Le courrier du voyageur

Archive, janvier 2010

Jeudi 28 janvier 2010 | Mise en ligne à 11h05 | Commenter Commentaires (10)

Code de conduite pour dames au Maroc

Q : Nous sommes deux amies dans la trentaine, qui planifions un voyage d’une dizaine de jours au Maroc, principalement à Marrakech et Agadir. Nous serons logées dans une magnifique villa dans la palmeraie. Nous avons beaucoup lu sur le Maroc, mais quelques points demeurent nébuleux. Avez-vous des conseils, compte tenu que nous serons deux femmes seules, notamment au niveau de la securité, de la tenue vestimentaire, de la possibilité de se faire servir de l’alcool et autres limites auxquelles nous pourrions être confrontées?
Nathalie Gagnon

R : Le taux de criminalité est moins élevé au Maroc qu’au Canada, mais il a épousé une courbe ascendante constante depuis 10 ans. Le taux de chômage est élevé et, quoique le pays soit plus prospère et plus développé que la majorité des autres contrées du continent africain, beaucoup d’habitants y restent pauvres, ce qui favorise la petite criminalité. Les vols à l’arraché sont fréquents dans les grandes villes (plus quand même dans celles de la côte comme Casablanca et Rabat qu’à Marrakech). Il ne faut donc pas tenter les candidats éventuels en exhibant bijoux clinquants et sacs à main Prada ou Gucci : les sacs à dos sont plus indiqués.

Ceci dit, à condition de ne pas tenter le diable (se promener sur la plage d’Agadir ou dans les quartiers excentrés à 2h du matin), votre intégrité physique ne sera guère menacée. Vous risquez plutôt un harcèlement psychologique soutenu («Hé les gazelles, que pensez-vous des beaux garçons marocains!»). La posologie recommandée dans ce cas est un haussement d’épaules accompagné d’une bonne dose de fatalisme : même dans un pays islamiques modéré comme le Maroc, le rapprochement entre garçons et filles n’est pas encouragé et cela demande des dérivatifs qui restent, heureusement, purement verbaux.

Vous n’aurez pas de difficulté à vous faire servir de l’alcool dans les hôtels et les restaurants fréquentés par les touristes ou les établissements du haut de la gamme (sauf en période de Ramadan, les Marocains aisés prennent volontiers quelques libertés avec les prescriptions coraniques). Quant à la tenue vestimentaire, évitez les shorts, sauf peut-être pour vous rendre sur la plage, à Agadir, les jupes trop courtes, les débardeurs sans manches (favorisez les t-shirts qui couvrent les épaules) et les tenues trop décolletées.

Ne me demandez pas s’il faut vous couvrir la tête pour visiter les mosquées : au Maroc, les non-musulmans ne sont pas autorisés à entrer dans les mosquées. Par contre, on peut visiter les écoles coraniques et certains sanctuaires et, dans ce cas, on met un foulard et une jupe longue (ou un pantalon) et les bras doivent être couverts. Et demandez la permission si vous prenez des Marocains en photo!

Ces recommandations pourraient laisser croire que le Maroc n’est pas un pays commode pour les touristes, mais ce n’est pas le cas : il accueillera, cette année, près de 10 millions de visiteurs en grande majorité européens et nord-américains et le spectacle de deux jeunes dames habillées à l’occidentale fait partie du quotidien. Surtout à Marrakech et Agadir!

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Mercredi 27 janvier 2010 | Mise en ligne à 7h46 | Commenter Commentaires (4)

Retour sur Labadee, les îles privées et les questions morales

Fustigée par les médias du monde entier pour avoir continué à débarquer ses passagers à Labadee pendant que deux millions d’Haïtiens se démènent pour survivre, la compagnie Royal Caribbean semble être en voie de remporter la bataille de l’opinion publique. Le site CruiseCritic.com, qui est aux croisières ce que Tripadvisor est à l’hôtellerie, a invité ses usagers à répondre à la question : la compagnie Royal Caribbean a-t-elle eu raison de continuer à emmener ses passagers à Labadee?

Plus de 4700 personnes avaient répondu hier et les deux-tiers (65%) approuvaient la décision prise par la compagnie, tandis que 14% des répondants se disaient indécis.

Mais qu’est-ce que Labadee et qu’y a-t-il à voir là-bas? La réponse est simple : rien! C’est simplement une presqu’île dotée d’une belle plage et d’un havre aux eaux suffisamment profondes pour permettre à des gros paquebots de s’approcher.

Toutes les compagnies de croisières qui naviguent dans les Caraïbes gèrent soit une île, soit un domaine privé de manière à permettre à leur passagers de bénéficier d’une journée de plage où, outre le farniente, ils peuvent pratiquer des activités nautiques (planche à voile, apnée, ski-nautique, kayak). Bref, c’est une escale de détente.

Les principales rivales de Royal Caribbean ont racheté un îlot ou une portion d’île aux Bahamas. Princess Cruises y dispose d’un îlot rebaptisé «Princess Cay»; celui de Disney Cruises s’appelle Castaway Cay; en 1997, Holland America a racheté Half Moon Cay et le partage maintenant avec sa compagnie-mère, Carnival Cruise Line; l’îlot de Norwegian Cruise Line s’appelle Great Styrup Cay.

Le malheur (c’est une façon de parler) de Royal Caribbean, c’est d’avoir loué une portion de terrain sur la côte nord d’Haïti, au début des années quatre-vingt. Jusqu’en 1991, les passagers ne savaient même pas qu’ils débarquaient à Haïti. Royal Caribbean craignait que la réputation sulfureuse de ce pays (le plus pauvre de l’hémisphère américain) politiquement instable n’effraye la clientèle. C’est un journaliste qui a dévoilé le pot aux roses.

Royal Caribbean paie 6$ US au gouvernement haïtien pour chaque passager qu’elle y débarque. Et elle y débarque près d’un million de croisiéristes par an. L’an dernier, la compagnie a investi 55 millions $ pour agrandir les installations portuaire, de manière à pouvoir y accueillir les plus gros paquebots du monde : l’Oasis of the Seas et son jumeau, l’Allure of the Seas, qui sera lancé ce printemps.

Les médias ont souligné que la compagnie y employait 230 personnes pour entretenir les installations, préparer le buffet, encadrer les activités nautiques etc… Elle permet aussi à autant de vendeurs itinérants de venir y installer leurs étals. Bref 500 personnes – et leurs familles – dépendent de l’activité économique générée par les croisiéristes.

La question morale de savoir s’il est décent de débarquer se prélasser sur une belle plage pendant qu’à 150 kilomètres de là deux millions de personnes luttent pour leur survie aux côté de 150 000 cadavres n’est pas une question simple.

Le problème s’est posé immédiatement après le tsunami de décembre 2004. Publiée dans les médias du monde entier, la photo de touristes se prélassant sur une plage de Phuket, alors qu’à 200 mètres, on s’affairait encore à récupérer des cadavres dans les décombres a vidé les plages de Phuket et des îles de la mer d’Andaman pendant plusieurs mois, acculant des milliers de Thaïlandais au chômage, voire à la misère. Le gouvernement thaï a été obligé d’orchestrer une campagne pour inciter les touristes à revenir.

New York a goûté à la même médecine après les attentats contre les tours jumelles. Il s’est murmuré qu’il était indécent d’aller faire du tourisme dans Central Park ou sur la 5e Avenue, quand on n’avait pas encore fini de déblayé les décombres de Ground Zero. Le maire de l’époque, Rudolph Giuliani a été obligé de lancer un appel public pour faire revenir les visiteurs et sauver l’industrie touristique locale.

Je suis de ceux qui prêchent pour inciter les croisiéristes potentiels à ne pas hésiter à encourager Royal Caribbean. J’estime que Richard Fain et Adam Goldstein, les deux patrons de Royal Caribbean ont pris la bonne décision. D’ailleurs, à quelle lapidation médiatique ne se seraient-ils pas exposés s’ils avaient décidé d’abandonner Labadee pendant quelques mois et de prendre un arrangement avec le gouvernement des Bahamas pour débarquer les passagers sur un îlot de cet archipel, en attendant que la poussière retombe? On leur aurait reproché de désinvestir à Haïti au moment où le pays a tellement besoin de capitaux et d’y aggraver le problème du chômage.

Maintenant, me serais-je senti à l’aise, confortable et guilleret si, passager de Royal Caribbean, j’étais descendu du navire à Labadee pour faire un peu d’apnée et de chaise longue, sachant qu’à 150 kilomètres…. Malheureusement non. Les questions d’ordre éthique n’appellent jamais des réponses simples.

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Lundi 25 janvier 2010 | Mise en ligne à 11h17 | Commenter Commentaires (4)

Bref programme pour visiter la Belgique

Q : En avril prochain, en compagnie de mon conjoint, je rendrai visite visite à son fils qui séjourne là-bas pour six mois. Nous ne connaissons pas ce pays et nous ne sommes pas de grands voyageurs. Devons-nous faire affaire avec une agence de voyages ou organiser le tout nous-mêmes? Notre budget est d’environ 6000$ pour une douzaine de jours. Est-ce suffisant? Devrions-nous réserver une chambre d’hôtel ou un appartement? Nous prévoyons passer quelques jours à Bruxelles et, ensuite, visiter les endroits les plus intéressants. Quels sont ceux que nous ne devrions pas manquer? 
Micheline Richer

R : La Belgique est un petit pays, si bien qu’en vous installant à Bruxelles, qui bénéficie d’une situation centrale, vous seriez en mesure de rayonner vers les principaux sites touristiques du pays pour y passer la journée et de rentrer dans la capitale, le soir. En Belgique, les paysages ne sont pas spectaculaires. Ce sont donc les villes qu’il faut voir et, particulièrement Bruges, Gand, Anvers et Liège.

La plus éloignée de Bruxelles est Bruges, qui est à un peu plus d’une heure de train. L’aller et le retour se font donc très bien dans la même journée, d’autant plus qu’il y a des liaisons entre Bruxelles et ces villes toutes les demi-heures. Je vous recommanderais de compléter la visite de ces villes intéressantes par une incursion de deux jours dans les Ardennes et, plus particulièrement dans la très belle vallée de la Semois, qui longe la frontière française.

Vous pourriez y visiter Bouillon et son château-fort, ainsi que l’abbaye d’Orval et vous promenez sur les routes qui serpentent sur les flancs escarpés de la vallée. Pour ce faire, cependant, il faudra louer une voiture et prévoir deux jours, car il faut prévoir au moins deux heures de route de Bruxelles. Au passage, vous pourriez prévoir un arrêt à Dinant à l’aller et à Namur, au retour.

Si vous répugnez à conduire, Louvain et Maline (Mechelen, en flamand) sont de jolies villes situées chacune à une vingtaine de kilomètres de Bruxelles. Et, avec un Eurail Benelux Pass, vous pourriez envisager un saut à Amsterdam (deux heures de train). Ce passe, qu’il faut acheter avant le départ, vous coûterait 278$ par personne en deuxième classe (confortable) pour cinq jours d’utilisation non consécutifs, mais il ne serait intéressant que si vous envisagez l’option Amsterdam. Si vous vous en tenez aux villes belges, elles sont assez rapprochées pour que l’achat de billets au coup par coup sur place revienne moins cher.

Pour l’hébergement, l’appart-hôtel s’avère effectivement une solution intéressante, si vous rentrez tous les soirs à Bruxelles. Il ne vous reviendra pas moins cher qu’une chambre d’hôtel, mais vous vous y sentirez plus à l’aise (vous pourrez notamment y préparer quelques repas, ce qui vous reviendra moins cher que le restaurant). Un agent de voyages pourra s’occuper de vos réservations d’avion (sur Air Transat, qui desservira Bruxelles à partir du 13 avril), de train, d’appartement et, éventuellement, d’une voiture de location pour deux jours, sans que cela vous coûte plus cher que si vous prenez les choses en main. Votre budget de 6000 $ sera largement suffisant, si vous ne faites pas de folies.

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