
Vous ne convaincrez pas Raimund Stabauer de porter un casque à vélo. En Europe, une importante fédération cycliste s'oppose au port du casque.
Vous savez comment le port du casque à vélo a un statut quasi-religieux en Amérique du Nord.
En Europe, une importante association cycliste a développé tout un argumentaire anti-casque.
La Fédération cycliste européenne (FCE) soutient que la promotion du casque cause plus de tort que de bien à l’image du vélo. «Elle donne l’impression que rouler en bicyclette est bien plus dangereux qu’il n’y paraît. À la longue, on craint que cela ne mène des cyclistes à délaisser le vélo et c’est ce qu’on veut éviter», dit Raimund Stabauer de la FCE, une fédération regroupant une cinquantaine d’associations cyclistes européennes.
La propagande en faveur du casque a pour effet de mettre le blâme sur les cyclistes en cas d’accident. Cette réaction fait bien l’affaire des compagnies d’assurance et des gouvernements qui peuvent ainsi décliner toute responsabilité. «La vérité, c’est que le port du casque n’augmente en rien la sécurité des cyclistes. En tout cas, pas autant que des limitations de vitesse et des infrastructures adaptées au vélo», dit M. Stabauer.
La protection qu’offre réellement le casque à vélo est aussi surestimée par ses partisans. «Pour offrir une réelle protection aux cyclistes contre les blessures à la tête, reprend M. Stabauer, il faudrait les obliger à porter un casque avec protection faciale.» Des casques de motocyclistes, en somme.
La FCE oppose sa propre batterie d’études à celles brandies par les partisans du casque à vélo. Dans les faits, démontrent-elles, les automobilistes et les piétons subissent davantage de blessures à la tête que les cyclistes. «Pourquoi alors ne leur impose-t-on pas le port du casque?» demande M. Stabauer.
Même dans le cas des enfants, la position de la FCE demeure très nuancée. «Les enfants ne roulent pas à des vitesses dangereuses et on pense que le libre-choix doit être laissé aux parents. Si quelqu’un se sent plus en sécurité avec un casque, et bien, qu’il le porte. Mais on ne doit pas oublier que les bienfaits du vélo compensent largement les risques qui y sont reliés. Et ça demeure vrai, port du casque ou non.»











