nos voisins du sud. Le gouvernement américain vient de lancer un groupe de travail dont l’objectif est justement de développer des quartiers qui répondent aux critères du 21e siècle: logements abordables, transports collectifs, développement durable.
Les Américains ont du pain sur la planche: certaines de leurs villes sont complètement en déroute (qu’on pense à Détroit), d’autres sont des catastrophes sur le plan urbanistique (Los Angeles par exemple).
À ce sujet, il faut lire l‘excellent papier du journaliste spécialisé en architecture du New York Times, Nicolai Ouroussoff, dans l’édition de dimanche. Le temps est venu de réinventer la ville américaine, dit-il. Et il a bien raison.
Toutes ces réflexions nous font réaliser à quel point nos dirigeants (et les fonctionnaires qui planifient les grands projets au Québec) accusent un sérieux retard lorsque vient le temps d’intégrer les nouvelles idées en urbanisme. Comme si les débats qui ont cours depuis des décennies ne les avaient pas touchés. Résultat: on s’apprête à ériger un échangeur Turcot digne des années 1950. Et on veut doubler les espaces de stationnement du CHUM de 1000 à 2000 places alors que le centre hospitalier sera situé en plein coeur du centre-ville, entre deux stations de métro. N’est-ce pas complètement décourageant?
Enfin pour ceux que ça intéresse, l’émission The nature of things a présenté un documentaire fort intéressant cet hiver consacré aux villes canadiennes. Animée par le chroniqueur urbain du Toronto Star, Christopher Hume, la série pose la question suivante: Qu’est-ce qui cloche avec les villes canadiennes?
La série n’est pas disponible sur le site de la CBC (pourquoi, je me le demande?) mais les commentaires à l’intérieur des différents forums de discussion alimenteront sans doute votre réflexion. La mienne aussi.
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