Le courrier du voyageur

Archive du 11 juillet 2012

Mercredi 11 juillet 2012 | Mise en ligne à 11h04 | Commenter Commentaires (4)

Avec ou sans pornographie?

Les hôtels devraient-ils donner accès aux chaînes de télévision pornographiques dans leurs chambres? La semaine dernière, deux éminents universitaires américains adressaient une «Lettre à l’industrie hôtelière», demandant aux dirigeants de bannir la pornographie dans leurs établissements. Au même moment, deux hôtels réputés de Seattle lançaient des forfaits «Fifty Shades» inspiré du best-seller sadomasochiste Fifty shades of Grey, qui fait actuellement fureur dans les pays anglo-saxons.

Robert George, professeur de jurisprudence à la prestigieuse université de Princeton, et Shaykh Hamza Yusuf, professeur d’études islamiques au Zaytuna College, à Berkeley, se définissent respectivement comme «chrétien» et «musulman», mais ils précisent que ce n’est pas au nom de la religion qu’ils ont libellé leur lettre envoyées aux cinq plus grandes chaînes hôtelières des États-Unis (Best Western, Holiday Inn, Marriott, etc…).

Ils font plutôt appel à la conscience sociale des gestionnaires, en soulignant le fait que la pornographie créé la dépendance, implique l’exploitation d’individus et annihile l’estime de soi des personnes qui en consomment.

Au même moment, à Seattle, le Max Hotel (www.hotelmaxseattle.com, qui se présente comme «le plus artistique de tous les hôtels de Seattle») lançait son forfait «Fifty shades of Seattle», inspiré du best-seller d’E.L. James, Fifty shades of Grey. Et l’Edgewater Hotel (www.edgewaterhotel.com) lui emboîtait le pas

Fifty shades of Grey, dont le chroniqueur Hugo Dumas rendait compte dans La Presse du 7 juillet, raconte l’histoire d’Anastasia Steele, une ingénie de 21 ans, à qui le multimillionnaire Christian Grey propose de mener la vie des gens riches et célèbres. Une seule condition, elle doit se soumettre à tous ses caprices et comme le monsieur a des goûts sado-masos prononcés, on devine le reste.

Le roman, qu’on peut qualifier de «soft-porno», s’est vendu à 16 millions d’exemplaire aux États-Unis et on peut raisonnablement penser que les francophones se l’arracheront, lorsqu’il sera publié en traduction. Comme l’action se passe à Seattle et à Vancouver, les deux établissements hôteliers proposent aux acheteurs du forfait inspiré du livre de mener pendant deux jours la vie luxueuse que Christian Grey procure à Anastasia Steele. La description des prestations fournies par les hôtels ne fait toutefois pas mention des menottes, fouets et autres accessoires de cuir ou de latex de la panoplie de M. Grey.

On peut donc se demander quelle sera la meilleure décision que les hôteliers pourraient prendre sur le plan commercial. Écouter la voix de leur conscience ou miser sur les pulsions troubles des consommateurs?

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