
Le Quotidien, Jeannot Lévesque
Quelle tristesse!
La Fromagerie Boivin a été la proie des flammes hier. Les dommages s’élèvent à plusieurs millions de dollars et il faudra attendre un certain temps avant de pouvoir manger de nouveau le fromage qui fait «squick squick».
Pour les gens de l’extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, vous trouvez peut-être cette nouvelle banale. Une fromagerie a brûlé, so what?
On le sait, des incendies éclatent assez régulièrement sans qu’on en parle autant. Hier soir, lorsque je suis allée faire quelques achats de dernière minute, c’était LE sujet principal dans les files d’attente.
Pour comprendre à quel point les Saguenéens tiennent à leur fromagerie, il faut s’y rendre un dimanche après-midi ensoleillé. Le stationnement est alors plein à craquer, tout comme la «boutique» où des gens attendent de longues minutes pour mettre la main sur du fromage encore chaud, pour ensuite continuer leur chemin pour le manger en contemplant la baie des Ha! Ha!.
Quand j’étais jeune, c’était une tradition, une sorte de rituel pour toute la petite famille. En vieillissant, c’est devenu une façon de tuer le temps entre amies.
Hier, alors que l’incendie était toujours actif, il était impossible de mettre la main sur le moindre morceau de fromage…J’ai alors questionné un des employés, qui m’a confirmé que plusieurs s’étaient rendus sur place expressément pour acheter les derniers blocs de fromage ou les pots de fromage à tartiner.
Les propriétaires ont promis qu’ils reconstruiraient une usine encore plus belle. Il ne reste plus qu’à attendre…