Le courrier du voyageur

Le courrier du voyageur - Auteur
  • André Désiront, collaboration spéciale

    Depuis 1984, André Désiront couvre l'actualité reliée au domaine du voyage pour un magazine spécialisé.
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    Dimanche 30 septembre 2012 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (2)

    La Polynésie française au-delà de Bora Bora et Moorea

    Q : Nous planifions un voyage en Polynésie française pour célébrer nos 30 ans de mariage. Nous voulons voir Moorea et Bora Bora, mais nous aimerions également visiter d’autres îles et en apprendre davantage sur la culture polynésienne. Bref, nous voulons à la fois combiner, plage, visites et culture. Nous comptons partir deux semaines, peut-être trois. Quelle est la meilleure période de l’année et quel budget devrions-nous prévoir ? Quelles sont les agences montréalaises spécialisées dans ces destinations ?
    Jeanine et Jean-François Gagné

    R : Plusieurs grossistes québécois (qui font revendre leurs produits par toutes les agences) ont développé une spécialité sur cette partie du Pacifique Sud. Je mentionnerai, notamment Tours Chanteclerc, Boomerang Tours, Tous Hai, Voyages Cassis et Vacances Air Canada. Du côté des agences, Uniktour et Passion Nomade (une division de Club Voyages Repentigny) programment également plusieurs forfaits pour la Polynésie française.

    Quant à la meilleure période de l’année, ce sont les six mois de mai à octobre. Pendant l’été austral (qui correspond à notre hiver), les précipitations sont plus abondantes et il peut pleuvoir plusieurs jours d’affilée.

    Maintenant, il faut s’entendre sur le terme de «Polynésie française». Cette région du Pacifique Sud regroupe plus d’une demi-douzaine d’archipels éparpillés sur une superficie aussi grande que l’Europe. Les trois plus connus sont les îles de la Société (avec notamment Tahiti, Moorea et Bora Bora), les Marquises et les Tuamotu.

    Les forfaits les plus populaires se cantonnent aux îles de la Société et incluent généralement un court séjour à Tahiti, suivi de deux séjours plus longs à Moorea et Bora Bora. Dans l’île de Tahiti, on visite la bruyante capitale de la Polynésie française, Papeete, qui ne correspond pas aux images idylliques qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on évoque les îles paradisiaques du Pacifique Sud. Néanmoins, la ville vaut qu’on lui consacre au moins une journée pour la jolie promenade du front de mer (où il faut prendre un verre à la terrasse des 3 Brasseurs), le marché, la cathédrale et une incursion au temple protestant Paofai pendant un des offices très animés et très colorés.

    Par contre, il faut consacrer deux jours à visiter l’île et la presqu’île de Tairapu qui la prolonge. La route en corniche qui fait le tour de l’île ménage des fenêtres sur de beaux paysages et passe par quelques endroits intéressants comme le musée Paul Gauguin et, surtout, le musée de Tahiti et des îles, incontournable pour tout qui s’intéresse à l’histoire et la culture de la Polynésie.

    Quant à la presqu’île, jusqu’ici épargnée par le développement touristique, on ne peut pas en faire le tour, car les deux tronçons de route qui longent le littoral débouchent sur des culs-de-sacs. Mais ils traversent des hameaux où les habitants vivent encore «à la tahitienne» et longent des plages quasi-désertes. Tant du côté nord que du côté sud, des sentiers de randonnées prolongent la route en longeant la côte. Un troisième tronçon de route conduit à un belvédère situé au pied du mont Teatara, un des deux sommets du centre de la presqu’île.

    Les séjours à Moorea et Bora Bora, qui sont présentés comme des incontournables d’un voyage en Polynésie, dispensent des «expériences touristiques» très similaires. L’image qui nous vient à l’esprit, lorsqu’on pense à ces îles est celle d’un séjour dans un bungalow sur pilotis, dans un lagon, avec pour toile de fond un paysage de montagnes et d’eaux turquoises. Mais il ne faut réaliser que rien ne ressemble davantage à un séjour dans un bungalow sur pilotis… qu’un autre séjour dans un bungalow sur pilotis… Sans comptez que cette forme d’hébergement coûte très cher. Ce sont les hôtels de luxe qui la proposent à Bora Bora et Moorea et cela à des coûts variant de 500$ à plus de 1000$ la nuit, repas non compris.

    Puisque vous semblez animés par un désir de découverte, je suggère un tel séjour dans une des deux îles et, à cet égard, je recommande Bora Bora où, si vous en avez les moyens, il faut loger sur un des motu, ces îlots coralliens qui encerclent le lagon. La découverte du lagon, dans le cadre d’une excursion en pirogue, et le tour de l’île en voiture (ou en excursion dans un 4X4) sont les deux seules activités pouvant ponctuer le séjour. À moins que vous ne soyez des plongeurs, puisqu’à cet égard, tous les lagons de Polynésie sont intéressants et que les centres de plongées sont omniprésents sur les îles.

    Cela ne devrait pas vous empêcher de prévoir quelques jours à Moorea, pour découvrir le lagon (une autre excursion en pirogue ou encore en kayak) et faire le tour en voiture ou en scooter, ce qui prend une journée, en prévoyant les détours dans les vallées de Paopao et d’Opunohu (pour les sites archéologiques). Là, vous pourriez peut-être varier en logeant dans un «fare» (les bungalows traditionnels) d’un des petits hôtels de la pointe Hauru. On y loue des kayaks, ce qui vous permettrait d’explorer une partie du lagon en vous baladant autour des motu Tiahura et Fareone.

    Pour compléter un programme de deux semaines, je suggère une incursion à Huahine, île située à mi-chemin entre Moorea et Bora Bora et moins touchée par le développement touristique que ses deux voisines. En faisant le tour de l’île, vous découvrirez des villages où, comme dans la presqu’île de Tahiti, les habitants ont conservé un mode de vie qui ressemble davantage à celui de leurs ancêtres, de très beaux paysages et quelques sites archéologiques (le marae Anini et Maeva) intéressants. Ici aussi, le tour du lagon en bateau constitue un incontournable.

    Si vous disposez de trois semaines, vous pourrez visiter d’autres îles de l’archipel présentent, notamment Raiatea (où le marae Taputapuatea est le plus grand site archéologique de l’archipel et le plus «sacré») ou sa voisine Tahaa (et là, loger dans un des hôtels de charme installés sur un motu). Mais vous risqueriez de trouver l’expérience redondante, après avoir vu Tahiti, Moorea, Bora Bora et Huahine.

    Je suggère plutôt une incursion dans l’archipel des Tuamotu, situé à un peu plus de 300 kms au nord de Tahiti. La, contrairement aux îles de la Société, dont le centre est montagneux, les atolls présentent un relief plat, mais les lagons recèlent autant, sinon plus de raisons d’émerveillement. Vous pourriez combiner un séjour à Rangiroa, l’atoll principal (pour l’excursion au Lagon bleu, la traversée guidée de la passe de Tiputa en snorkeling, et l’exploration du lagon), et un autre à Tikehau (pour séjourner sur un motu et explorer le lagon).

    Toutes ces îles sont bien desservies par avion, par Air Tahiti (www.airtahiti.pf) qui propose un éventail de passes permettant de circuler entre plusieurs îles. À titre d’exemple, la «Passe Bora Bora», qui permet de circuler entre Tahiti et les cinq principales îles de la Société coûte 392 euros en haute saison (notre été). Un autre passe permet une extension aux Tuamotu pour 529 euros. Sinon, des cargos embarquant des passagers assurent la navette d’île en île. Cette formule est plus économique, mais elle occasionne des pertes de temps.

    En ce qui concerne le budget, les voyagistes et agences québécois proposent des combinés «trois îles» à des tarifs variant de 4000$ à 5200$ par personne pour 10 jours sur place, vol avec Air Tahiti Nui inclus depuis Los Angeles. À cela, il faut ajouter le coût du vol vers Los Angeles (entre 400$ et 800$, selon qu’on trouve ou nom des propositions à tarifs d’aubaine) et, naturellement, les journées de séjour supplémentaires.

    Il y a moyen de s’en tirer à moindre coût en séjournant dans des petits hôtels ou des pensions de famille (voir le site www.tahiti-pensions.com, qui répertorie et documente toutes les pensions des six archipels polynésiens). Mais la Polynésie est une des destinations les plus onéreuses de la planète, parce que les coûts d’acheminement des vivres et matériaux sont élevés et que les taxes imposées par le gouvernement sont parfois exorbitantes. N’espérez donc pas vous en tirer à moins de 5000$ pour deux semaines et 6500$ pour trois semaines et, cela, en renonçant aux prestations de luxe.


    • Loin, très loin, cher, tres cher, beau, tres beau…c’est tout!

    • J’ai eu la chance de visiter la polynésie Française et les îles d’Hawaiï (qui sont relativement de la même famille) et je préfère, de loin, Hawaii. Oh bien sûr, l’image carte de postale du lagon de Bora-Bora est impressionnante mais je pense qu’une fois vue, on peut passer à autre chose rapidement.

      Entre le sous-développement Français (lire: pauvreté et isolement) et le développement américain (lire: un Costco sur l’ile de Kona), je préfère encore ce dernier.
      Bref, je pense que la Polynésie française c’est une destination overrated et c’est certain que le rapport qualité-prix est, au mieux, douteux. Sauf si vous passez par là via un navire de croisière. Tandis qu’Hawaii, déjà de beaucoup supérieur aux destinations cubaines/république dominicaines que nous connaissons bien, permet de voir autant de choses merveilleuses que la Polynésie (je pense aux volcans, plages de sables noir/vert, etc.. et micro-climats entre autres), si ce n’est plus, pour moins cher, moins loin et avec plus de choses à faire en fin de compte.

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