Le blogue de l'édito

Archive du 29 mai 2008

Jeudi 29 mai 2008 | Mise en ligne à 17h24 | Commenter Aucun commentaire

Pour une Cour suprême bilingue

André Pratte

En présentant son rapport annuel ce matin, le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a livré un vibrant plaidoyer en faveur du bilinguisme comme critère de sélection des fraser_s.jpgjuges de la Cour suprême:

«Remplacer l’honorable Juge Bastarache à la Cour suprême du Canada par un autre juge bilingue, est un parfait exemple du leadership nécessaire. Le Canada est le bénéficiaire non seulement de deux langues officielles, mais d’un système bijuridique. C’est pourquoi les lois du Parlement ne sont pas traduites mais bien écrites dans les deux langues officielles. Les deux versions ont égale force de loi.

«Il est donc essentiel que les juges de la plus haute cour du pays soient bilingues afin d’être en mesure de comprendre les deux versions des lois, mais aussi afin de comprendre les avocats et les citoyens dans la langue officielle de leur choix, et ce, sans l’aide d’un interprète. La Cour suprême du Canada doit non seulement être formée de juges ayant des compétences juridiques exceptionnelles, mais elle doit aussi être le reflet de nos valeurs et de notre identité canadienne en tant que pays bijuridique et bilingue. Le gouvernement devrait reconnaître cette réalité.»

Cette question fait l’objet d’un vif débat dans les milieux politique et juridique. Cette semaine, le Globe and Mail a publié une opinion du libéral Gordon Gibson, de Colombie-Britannique, et un éditorial, tous deux s’opposant à l’idée de bilinguisme obligatoire pour les membres du plus haut tribunal du pays. Je leur ai répondu ce matin, dans les pages du Globe (il faut être abonné pour avoir accès à ces textes). Voici un extrait de ma réplique, qui va dans le même sens que les arguments de Graham Fraser:

«Opponents to the bilingualism measure argue that knowledge of French is not necessary to understanding Quebeckers’ concerns or civil law. That is not the issue. The issue is that in an officially bilingual country, lawyers should be able to address the top court in the language of their choice.

«”The court is not known for an ability in aboriginal languages, yet it has made several groundbreaking rulings in support of aboriginal rights,” noted the Globe editorial. Again, that misses the point. French is not an “aboriginal language.” Nor is it like Chinese or Italian or Punjabi, which are spoken by hundreds of thousands of Canadians, but do not enjoy any kind of official status. French is one of Canada’s two official languages. To be able to use it when addressing the federal government’s institutions and services, where numbers warrant, is a fundamental right guaranteed by the Charter of Rights and Freedoms. Is there any question that at the national, Supreme Court level, numbers warrant?”


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Jeudi 29 mai 2008 | Mise en ligne à 11h37 | Commenter Aucun commentaire

Chapleau sur le web

lduceppe-gen.jpg

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Jeudi 29 mai 2008 | Mise en ligne à 7h28 | Commenter Aucun commentaire

Quel avenir pour le Bloc?

290653-08_s.jpg

Pierre-Paul Gagné

Dans un texte que nous publions ce matin dans nos pages Forum, l’écrivain Victor-Lévy Beaulieu, un indépendantiste de longue date, s’en prend au chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

petain9_s1.jpgEffectuant une violente charge verbale, M. Beaulieu va jusqu’à comparer ce dernier au maréchal Pétain qui, sous l’occupation des Allemands en France, durant la Deuxième Guerre mondiale, dirigea le gouvernement de Vichy, accusé de collaborer avec l’ennemi.

C’est la même accusation que reprepend VLB quand il lance :

« Gilles Duceppe ressemble de plus en plus au maréchal Pétain, heureux comme un poisson dans l’eau de se montrer plus canadian que les Canadians, contribuant ainsi à l’établissement d’un Canada en apparence uni et fonctionnant plutôt bien. »

Au delà de la gravité de l’accusation, Victor-Lévy Beaulieu relance indirectemenet un autre débat, celui de la pertinence du Bloc québécois à Ottawa et de son304908-04_s.jpg avenir.

À ce sujet, il précise : « Il est vrai que (les bloquistes) ne parlent plus d’indépendance depuis belle lurette, et qu’ils se contentent de défendre prétendument les intérêts du Québec à Ottawa.»

Et vous, qu’en pensez-vous? VLB exagère-t-il? Toujours pertinent le Bloc à Ottawa? Ce parti a-t-il encore un avenir alors que, si on se fie aux derniers sondages, dont le CROP que nous publions ce matin, il ne récolte plus la faveur que de trois électeurs sur dix?

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