Le blogue de Catherine Doré

Le blogue de Catherine Doré - Auteur
  • Catherine Doré

    Catherine Doré est journaliste et blogueuse pour Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche depuis 2008.
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    Mercredi 13 juin 2012 | Mise en ligne à 16h26 | Commenter Commentaires (11)

    La crise

    Vous êtes-vous inquiété de mon silence des derniers temps ? Vous n’auriez pas dû. J’ai simplement décidé de partir sur un coup de tête…en Grèce.

    Oui, la Grèce, pays qui traverse la plus grande crise économique de son histoire moderne. J’avoue que j’avais plusieurs appréhensions avant de partir. À écouter tout ce qui se dit sur ce pays, je m’imaginais trouver des escrocs à tous les coins de rue, des commerces en faillite et des hôtels en ruines. Je m’attendais à ce que les gens se pressent dans les rues le soir de peur d’être attaqués, bref, je croyais presque trouver un pays étouffé par la violence.

    Rien de cela.

    Bien sûr, la capitale, Athènes, est marquée par les graffitis qui défigurent pratiquement chaque immeuble de la ville. Bien sûr, dans les quartiers plus pauvres, on voit de nombreux sans-abri. Bien sûr, la sécurité a été augmentée, si bien que des groupes de policiers se trouvent au coin de chaque intersection importante. Et bien sûr, certains petits commerces ont été emportés par la tempête.

    Mais j’ai surtout été marquée par l’extrême gentillesse des Grecs. Des gens toujours prêts à aider des touristes qui peinent à se retrouver avec les noms de rues. Que ce soit les commerçants, les policiers ou les simples badauds dans la rue, ils font des pieds et des mains pour s’assurer qu’on comprenne vraiment leurs explications. J’ai même vu des gens venir directement en aide à des touristes qui semblaient perdus, avant même que ceux-ci ne réclament de l’aide.

    Un autre exemple ? Comme les banques du pays sont en déroute, beaucoup de commerçants et de restaurateurs refusent les cartes de crédit, question d’avoir le moins possible de liens avec elles. Un soir que j’étais au restaurant, à Santorini, et que je n’avais que 10euros sur moi, la serveuse m’a proposé de commander ce que je voulais et de revenir payer le lendemain. Pas de stress !

    En discutant avec les locaux, on réalise que ce n’est pas tant la crise qui leur fait mal que la couverture médiatique qu’ils ont reçue. Ils sont presque tous unanimes : si on ne disait pas autant de négatif sur leur pays, peut-être que cela irait moins mal…

    Montréal

    J’ai donc questionné les gens sur ce qu’ils pensaient du conflit étudiant du Québec. Car tous les Européens et les Américains que j’ai croisés connaissaient le dossier. Disons que ce qu’ils ont vu dans les médias était loin d’être très glorieux. Assez pour qu’un me demande on en était rendu à combien de morts…Ouf !

    Il est donc facile de comprendre pourquoi certains touristes refusent de venir à Montréal. De la même manière que plusieurs refusent de se rendre en Grèce.

    Est-ce que je suis en train de vous dire qu’il ne faut pas toujours se fier aux médias? Ouf, ce serait ironique…


    • Et il y a des Montréalais qui évitent leur centre-ville comme la peste.
      L’édifice que j’habite appartient à une famille de Grecs: ils ont un peu honte – et sont un peu outrés – quand ils reviennent de Grèce (voyage presque annuel) de constater combien ils ont dû travailler fort ici pour vivre adéquatement tandis que ça a longtemps été le party en Grèce (ça vient de la bouche d’un Grec).

    • Le conflit étudiant de Montréal a fait plusieurs morts: des morts de peur comme Christine Saint-Pierre, des morts de rire comme Jean Charest, des morts de honte comme pusieurs d’entre nous qui regrettons d’avoir voté Libéral aux dernières. Et si j’étais un touriste, je viendrais pour voir c’est quoi une révolution civilisée à défaut d’être tranquille.

    • Inquiet de votre silence? Non, pas vraiment. En fait je n’avais rien remarqué…

    • Vous êtes-vous inquiété de mon silence des derniers temps

      Pas vraiment,vous nous semblez tenir ce blogue un peu en dilettante.

      on réalise que ce n’est pas tant la crise qui leur fait mal que la couverture médiatique qu’ils ont reçue. Ils sont presque tous unanimes : si on ne disait pas autant de négatif sur leur pays, peut-être que cela irait moins mal.

      Ici vous avez tout vrai

    • Évidemment quand tout un gourvernement s’évertu à crier sur la place public que les carrés rouges sont dangereux, violents etc, faut pas se surprendre que les touristes étrangers restent chez eux!

    • “Est-ce que je suis en train de vous dire qu’il ne faut pas toujours se fier aux médias?”
      Non, vous nous dites que les médias c’est comme des petits cadeau en forme de cheval…de Troie.

      Tomas Agusto Mileño

    • Les Grecs ont fait pendant longtemps leur sport national, avoué, de ne pas payer leurs impôts alors on ne va pas mettre encore le tort sur les vilains médias!

    • Bravo pour cet article. Vivement l’information contre les peurs malinformés.
      Par example, je dois dire que quand je pense a la Grece, il me vient souvent a l’esprit les problemes economique de l’Allemagne avant la deuxieme guerre mondiale.

      Je ne dis pas que c’est la que la Grece va, mais plutot que avec la probablement multiplications d’etats en de telle situations pourrait facilement finir par un d’eux devenant la nouvelle “Allemagne Nazi”. Qui sait, ca pourrait meme se faire ici…

    • Ca donne une toute autre perspective sur la situation conflictuelle et je ne suis pas surpris de vos constatations. Ce qu`on entend au sujet de la greve sont des spéculations de financiers qui ne trouvent plus rien à encaisser. Même si comme ici les banquiers et entreprises tentent par tous les moyens de revenir à ce qu`ils jugeraient d`équitable ,pour monsieur et madame tout le monde la vie continue et ils doivent cravacher comme avant pour se payer leur petit bonheur.

      Ca doit quand même surprendre de voir leur perception de notre conflit québecois et c`est là qu`on voit le pouvoir et l`angle éditorial des médias hein ?

      Reste qu`eux les chanceux auront le privilege de se rendre aux urnes ce week-end au moins. Ici on a pas ce luxe dans une démocratie maintenant illusoire .

    • Les médias “fabriquent” l’opinion publique en choisissant de ne montrer que les mêmes images. À répétition. Il n’y a que les gens sur place et ceux qui décident de bien choisir leurs ‘informateurs” qui savent ce qui se passe.

      On a fait de même avant d’envahir l’Irak. On a fait de même avant d’envahir l’Afghanistan. On a fait de même durant les années de dictature militaire en Amérique latine.

      Un peuple ignorant fait le bonheur des gouvernements peu ou pas démocratiques.

    • Bonjour Catherine,

      je m’étais dit que je ne reviendrais pas écrire sous vos articles parce que le dernier commentaire, vous l’avez fait paraître des semaines après que je l’aie édité. Maintenant que je connais la raison, j’ai changé d’idée comme vous pouvez le constatez. Mais puis-je vous demander gentiment à la prochaine escapade de nous le faire savoir ? :)

      Ceci étant dit, j’apprécie énormément votre article d’aujourd’hui qui montre la réalité beaucoup plus jolie que ce que nous livrent les médias. Je trouve cela tellement encourageant. Pourquoi donc personne avant vous n’est venu clarifier cette situation ? En tout cas, merci encore de dire cette vérité qui pour ma part qui me fait réfléchir sur toutes les autres nouvelles qu’on croit parce qu’elles se répètent à travers tous les médias.

      M-D Turcotte

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