Le blogue de Catherine Doré

Le blogue de Catherine Doré - Auteur
  • Catherine Doré

    Catherine Doré est journaliste et blogueuse pour Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche depuis 2008.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 17 avril 2012 | Mise en ligne à 21h21 | Commenter Commentaires (5)

    Le râteau

    jardin

    La dernière fois qu’on s’est parlés, j’étais jalouse des enfants qui auront droit à un bateau pirate grandeur nature.

    Il faut que je me fasse à l’évidence, je vieillis. Pour moi, il y a un signe suprême qui ne ment pas. Ce n’est pas de voir les autres faire des projets de vie, comme avoir un enfant ou se marier. Non, ça, on se dit que ce sont eux qui sont trop vite en affaires.

    Le vrai signe qu’on a vieilli, c’est quand on achète son premier râteau. Pas un rose pour jouer dans le sable à la plage, mais un vrai râteau à terrain. Vert drabe avec un manche en bois. Vous savez lequel je parle; tout le monde a le même, tout le monde s’écorche l’intérieur des mains avec ce truc depuis 1920.

    Bref, acheter un râteau, c’est l’étape qui vient tout juste avant la tondeuse. Pis encore: cela signifie qu’il faut maintenant s’adonner à la tâche que je redoute le plus, les maudites plates-bandes.

    Je ne suis pas adepte de jardinage. L’idée d’enfoncer mes mains, même gantées, dans un amas de terres et de bestioles pour…pourquoi au juste? Planter des trucs qui vont fleurir deux jours dans notre magnifique été saguenéen? Ben ça ne m’emballe pas. Je préfère classer mes boîtes de céréales par leur teneur en fibre, ça me fera au moins ça de pris!

    C’est la norme!

    J’aimerais retourner dans le temps et trouver celui ou celle qui a décidé qu’avoir une plate-bande garnie était une norme sociale importante. J’aurais deux ou trois mots à lui dire. Parce que quand j’en parle autour de moi, on ne semble pas comprendre mon aversion pour les parterres fleuris.

    Même que je ne joue pas à armes égales sur ce terrain là, un de mes collègues remportant année après année le concours du plus bel aménagement pour sa maison. Le genre de truc qui demande un travail colossal et une préparation longtemps d’avance. Pour passionnés seulement.

    Pour les autres, on semble considérer qu’il s’agit d’une tâche banale, un peu comme mettre les poubelles au chemin. Je dirais même que lorsque j’en parle à mes proches, ils sont plus excités que moi à l’idée de transformer le devant de ma maison.

    J’aimerais être capable de m’extasier devant un paquet de bulbes au magasin, payer des dizaines de dollars pour avoir le loisir d’arroser un morceau de terre tous les matins aux aurores pendant trois mois, sans savoir si mes efforts vont porter fruit – ou fleur.

    J’essaie, vraiment, mais non. Rien.

    Je vais quand même devoir m’y coller. Choisir les fleurs, retourner la terre, désherber, planter.

    Tout ça parce que j’ai acheté un damné râteau…


    • ..@CD:«Je vais quand même devoir m’y coller.(….) Tout ça parce que j’ai acheté un damné râteau…»
      +++++++

      Come on! Si vous n’en avez pas envie, ne le faites pas. Les plates bandes, ça n’est pas comme la “/$%?&* de neige sur une toiture. Si vous n’en plantez pas, vous ne risquez rien, sauf peut-être des questions impertinentes ou des regards torves. Mais, comme je le dis souvent:«Ben oui. Pis?»

      Allez! Faites-vous plaisir.

    • Je ne voudrais pas vous contredire Mme Doré, mais on s’apperçoit qu’on vieillit pas lorsqu’on achète notre première tondeuse (il y a 15 ans dans mon cas), mais bien lorsque on se réveille tout courbaturé de l’avoir passée la veille.

      Remarquez, être vieux c’est toujour relatif. Vous êtes vieille par rapport aux étudiants qui peinent toujours à payer un loyer alors que vous, vous avez votre maison… et les “joies” qui viennent avec.

      Conseil de “vieux” : La tondeuse c’est fin août début septembre qu’elle est au meilleur prix, si non c’est mi-mars ! Si si.

      Benoît Duhamel.

    • @ CD
      On fait des plate-bandes
      1) parce qu’on est un peu orgueilleux et qu’on veut montrer qu’on fais un effort pour embellir le quartier ou
      2) On a que ça à faire depuis qu’on est à la retraite. (les plus belles sont dans cette catégorie)

      Dans votre cas c’est 1) alors vous n’avez pas pris un coup de vieux et, si ça vous agace, dites-vous “phoque les voisins” et rangez votre râteau.

      D’ailleurs on peut en dire long en regardant les aménagements paysager.
      Il y a deux sortes de gens: ceux qui mettent beaucoup d’effort sur le terrain en facade de la maison et ceux qui le mettent dans la cour arrière. Les premiers sont souvent superficiels et se regardent trop dans le miroir tandis que les seconds sont plutôt intellos et vont au resto avec deux chausettes de couleurs différente.

    • On peut prendre un râteau à tout âge, je vous le garantis.

    • Je suis désolée mais j’ai un énorme parti pris. Je suis horticultrice, c’est mon métier, ma passion. Et depuis un très jeune âge. Et j’ai toujours dit que le jour où je n’y retrouverais plus de plaisir, je changerais de métiers et regazonnerais mes plates-bandes. Ce n’est pas près d’arriver…

      Nous étions une grosse famille au milieu des années 70. Mon père était un bon jardinier amateur. Pour pouvoir passer plus de temps avec lui seule à seul, j’allais jardiner avec. Mon père m’a appris beaucoup sur le jardinage, sur la patience, sur l’art de faire un travail et d’être satisfait. Oui, nous avions les plus belles plates-bandes de notre quartier. Oui, les mariés venaient prendre des photos chez nous les samedis. Oui mon père était fier, très fier. Surtout parce qu’il pouvait voir la finalité de ses projets assez rapidement. Il y a des gens qui collectionent les timbres, d’autres qui possèdent une quantité astronomique de livres, d’autres ont de belles voiture, mon père, lui c’était ses plates-bandes. Et il le faisait pour lui et pour personne d’autre.

      Mon chum et moi avons acheté notre maison lorsque j’étais à la fin de la vingtaine. Presque 20 ans et 2 enfants plus tard, elle est aussi entourée de plates-bandes et de plantes rares comme l’était celle de mes parents. Pas pour les autres, pour moi. Comme mon père m’avait si bien appris. J’ai essayé de transmettre ma passion à mon plus vieux. Il n’en a pas voulu, il avait d’autres passions. À mon plus jeune? Oui madame! On en a travaillé ensemble dans les plates-bandes, épluché les catalogues et sites internet pendant l’hiver! Mon plus jeune fils a maintenant 12 ans. Joueur de football et de hockey, il peut en plus compter sur sa passion des fleurs et du travail bien fait. D’un autre style que le mien mais agréable quand même.

      Les passionés font les plates-bandes pour eux et non pour les autres et ils se foutent au carré que leurs voisins aient de belles plates-bandes ou non. Si vous n’aimez pas jardiner, ne le faites pas ou payez quelqu’un pour le faire. Mais peut-être que ce sera une passion tardive, peut-être qu’il reste un peu d’espoir? ;-)

      @pensery
      Des fois les plates-bandes donnent l’impression d’être plus belles à l’avant qu’à l’arrière à cause de l’ensoleillement, que les plantes sont souvent plus éclatantes au soleil qu’à la mo-ombre.. Ce n’est pas une question d’être superficiel…

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    août 2009
    L Ma Me J V S D
    « juil   sept »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité