Le courrier du voyageur

Archive, janvier 2012

Mardi 31 janvier 2012 | Mise en ligne à 14h27 | Commenter Commentaires (16)

Des aubaines trop belles pour être vraies

L’affaire Manon Hubert, cette Montréalaise qui s’est évaporée dans la nature en abandonnant à leur sort plus de 700 consommateurs en attente de départ, met en relief le risque que l’on court en achetant des voyages à rabais à quelqu’un qui n’est pas affilié à une agence de voyages dûment accréditée par l’Office de la protection du consommateur.

Manon Hubert avait mis en place un système à la Ponzi. Elle prenait des réservations pour des forfaits dans les destinations soleil plusieurs mois avant le départ, donc avant que les grossistes ne commencent à réduire les prix. Mais elle accordait de substantielles réductions, ce qui lui attirait une clientèle qui se faisait de plus en plus nombreuse.

Et elle attendait que les prix baissent pour aller acheter les voyages. Seulement, parfois, les prix pour la propriété qu’elle avait supposément réservée ne baissaient pas. Le système a fini par se gripper. Au début de janvier, à la suite d’une plainte déposée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), elle a disparu dans la nature, abandonnant à leur sort 756 consommateurs qui lui avaient versé des sommes dont le total s’élevait à 1 289 678 $.

L’office de la protection du consommateur (OPC), qui est chargé de l’application de la Loi sur les agents de voyages, a nommé un «administrateur provisoire» qui s’efforce de débrouiller les écheveaux du dossier. Celui-ci a saisi les différents comptes bancaires de la dame, ce qui a permis de récupérer 400 000 $. Le week-end dernier, il manquait exactement 805 000 $. Et plusieurs centaines de clients ne savaient pas encore s’ils allaient partir ou récupérer leur argent.

C’est que les clients d’une agence de voyage voient normalement leur facture augmenter de 0,35% . Ce petit montant est versé dans un «Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages» (le FICAV), qui est mis à contribution lorsque des agences font faillite ou que leur propriétaire part avec la caisse. Seulement, Manon Hubert retenait les sommes de ses clients et ne contribuait donc pas au FICAV.

«Les consommateurs doivent vérifier si la personne avec laquelle ils traitent est mandatée par une agence détenant un permis de l’OPC en bonne et due forme!», lance Jean Collette, président de l’Association des agents de voyages du Québec. «À quelques différences près, nous vendons tous les produits des voyagistes à peu près aux mêmes prix. Si quelqu’un offre 300 $ de rabais sur un forfait, il y a nécessairement anguille sous roche. Les consommateurs doivent comprendre cela!»

Lui-même propriétaire d’une agence de voyages (Club Voyages Dumoulin), Jean Collette raconte que deux de ses clientes habituelles sont venues le voir, l’été dernier. Intéressées par un forfait au Royal Solaris, un tout inclus de Cancun, elles ont fait valoir que Manon Hubert leur proposait ce produit pour 250 $ de moins que le prix officiel. Il leur a répondu qu’il n’était pas en mesure de rabattre le prix dans de telles proportions et l’affaire en est restée là.

À la mi-janvier, elles l’ont rappelé et lui ont expliqué qu’elles avaient finalement acheté le forfait pour un départ du 22 janvier. Dix jours avant le départ prévu, elles ont tenté de rejoindre Manon Hubert, car elles s’inquiétaient de ne pas encore avoir reçu les documents de voyage. Madame Hubert n’a pas répondu à leur coup de téléphone et n’a pas retourné leurs appels. Elle avait disparu et leur argent aussi.

Un autre consommateur qui m’a prié de taire son nom m’a écrit en clamant que Manon Hubert leur avait «fait vivre l’enfer», à lui, à son épouse et à un petit groupe de parent et amis. Car ils devaient partir se marier à Punta Cana, le 1er janvier.

En octobre, il était allé rencontrer Manon Hubert à son domicile du quartier Hochelaga-Maisonneuve, Il était intéressé par un forfait dans un hôtel de Punta Cana. Le voyage se détaillait normalement 2500 $ par personne et son interlocutrice le lui a vendu 1380 $, en l’assurant qu’elle s’occuperait de tous les arrangements requis pour la cérémonie du mariage à destination, comme le font normalement les agents de voyages.

Le départ devait avoir lieu le 1er janvier. À la fin de décembre, les membres du petit groupe n’avaient toujours reçu aucun document et Manon Hubert ne répondait pas à leurs appels. Finalement, le futur marié a réussi à la rejoindre, le 30 décembre, en «masquant» son numéro. «Je lui ai dit que si je n’avais pas les billets dans les deux prochaines heures, j’appellerais la police», écrit-il dans le courriel qu’il m’adresse. «Nous avons finalement reçu les billets le même jour.»

Mais arrivés à l’hôtel de Punta Cana où les préparatifs de la cérémonie de mariage étaient censés avoir été mis en place, les futurs époux constatent qu’il n’en était rien. Il leur a fallu se démener pour parvenir à organiser la cérémonie avant la fin du séjour. «Je crois que nous sommes les derniers à avoir réussi à obtenir nos billets dans cette super-histoire de fous», écrit-il.

Outre leurs employés réguliers, les agences de voyages mandatent des «agents extérieurs» qui sont autorisés à vendre des voyages en leur nom. Mais ces personnes doivent obligatoirement détenir une «certification de conseiller en voyages» émise par l’OPC. On peut vérifier si un interlocuteur qui se présente comme «agent extérieur» détient effectivement cette certification sur le site de l’organisme à l’adresse www.opc.gouv.qc.ca (en activant l’onglet «Conseillers en voyages» sur la page d’accueil).

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Lundi 30 janvier 2012 | Mise en ligne à 9h18 | Commenter Commentaires (4)

Des villes impériales aux dunes du désert marocain

Q : Je pars avec mon conjoint au Maroc pour deux semaines en mai. Quelles villes et sites valent vraiment le détour? Nous ne sommes pas très plage, nous privilégions plutôt la visite des villes et bien sûr le désert. Nous comptons nous déplacer en autobus et en train.
Karine Lefebvre Sainte-Thérèse

R : Pour un premier séjour au Maroc, l’itinéraire classique de deux semaines est un combiné du circuit dit des «Villes Impériales» et d’un autre circuit dit du «Grand Sud». Les quatre villes impériales sont Rabat, Meknès, Fès et Marrakech. Comme vous ne disposez que de deux semaines, je suggère de laisser tomber Meknès et de consacrer le temps ainsi récupéré à Essaouira, qui ne figure pas toujours sur les circuits traditionnels.

Vous arriverez probablement à Casablanca, qui est reliée à Montréal par des vols directs de Royal Air Maroc. Dans cette métropole beaucoup moins pittoresque que les autres grandes villes marocaines, seule la mosquée de Hassan II (la plus grande du monde après celle de La Mecque) mérite vraiment qu’on s’y attarde (on n’entre que dans le cadre de visites guidées).

Bien que plus petite que Casablanca, Rabat, capitale du pays est plus intéressante et, surtout, plus agréable pour se promener. On visite également la petite ville voisine de Salé. Vous vous dirigerez ensuite vers Fès qui mérite qu’on s’attarde deux jours pour découvrir les palais, les médersas (écoles coraniques), les fondouks (les auberges des caravaniers) et les souks de l’immense médina. Si les sites de l’antiquité vous intéressent, entre Rabat et Fès, il faudra prévoir une visite des vestiges de l’ancienne ville romaine de Volubilis.

Votre prochaine étape devrait être Merzouga, petite localité qui sert de porte d’entrée pour les dunes de l’erg Chebbi, (un erg est un immense massif de dunes de sables qui correspond à l’image qu’on se fait du Sahara). Entre Fès et Merzouga, vous traverserez les paysages spectaculaires du Haut Atlas, avec ses sommets qui culminent à près de 4000 mètres et vous passerez par les gorges du Ziz.

Après Merzouga, vous vous dirigerez vers Tinerhir, d’où partent les excursions pour les gorges du Todra. Il faudra ensuite longer la vallée du Dadès, jalonnée par des ksars (qui sont des villages fortifiés) et des palmeraies, jusqu’à Ouarzazate. Dans cette ville, seule la kasba de Taourirt (une kasba est un quartier fortifié) mérite qu’on s’y attarde, mais à 32 kilomètres au nord, le ksar d’Aït-Benhaddou (classé par l’UNESCO) est le village fortifié le plus spectaculaire du pays.

Prochaine étape : Marrakech, où la flânerie sur la place Jemaa-el-Fna, dans les souks et le dédale de rues de la médina vous retiendront au moins deux jours. Avant de rentrer prendre l’avion à Casablanca, il faudra également prévoir une étape à Essaouira, où vous pourrez combiner visite (le port de pêche, le chemin de ronde du rempart au bord de la mer et les souks) et plage.

Quant aux déplacements, une partie des trajets pourraient s’effectuer en train (de Casablanca à Fès, via Rabat, notamment), mais la majeure partie du parcours devra être bouclée en bus. Deux compagnies disposant d’un excellent réseau desservent le pays Supratours (www.supratours.ma), qui fonctionne en complément du réseau ferroviaire, et la CTM (www.ctm.ma). Les tarifs sont modérés (surtout ceux de la CTM) et les véhicules confortables et modernes. Par contre, entre Fès et Marrakech, je recommanderai plutôt de louer voiture qui permettra de faire les détours nécessaires pour aller admirer des sites comme les gorges du Todra, l’erg Chebbi et d’autres, comme les gorges du Dadès, qui ne sont pas mentionnés sur cet itinéraire. Sinon, il faudra recourir à des opérateurs d’excursions locaux.

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Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 11h48 | Commenter Un commentaire

Regard sur l’axe Rio de Janeiro/Recife

Christine Sauvageau, de Montréal, visitera des amis à Recife, au Brésil, l’été prochain. Elle dispose d’un peu plus de deux semaines et voudrait des suggestions d’itinéraires ou d’endroits à visiter. Elle me demande aussi s’il est plus simple d’arriver à Sao Paulo ou à Rio et quels moyens de transport utiliser localement.

Comme le Brésil est un pays immense, je conseillerai de se limiter à l’axe Recife/Rio de Janeiro, qui offre amplement de quoi meubler un programme de deux semaines. Juste à côté de Recife, Olinda est une des plus belles villes coloniales du pays. En longeant la route 101, qui ourle la côte, plusieurs localités méritent un arrêt, notamment Maceio, dans l’État d’Alagoas, la petite ville coloniale de Penedo, Aracaju et la fabuleuse Salvador de Bahia, d’où il faudra quitter la côte en direction de Belo Horizonte.

Entre cette métropole et Rio de Janeiro, les villes coloniales de l’État du Minas Gerais, sont des joyaux du baroque brésilien. La plus connue est Ouro Preto, mais ses voisines, Mariana, Congonhas de Camp, Tiradentes et Sao Jao del Rei, abritent également un patrimoine architectural exceptionnel.

Les stations balnéaires dotées de plages superbes abondent entre Recife et Salvador. Je mentionnerai, notamment, Porto de Galinhas, Praia dos Carneiros, près de Tamandaré, Praia do Gunga et Arrairal d’Ajuda. Comme la distance de Rio à Recife est énorme (2700 kms), il vaudrait mieux prendre un vol intérieur à l’aller et redescendra en bus en s’arrêtant pour visiter les endroits mentionnés. L’autobus est très économique, le réseau est très dense et les véhicules très confortables.

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