Le courrier du voyageur

Le courrier du voyageur - Auteur
  • André Désiront, collaboration spéciale

    Depuis 1984, André Désiront couvre l'actualité reliée au domaine du voyage pour un magazine spécialisé.
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    Jeudi 19 janvier 2012 | Mise en ligne à 12h07 | Commenter Commentaires (19)

    Faut-il cesser de construire des navires trop gros?

    Le cafouillage qui a régné pendant l’évacuation du Costa Concordia a suscité une pléthore de commentaires d’experts confirmés ou autoproclamés, qui remettent en question la taille des nouveaux paquebots de croisières. «A-t-on besoin de cinq restaurants, 13 bars et trois piscines?», demandait, lundi dernier, un animateur de la chaîne radio-canadienne Espace Musique. Cité par les principaux médias européens, le président de l’Association française des capitaines de navires (AFCN), Jacques Loiseau, parlait de «dérive vers le gigantisme».

    Le naufrage du Costa Concordia, qui s’est renversé sur le flanc après avoir heurté un rocher près de l’île du Giglio, en Toscane, soulève deux questions, la première étant l’opportunité de construire des mastodontes de 4000 passagers et plus. À côté de l’Oasis of the Seas et de son jumeau, l’Allure, avec leurs 21 restaurants et autant de piscines, le Concordia fait pourtant figure de paquebot de taille moyenne, sinon modeste.

    Or, les compagnies de construisent pas de gros navires pour fracasser des records, mais parce qu’il y a une demande pour le gigantisme. «La preuve, c’est que lorsqu’une compagnie de croisière lance un méga-paquebot, il affiche complet plusieurs mois d’avance», note Jean Colette, président de Club Voyages Dumoulin et ancien directeur des ventes pour le Québec de Carnival Cruise Line). «C’est la même chose pour les avions. Nous avons des clients qui veulent absolument voyager sur le Airbus A380.»

    Pour Claude Gamache, conseiller chez Club Voyages Langelier, à Montréal, les gros navires ont d’autant plus de raisons d’exister qu’ils sont devenus une destination en soi. «La majorité des clients qui achètent l’Oasis of the Seas ou l’Allure ne demandent même pas dans quels ports ils feront escale», dit-il. «En plus, ils tiennent remarquablement bien la mer. J’ai des clients qui reviennent d’une croisière entre la Barbade et Rio de Janeiro sur un petit paquebot de luxe. Ils ont été secoués et ont souffert du mal de mer. Sur un méga-paquebot, ils n’auraient rien senti.»

    Avec des mastodontes comme l’Oassis of the Seas, l’Allure et le Freedom, Royal Caribbean exerce le leadership en matière de gros tonnages. Est-pour maximiser les profits? «Si nous construisons de si gros navires, c’est parce que cela nous permet d’être innovateurs en matière de divertissements, de choix de restauration et d’attractions», explique Éric St-Pierre, directeur des ventes de Royal Caribbean pour l’Est du Canada. «Nous voulons fournir à la clientèle une expérience qui se décline en termes de choix et de qualité. Le navire est devenu une destination en soi. C’est tellement manifeste que, dans les Caraïbes, une bonne partie des passagers ne descendent même plus aux ports d’escales.»

    Reste la seconde question, celle de la sécurité en cas de d’évacuation forcée. «Même dans les meilleures conditions, avec une telle taille, on ne pourra jamais sauver tout le monde», estime Jacques Loiseau, président de l’Association française des capitaines de navires.. «Ce n’est pas une question de taille!», rétorque Jean Colette. «Voici cinq ans, un traversier a fait naufrage en Colombie britannique et il y a eu des victimes, même s’il n’y avait qu’une centaine de passagers à bord et que le bâtiment était beaucoup plus petit.»
    Il s’agissait du Queen of the North des British Columbia Ferry Services.

    Et les exemples de tragédies ne manquent dans le cas de traversiers bien plus petits que le Costa Concordia. Qu’il suffise de mentionner les 193 morts, en 1987, du Herald of Free, qui reliait le Douvres à Zeebruge. Ou les 852 morts, en 1994, du ferry finlandais Estonia, qui reliait Tallinn à Stockholm. La liste des traversiers sinistrés est longue, alors que, jusqu’à vendredi dernier, celle des paquebots de croisières se réduisait à trois désastres depuis les années soixante-dix : l’Oceanos, en 1991, l’Achille Lauro, en 1994, et le Sea Diamond, en avril 2007. Bilan : deux victimes pour Sea Diamond. Aucune pour les deux autres.

    «Dans le cas du Costa Concordia, on parle d’une erreur humaine et, pire, d’une imprudence délibérée», observe Sylvain Lastère, président du Groupe Atrium. «Mais gros ou moins gros, les paquebots de croisières restent un des moyens de transport les plus sécuritaires et les consommateurs le savent. Nos contacts chez les voyagistes spécialisés indiquent qu’il n’y a pas eu de ralentissement de la demande.»


    • Difficile faire faire stopper la roue qui tourne.

      Les paquebots à la Costa Concordia sont associés au rêve,au luxe et au voyage d`une vie et cette image projetée par les armateurs semble rapporter des dividendes .Sinon pourquoi investiraient ils des centaines de millions de dollars dans ces marchands d`illusions ?

      On peut difficilement être à l`aise avec les risques liés avec les superpétroliers et les super porteurs de containers peu importe toutes les précautions technologiques qu`ils prétendent posséder. Mais encore là c`est une question de rentabilité.

      Peu importe la logique de ce débat toutefois, il faut avant tout admettre que cette tragédie ne devrait en rien changer l`avis qu`on a de la sécurité offerte par ces excursions. Il semble de plus en plus évident qu`on a ici à faire avec l`oeuvre d`un capitaine-énergumène digne représentant des oiseaux rares heureusement tout aussi rares que les tragédies qu`ils provoquent.

    • Ces bateaux sont exploité par des capitalistes qui ne recoivent pas de subvention mais peuvent faire jouer la concurrence entre les bureaucraties. Donc on peut supposer qu’il sont pensés pour maximiser le profit, bien que des clairvoyants comme Steve Jobs a démontré que ce n’est pas toujours le cas.
      L’un des problèmes majeurs posé est l’inclinaison au moment du naufrage. Il faudrait que la législation soit durcie sur ce point pour que l’évacuation reste facile.
      Ensuite on pourrait se demander plus généralement pourquoi il n’existe pas plus de ces types de villes sur le sol à part certains pays du Golfe?

    • Cette question est d’un ridicule consommé!!

      Si les jeunes de 18 à 20 ans conduisent trop vite, est-ce qu’on va demander à Honda d’arrêter de bâtir des CIVIC ??

      Si les vieux boivent trop de Gin, est-ce qu’on va demander à DeKuyper d’arrêter d’en produire…

      Le navire a coulé à cause d’un con de Capitaine, pas parce qu’il y avait 4300 personnes à bord !!

      Non mais,….

    • @fafnir

      Quel lien entre steve jobs et les dirigeants de l’industrie du tourisme? Tous deux sont capitalistes et poursuivent les profits. ( vous parlez de maximisation des profits, ce qui n est pas leur but. Optimisation peut- etre, maximisation? Plus rarement)

      Lorsque vous dites : ce type de villes sur le sol, a quoi faites vous reference?

    • Qu’est-ce qu’un navire trop gros???? Si il était trop gros il ne pourrait pas naviguer dans les voies de trafic maritime normales? Ne pourrait pas accoster?

    • Small is beautifull

      J’ai de la difficulté à comprendre cet engoûment pour ce type de croisière ou on se déplace avec sa ville. Je suis plutôt solo-sac-à-dos. Ça a l’avantage de faciliter la communication avec le locaux. Après tout, c’est un peu l’objectif du voyage, la connaissance des autres, comprendre la différence…

      Les meilleurs souvenir que je garde de mes voyages sont liés aux connaissances que j’ai fait. Mais sur d’aussi gros bateaux…

      Enfin, puisqu’il y a une demande…pauvres gens.

      Jacques Bisson, Laval

    • Quand j’ai appris le naufrage du Costa, je me suis dit que ça devait arriver. Je suis allée dernièrement sur une croisière de Costa (un plus petit bateau) de Québec à New York et j’ai été a même de constater un grave manque de professionalisme et de sécurité.

      D’abord, au moins 75 % pour cent des croisiéristes ont contracté un virus au cours de la croisière (moi et mon conjoint avons été touchés tous les deux). À mesure que la croisière avancait, le nombre de convives absents au repas du soir (où nous avions les mêmes tables pour la durée de la croisière) ne cessait d’augmenter. Quand on posait des questions au personnel du bateau, ils niaient qu’il y avait un problème au lieu de donner des consignes aux gens pour limiter la propagation. C’était le déni total. Je me demande même si le bateau n’aurait pas dû être placé en quarantaine.

      À Bar Harbor au Nord des États-Unis, le bateau était à l’ancre ne pouvant pas accoster au port. Nous avons donc pris la petite navette, un bateau de secours en fait, pour nous rendre sur la côte. Il y avait un épais brouillard cette journée-là. Alors que la navette aurait dû mettre 8 minutes à se rendre à destination, 1 h plus tard nous étions toujours perdus quelque part en mer. Le conducteur de la navette n’avait pas de carte, ne savait pas utiliser sa boussole et ne parlait ni français ni anglais. Du plus, les côtes de Bar Harbor sont jonchées de grosses roches où nous aurions pu nous échouer.

      En constatant qu’une navette manquait à l’appel, le capitaine du bateau a décidé d’émettre un sifflement pour permettre à la navette de repérer sa position par rapport au bateau. Tout ce temps là nous naviguions vers le large. Allo sécurité!

      Pour nous, il était clair de Costa manquait de professionalismes et prenait la sécurité à la légère et nous avons décidé de jamais y retourner.

    • L’évacuation du Costa Concordia s’est faite dans le chaos total parce que, nous a-t-on dit, les procédures d’évacuation d’urgence n’étaient pas rodées. Par contre, quand un de ces méga-paquebots fait escale et qu’il s’agit de débarquer les passagers pour envahir une petite ville, laissez-moi vous dire que l’opération se fait au quart de tour. Il y a quelques années, j’étais à Rhodes pendant quelques jours et un beau matin, quatre navires de croisière se sont vidés presque en même temps. L’espace de quelques heures, la vieille ville de Rhodes était méconnaissable.

    • Non le problème n’est pas la grosseur du navire mais plutôt la grosseur de l’égo du capitaine

    • Ont semble oublié différents facteurs pour de ce qui est de la grosseur des navires. La clientele type est plutot agé donc amené ces gens rapidement sur le pont pour les evacué en cas d’urgence n’est pas une mince tache. La logistique pour faire embarqué dans des canots de sauvetage plus de 4000 passagers rapidement malgré la panique qui s’installe car ont ne peux nié que la panique s’installe si le bateau semble en voie de coulé deviens quasiment une opération qui tiens du miracle. Je ne comprends pas l’engouement que les gens ont pour les croisieres car j’entends toujours les meme commentaires : bouffe, bouffe, bouffe, shopping, excursion trop dispendieuse et pas assez de temps pour visiter, la recherche d’un temps passé j’imagines.

    • L’histoire du Costa Concordia nous démontre clairement, que ce ne sont pas les bateaux qui sont trop gros…c’est plutôt l’intelligence de certains capitaines qui est dérisoire !

    • Je n’aurais jamais une seule seconde pensé à me poser cette question! On essaie de changer le monde à chaque fois qu’il se produit quelque chose. D’accord, la sécurité peut certainement s’améliorer, et va nécessairement continuer de s’améliorer comme ce fût le dans pratiquement tous les domaines depuis 20 ans. Peut-être qu’une assistance électronique à la navigation plus efficace pourra aider à éviter des tragédie du genre dans le futur… Mais cesser de produire des bateaux de cette taille…!? J’espère que non !!! Si on pense comme ça, on n’a pas fini s’en poser des questions !

    • Il y a 2 ans lors d’une croisière avec Costa, nous avons fait l’exercice d’évacuation la veille de notre arrivée!! Je me demande comment ça peut passer sur le rapport du commandant à la compagnie. Il doit y avoir quelqu’un, quelque part qui doit se faire taper sur les doigts.

    • c est pas comme si il y avait un naufrage à toutes les semaines , mais je crois que les navires de croisière sont encore plus sécuritaire que les avions comme moyen de transport

      albert bela

    • Vive les croisières… Vive les tout-inclus… Si on craint tout… Vive le balcon de sa maison! Nous avons 5 croisières et deux tout-inclus depuis 2005, nous avons vogué pour toutes nos croisières sauf la dernière sur des navires de 110,000 tonnes de moyenne, nous avons visité la majorité des Caraibes et cela nous a aidé à faire un choix pour nos tout-inclus. La croisière est une évasion, tout les matins vous arrivez sur le pont ou sortez sur votre balcon avec un nouveau panorama. Ceux qui parlent contre les croisières sont souvent plus à l’aise dans les tout-inclus. Pour la personne qui part en croisière avec l’idéé de se tenir au bar est mieux d’avoir une bonne carte de crédit et c’est super comme cela, on voit beaucoup moins de gens déplacés dû à la boisson, il y en a quand même et ça on ne peeeut changer le monde, mais disons qu’ils se font consigner à leur cabine assez subtillement s’ils dérangent trop.

      La sécurité que ce soit en avion, en autobus, dans un grand hotel, ect, dès qu’une situation d’urgence se produit, la panique guette tout le monde, même dans un ascenseur en pane, il y a des gens qui cèdent à la panique. C’est dans la nature humaine, même avec des équipes d’urgence les mieux rodées au monde, il y aura de la panique et souvent des fatalités, l’humain devient animal lorsque sa survit est en jeux.

      Dans mes cinq croisières, les exercises d’abandon du navire éatient tous faites une demi-heure avant le départ et chacun à nos postes d’abandon devant notre bateau de sauvetage assigné, à l’exception du Crown Princess que cet exercise avait été fait dans la salle de spectacle, ce qui nous à privé de voir notre bateau de sauvetage, mais pour remédier à cela, nous avons regardé la lettre sur notre veste et avons été voir ou éatait notre poste de rassemblement. quand vous entrez dans un endroit, vérifiez-les issus de secour? Comme la majorité, non! Advenant une situation d’urgence, il y aura de la panique et possiblement des fatalités.

      Pour moi cet hiver, ce sera la Jamaique en tout-inclus après y avoir pris goût lors d’un escale en 2005 du Carnival Victory, l’année prochaine, ce sera probablement une autre croisière sur un des nouveau BIG Carnival Breeze ou Magic.

      Pour terminer, en vacances, faites-vous plaisir, faites votre voie vers une sortie d’urgence dès le premier jour peu importe votre type de vacances, en croisière… Je n’ai jamais eu de problème de santé, une hygiène normale doit être faites, vous allez au toilette, bien avant de vous ramasser une assiette de fruit au buffet, lavez-vous donc les mains, et maintenant il y a des dispenseur de purel partout, un peu et on éloigne les problèmes… Bon voyage!

    • Il est clair que la taille du paquebot n’a rien à voir avec son renversement. Il s’agit d’une très mauvaise décision prise par les gens qui étaient dans la timonerie au moment de l’impact avec le fond marin. Il doit bien s’en trouver au moins un qui devait ne pas être en accord avec ce rase-mottes des côtes. Dans le cas contraire, y-avait-il un pilote dans le bateau?

    • Faudrait cesser de former des capitaines trop sots.

    • Comme dans le Valdez, la faute est au capitaine, pas au bateau.

      Y’a quelques mois TV5 a présenté un excellent reportage sur cette cie. Une Francaise a travaillé à bord pendant quelques semaines. Elle a filmé avec une caméra cachée.
      Le personnel vient des 4 coins du monde. Il est peu payé et peu formé. Les officiers sont italiens et hautains, voire racistes.
      La fille avait beaucoup de pression pour vendre de l’alcool. Il semble qu’une partie de profits se font là.

    • Comme tokyo, il faut mentionner les trop gros pétroliers qui sont des barques mal foutues qui se promènent sur nos mers avec du cargo polluant quand ils tombent en pièces…

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