Une nouvelle phobie est en train de naître aux États-Unis et elle se propagera vraisemblablement au reste de la planète à la vitesse d’un jet : la peur du vol 191. Le virus a commencé à se propager le 27 mars dernier. Ce jour-là, un pilote de la compagnie JetBlue âgé de 49 ans, Clayton Osbon, a commencé à tenir des propos incohérents, alors qu’il était aux commandes du vol 191 reliant New York à Las Vegas.
Invoquant l’Irak, Al-Qaïda, la menace terroriste, etc… le commandant Osbon a notamment recommandé aux passagers de faire leurs prières, une injonction qui, convenons-en, est autrement perturbante que l’habituelle exhortation à boucler les ceintures de sécurité en cas de turbulences.
Ici, c’était le commandant qui menaçait de créer des turbulences. Profitant du fait qu’il partait aux toilettes, le copilote s’est enfermé dans le cockpit et a demandé aux passagers de le maîtriser. L’avion a rapidement atterrit à Amarillo, au Texas, où le FBI a pris le pilote perturbé en charge.
Si tout s’est bien terminé dans le cas du vol de JetBlue, ce n’est pas le cas d’autres vols portant le même numéro 191. Depuis une semaine, plusieurs journalistes américains et de nombreux blogueurs relèvent d’inquiétantes occurrences concernant ce code numérique à trois chiffres.
Cela a commencé avec un vol expérimental d’un prototype supersonique de la Nasa : le X-15. En novembre 1967, le vol Nasa 191 s’est subitement mis en vrille après avoir atteint la vitesse de Match 3 à 81 000 mètres d’altitude. Il s’est écrasé dans un désert, en Californie.
Cinq ans plus tard, le vol Prinair 191 crashait en atterrissant à l’aéroport de Ponce, à Porto Rico, faisant cinq morts sur les 20 passagers et membres d’équipages. Prinair est une petite compagnie de Porto Rico qui exploitait de petits avions turbopropulsés. Elle a cessé ses opérations au début des années 2000.
Le 25 mai 1979, c’était au tour du vol American Airlines 191 de s’écraser juste après avoir décollé de l’aéroport O’Hare, à Chicago. L’appareil, un gros-porteur DC10, transportait 258 passagers et 13 membres d’équipage. Aucun n’a survécu. Il s’agissait alors de la pire tragédie aérienne survenue aux États-Unis. Un «titre» qu’elle a gardé jusqu’au 11 septembre 2001 (encore cette coexistence des chiffres «9» et «1»!).
Le 2 août 1985, un autre gros porteur,un Lockheed 1011 de la compagnie Delta Airlines, s’écrasait alors qu’il était en approche finale de l’aéroport de Dallas, au Texas. Bilan : 134 morts (sans compter deux blessés graves qui sont décédés quelques semaines plus tard) sur un total de 163 passagers et membres d’équipages. Il portait le numéro de vol Delta 191.
Plus récemment – le 27 août 2006 – c’était au tour d’un appareil de la filiale de Delta, le transporteur régional Comair, de s’écraser près de Lexington, au Kentucky. Le vol Comair 191 (assuré par un Regional Jet de Bombardier) transportait 52 personnes. Une seule a survécu : le copilote.
Le dernier incident à signaler pour un vol affublé du code numérique 191 est celui survenu à l’appareil de JetBlue dont le commandant de bord a perdu la boule. Cette fois, les passagers en ont été quitte pour la peur.
Troublantes occurrences, quand même!
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