Vous ne le savez peut-être pas, mais si vous avez emporté (par distraction, bien sûr!) une robe de chambre mise à la disposition des clients dans un hôtel, ou encore un vase (à titre de souvenir, naturellement!), vous êtes probablement fiché sur un des deux sites professionnels qui répertorient les clients indésirables pour les hôteliers. Et vous le savez peut-être encore moins, mais si vous êtes un habitué des commentaires (trop!) critiques sur les sites d’appréciation comme TripAdvisor, vous risquez de vous voir répondre : «Désolé, mais l’hôtel est complet pour les dates qui vous intéressent!», alors que la moitié des chambres ne sont pas louées.
Au départ, ces deux sites ciblaient surtout les vandales et les voyageurs trop bruyants, comme les étudiants américains qui voyagent en groupe pendant la relâche scolaire et, sous l’effet de l’alcool, mettent leur hôtel sens dessus-dessous. Ainsi, sur la page d’accueil du site britannique GustScan (www.guestscan.co.uk), on peut lire que trois millions de sujets de Sa Majesté endommagent les lieux quand ils séjournent dans un hôtel ou un B&B et que 80% de tous les clients partent en «emportant un souvenir».
Mais c’est le site américain GuestChecker (www.guestchecker.com) qui a déclenché la controverse, lorsqu’on s’est aperçu que sa liste noire répertoriait plusieurs noms de voyageurs qui n’avaient jamais rien dérobé ou vandalisé. Ils étaient simplement des auteurs un peu trop prolifiques sur TripAdvisor, avec une propension trop appuyée au commentaire (très très) critique.
L’affaire a été évoquée, à la mi-octobre, sur le site spécialisé Hospitality Business News, qui s’interrogeait notamment sur le fait que ces listes noires contrevenaient peut-être aux dispositions légales portant sur la protection de la vie privée.
Ce à quoi les responsables de GuestChecker ont répondu en arguant que les seuls détails concernant la «vie privée» des clients répertoriés – noms, adresses et no. de téléphone – n’avaient rien de privé, puisqu’ils figuraient déjà dans n’importe quel annuaire téléphonique. Et que les autres renseignements dispensés étaient exclusivement des faits. «Nous nous contentons de rapporter ce qui s’est passé, afin que le prochain établissement où ils séjourneront puisse se préparer adéquatement à les recevoir», écrivait l’auteur de la réponse. Mais il faut probablement lire : «… puisse se préparer à ne pas les recevoir du tout.».
PS: Ne vous ruez pas sur GuestChecker ou GuestScan pour découvrir si votre voisin ou votre patron est un client d’hôtel indésirable. Les listes noires ne sont accessibles qu’aux abonnés, qui doivent obligatoirement être des professionnels de l’hôtellerie.
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