Pierre-Paul Gagné
La pétition de l’éditeur Michel Brûlé réclamant de la direction du club de hockey Canadien qu’un plus grand nombre de pièces musicales en français soient exécutées lors des matchs a vite fait de soulever les passions. Voici deux exemples de courriels enflammés reçus ces dernières heures :
« Ainsi donc, le grand éditeur Michel Brûlé aimerait que 65 % des chansons diffusées au centre Bell lors des matchs du Canadien soient en français. Une autre idée saugrenue de cet éditeur qui, pourtant, publie de (mauvais) romans américains traduits maladroitement. Sans compter qu’il ne se cache pas pour dire que l’idée de vendre ses mauvais livres dans les pays anglophones, plus particulièrement aux États-Unis, le rendrait heureux. Encore une hypocrisie de ce mégalomane en mal de publicité. À quand une pétition contre les opinions de cet énergumène ? Je suis certaine que je pourrais aisément récolter 200 signatures en moins de… deux minutes! » (Marianne Belley, Montréal)
Et :
« Au centre Bell, on ne fait jouer que de la musique anglophone. La majorité des joueurs ne parlent pas français, la direction s’en fout car les partisans francophones, eux, continuent d’acheter des billets à gros prix. Les slogans ne sont qu’en anglais : « GO HABS GO », et « HOU HA HABS ON THE WAR PATH ». De la part de la direction, j’appelle cela du mépris; et de la part des fans qui ne s’aperçoivent de rien, j’appelle cela de l’assimilitation. Le temps des caves et des peureux est arrivé. » (André Beauchamp)
Au cours des dernières heures, certains en étaient rendus à se demander s’il ne faudrait pas légiférer pour obliger le Canadien à faire jouer davantage de « tounes » en français entre un but de Kovalev et un autre de Koivu. Une idée que s’est empressée de rejeter la ministre Christine St-Pierre.
Mais tant qu’à faire, pourquoi ne pas obliger Eric Clapton ou Simple Plan à jouer 65% de leurs pièces en français lors de leur passage prochain au Centre Bell?