Je suis à La Havane depuis samedi soir. Les Cubains, rencontrés dans la rue, parlent librement. «Après le départ des Russes, presque tout le monde avait faim à Cuba : on ne trouvait pas de fromage, mais des gens vendaient de la pizza sur laquelle ils avaient fait fondre des condoms», se souvient cette femme, qui me montre son carnet de rationnement. Les condoms ne coûtaient rien. La dame qui me parle se souvient d’avoir mangé du ragoût de chat. «Mais nous ne savions pas que c’était du chat», dit-elle. «Aujourd’hui, c’est encore la nourriture qui coûte le plus cher : pas les aliments de base comme le riz ou les haricots, mais la viande, le beurre, le poisson…»
Néanmoins, plus personne n’a faim dans l’île. Ou si peu de monde! Grâce au «système D». «Nous n’avons pas le choix», poursuit mon interlocutrice. «Le salaire de base ne suffit pas pour vivre décemment. Tout le monde a d’autres sources de revenus que ceux provenant de son travail.»
Elle loue des chambres dans la maison qu’elle occupe avec sa famille, dans le Vedado, un des quartiers centraux de La Havane. Les médecins, qui gagnent entre 600 et 1000 pesos par mois – l’équivalent de 30$ à 50$ – font du taxi après leur quart de travail. Tous voulaient quitter le pays pour le Venezuela ou la Bolivie, où le gouvernement cubain envoie des coopérants. Ou ils se recyclaient dans les métiers du tourisme, où les pourboires – en «pesos convertibles» – leur permettaient de vivre décemment. Le gouvernement leur a accordé l’usage d’une voiture et le droit d’avoir un accès Internet à domicile. La voiture, ils la reconvertissent en taxi après leur tour de garde et ils vendent du temps d’Internet à leurs voisins.
Les enseignants aussi ont droit à un accès Internet à domicile. «Un de mes voisins est professeur et il demande 20 pesos convertibles par mois pour un abonnement à son accès Internet», m’explique la dame. «Je suis une de ses vingt clientes.»
Le peso convertible, qui vaut actuellement 24 pesos réguliers, est devenu la monnaie d’échange indispensable pour se procurer les biens de consommations les plus courants. «Il n’y a plus que les aliments de base qu’on peut acheter avec des pesos cubains», constate la dame.
Dans certaines provinces et dans certains secteurs de l’économie (le sucre, le tabac, les mines, la pêche), les travailleurs perçoivent 40% de leur salaire en pesos convertibles.
Introduit en 1993 et d’abord réservé aux touristes et aux diplomates, le peso convertible (qui vaut environ 1,15$ Can) a rapidement envahi tous les secteurs de l’économie. Dans les quartiers centraux de La Havane, par exemple, il faut, qu’on soit Cubain ou touriste, payer en pesos convertibles. À tel point que le gouvernement songerait à abolir le peso régulier!












jtor10
6 mai 2010
10h09
Ils n.ont pas besoin que des pesos convertibles.
Imaginez un tampon hygiénique vaut 1 peso convertible c’est 1/25e de leur salaire de bas mensuel.
La protection des travailleurs, oubliez-ça. On sable sans masque, pas de gants de sécurité.
Une seule bicyclettes permettrait à 7 cubains d’aller travailler, il faut des pièces de rechange, pneus et chambres à air.
Les souliers sont inabordables pour la plupart.
Alors si vous y allez, faites-le ménage de vos gardes-robes, débarrassez-vous de vos souliers. Les Crocs sont particulièrement appréciés car ils coûtent un mois de salaire là-bas.
Du chasse-moustique aussi, des vêtements chauds pour l’hiver, hé oui ils ont parfois froid.
Des outils à main, des gants de protection.
Mais attention, ils sont fiers. Oubliez les cochonneries des magasins à 1$. Ils savent reconnaître la qualité.
Alors oui pour les pesos convertibles mais accompagnez-les d’un petit cadeau utile, vous vous ferez des amis sincères. Évitez aussi les trop grosses quantités, ça les mettrait mal à l’aise.
Alors listez d’autres idées SVP.
Si vous êtes toujours à Cuba, inscrivez leurs besoins.
unpirate
6 mai 2010
12h36
Les Québécois se valorisent en prenant leur vacance a Cuba.
Dire que plusieurs revent d’un systeme communiste semblable a celui des Cubains.
En tout cas,a voir la photo du haut,les Cubaines ne manquent pas de nourriture.
Un medecin a 1000 pesos par mois et une femme de chambre a 5000 pesos par mois.
Belle facon de mal exploiter ses ressources et de mal maximiser le potentiel de la population.
robertito52
6 mai 2010
14h49
Les cubains que je connais et qui vivent encore à Cuba, crèvent littéralement de faim. Dans certaines parties de l’Îles il est impossible trouver du riz (produit de base de la nourriture cubaine). Mais en public et encore plus à un journaliste, aucun cubain ne vous dira cela, car pour un cubain l’image est très importante encore plus si ce qu’il ou elle dira sera retenue contre lui ou elle par la CDR et le gouvernement cubain. Encore aujourd’hui, et je dirais encore plus depuis L’arrivée au pouvoir de Raoul Castro, les cubains crèvent de faim.
Pour votre commentaire sur la femme chauffeure de taxi, cette photo montre un taxi d’état, donc un chauffeur professionnel (souvent un membre de l’armée, un policier blessé mais toujours un membre du parti. Le commentaire sur le médecin qui chauffe un taxi le soir est plus pour un “taxi particular”, soit une personne qui conduit illégalement d’autres personnes avec sa voiture privée.
pjeanguy
7 mai 2010
10h20
N’oubliez pas d’aller à l’alliance française.
Ma conjointe et moi l’avons trouvée par hasard, lors de quelques séjours à La Havane.
Séjours hybrides 7 jours à La Havane et 7 jours à Varadero.
Nous avons coutume de dire que nous sommes parmi les “vrais” cubains à La Havane, alors qu’a Varadero nous sommes parmi les travailleurs des tout inclus.
Bon séjour!
herouxtown
10 mai 2010
20h56
Pauvrement. Mais le prof Lauzon adore…
mattgilles
13 mai 2010
13h25
Le rêve de Michael Moore.
kapucina
24 mai 2010
23h13
Lors de mon dernier voyage à Cuba, les femmes de chambre nous ont dit avoir besoin de tout :
j’apporte du savon toilette, tylenol, bas nylon, brosses à dents, stylos, mes vêtements en bonne condition, gougounes, enfin ce que les québécoises aiment, les cubaines ne sont pas
différentes. J’adore y passer 7 jours pour la mer, le sable, le soleil… mais quand on s’éloigne des “tout inclus”, que l’on va faire un tour dans les campagnes, on voit leur misère.. une infirmière faisait plus de 30km à pied pour aller travailler à l’hôpital et cela 2 fois/jour…et les nôtres se croient maltraitées; nous avons été reçues pour le diner dans une famille cubaine, avons été traités comme des rois.. c’était excellent et je n’oublierai jamais comment la table était décorée, avec rien leur créativité avait pris la place. Dommage que les musées et tout ce qui fait partie du patrimoine, tombent en désuétude !