Le courrier du voyageur

Archive, février 2009

Mardi 24 février 2009 | Mise en ligne à 9h48 | Commenter Commentaires (2)

À propos du réseau routier marocain

Q : Nous projetons, mon mari et moi, faire un voyage de 15 jours au Maroc en avril ou mai.  Nous organisons habituellement nos voyages nous-mêmes, mais les routes chaotiques et les indications en langue arabe hors des grands circuits nous rebutent un peu.  D’après vous, est-il possible de se retrouver et de circuler sans peine sur les routes marocaines? Nous comptons faire les villes Impériales et aussi le Grand-Sud marocain.   Nous conseillez-vous plutôt de partir en groupe organisé? D’autre part, je suis allergique aux sulfites, qui sont utilisés comme agents de conservation. Sont-ils utilisés dans la cuisine typiquement marocaine? Habituellement, je me tire d’affaire avec des plats simples comme du poisson grillé, des pâtes, des omelettes…
Suzanne Guénette

R : Le réseau routier marocain couvre 55 000 kilomètres, dont 25 000 sont asphaltés et, généralement, en excellent état (beaucoup moins de nids de poules qu’au Québec). D’autre part, la signalisation officielle est bilingue : arabe et français. Il est vrai que si vous empruntez les petites pistes du Moyen-Atlas, vous risquez de ne rencontrer que des indications en arabe, mais généralement, la conduite ne présente aucune difficulté particulière, surtout pour les villes Impériales. Dans le Grand-Sud, les routes reliant les grandes étapes touristiques sont également asphaltées. C’est le cas pour le circuit classique qui effectue une boucle au départ de Marrakech, avec des étapes à Ouarzazate, dans les palmeraies de la vallée du Drâa, à Zagora, Erfoud, et Tineghir. Par contre, si vous voulez poursuivre jusqu’aux dunes de Merzouga, au sud d’Erfoud, vous tomberez sur une piste qu’il vaut mieux négocier en 4X4 (mais vous pourrez toujours acheter une excursion à Erfoud). Ces routes sont très fréquentées par les touristes, qu’ils voyagent en groupe dans des autocars ou encore en voiture. Mieux vaut respecter scrupuleusement les limites de vitesse, car des policiers embusqués effectuent des contrôles de vitesse par radar un peu partout. Quant aux sulfites, les Marocains n’utilisent pas d’agents de conservation dans la cuisine. Il se pourrait que des sulfites soient vaporisés sur les vignes et les fruits. Mais ces derniers sont lavés avant d’être servis. Pour le vin, il faudra lire les indications données sur les bouteilles et vous renseigner sur place.

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Jeudi 19 février 2009 | Mise en ligne à 14h46 | Commenter Commentaires (3)

Un voyage à vélo le long du Danube

Q : Mon conjoint et moi projetons un voyage d’un mois en vélo le long du Danube, en mai prochain. Nous pensons passer par l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et possiblement la Roumanie. Nous aimerions rouler une cinquantaine de kilomètres par jour pour un  maximum d’environ 900 km. Nous envisageons aussi des moments de pause pour visiter les principaux sites touristiques (exemple: quelques jours à Vienne). Nous aimerions apporter nos vélos et transporter nos bagages. Nous ne voulons pas faire ce voyage en groupe car nous préférons profiter de la liberté que nous procure un voyage à deux. Nous nous interrogeons sur notre point de départ et notre point d’arrivée. Devrons-nous prendre le train entre nos deux destinations  le long de notre itinéraire? Nous savons que de Passau à Vienne et Budapest, la piste semble facile et bien balisée (environ 600 km). Mais si on ajoute un peu en Allemagne, que nous conseillez-vous? La région des Portes de fer en Roumanie ou celle du delta du Danube en Roumanie valent-elles la peine également? Et si oui, quel itinéraire privilégier? Nous nous demandons également s’il est facile de transporter nos vélos en train dans ces différents pays. Enfin, à quel endroit est-il préférable d’arriver en avion et de quel endroit repartir?
Lorraine De Champlain, Saint-Georges-de-Beauce

R : Je vous conseille de prendre un vol d’Air Transat jusqu’à Vienne et retour. Outre le fait qu’elle est seule à desservir Vienne en direct (de mai à octobre), ce qui limite les manipulations, cette compagnie accepte encore de transporter les vélos gratuitement (ils vendent les sacs de plastique pour les emballer, au prix de 5 $). Quant à l’itinéraire cyclable, je vous recommande trois tronçons, soit celui qui va de Linz (et non de Passau, nous verrons pourquoi plus loin) à Vienne, celui qui mène de Vienne à Budapest et, enfin, le dernier – et de loin de plus spectaculaire! – celui qui vous fera pédaler de Belgrade à Bucarest, lorsque le Danube se fraye un chemin entre le massif des Carpates (côté roumain) et celui des Balkans (côté bulgare du fleuve). Les paysages y sont beaucoup plus beaux que ceux du delta du Danube. En partant de Passau, le parcours totaliserait 1060 kilomètres, alors qu’en commençant à pédaler à Linz, vous le raccourcirez de 170 kilomètres, respectant ainsi la limite des 900 kilomètres que vous vous êtes fixée très judicieusement, si vous voulez prendre le temps de visiter les innombrables sites intéressants qui jalonnent la route. Il vous suffira de prendre le train de Vienne à Linz. En revenant vers Vienne à vélo, il faudra impérativement vous arrêter à Melk, pour visiter l’abbaye, un des plus beaux ensembles baroques d’Autriche. De la même manière, entre Vienne et Budapest, il faudra prévoir une étape à Bratislava, capitale de la Slovaquie. De Budapest, prenez le train pour Belgrade, esquivant ainsi les 400 kilomètres d’un parcours assez banal (et, contrairement à la sortie vers l’est, l’entrée à Belgrade est difficile). Certaines lignes du réseau ferroviaire hongrois embarquent les vélos dans un fourgon spécial. Il faudra vous renseigner sur place. Le tronçon de 400 kilomètres qui relie Belgrade à Bucarest passe par les Portes de fer, un défilé creusé par le Danube entre les Balkans et les Carpates, sur près de 200 kilomètres. Ici, le parcours est mal balisé (sinon pas du tout, car la Roumanie attend une subvention de l’Union européenne), mais la circulation peu dense se prête bien à la pratique du vélo sur la route qui longe le fleuve. Ces trois tronçons constituent des segments de la route EuroVélo 6, qui est la plus célèbre des 12 grandes routes cyclables européennes. Actuellement, sur les 66 000 kilomètres du réseau couvert par ces 12 routes, environ 45 000 sont bien balisés. La Roumanie, par exemple, attend des subventions de l’Union européenne pour finir de signaliser sa partie. La route EuroVélo 6 est un trajet de 4100 kilomètres qui relie Nantes, en France, à Tulcea, sur la mer Noire. Elle est décrite et documentée sur un site Web – www.eurovelo6.org – qui constitue une excellente mine d’information sur les particularités du parcours, avec des liens vers les sites des offices de tourisme locaux. L’organisation qui gère le site publie des guides, les Donau-Radweg Bikeline, qui ne sont malheureusement encore disponibles qu’en allemand, mais les cartes peuvent vous être utiles. On les commande chez Amazon (du moins, ils sont disponibles chez Amazon.fr).
Pour le retour à Vienne, vous aurez le choix entre le train et trois compagnies aériennes à bas tarifs actives sur la route Bucarest/Vienne : Germanwings, MyAir et SkyEurope (il suffit d’ajouter .com pour tomber sur leurs sites). Consultez également le site de Vélo Québec (www.velo.qc.ca), qui répertorie les liens avec les principales associations cyclistes européennes. Ces informations devraient également intéresser un autre lecteur, Claude Rainville, de Montréal, qui m’a demandé de lui référer des sites sur lesquels il pourrait glaner des informations pour préparer un voyage à vélo de six semaines entre Paris et Istanbul. Il pourrait également emprunter la route EuroVélo6 jusqu’à Belgrade (elle ne passe pas par Paris, mais il pourrait aisément la rejoindre à Chalon-sur-Saône ou encore à Mulhouse). À Belgrade il pourrait poursuivre jusqu’à Thessalonique par la route EuroVélo 11, et, de là continuer jusqu’à Istanbul par le nord de la Grèce et la Turquie d’Europe. On peut consulter les cartes de ces trajets sur le site de la Fédération européenne de cyclisme (www.ecf.com).

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Mardi 17 février 2009 | Mise en ligne à 9h44 | Commenter Un commentaire

Le Benelux en camping-car

Q : Nous avons réservé un camping-car en partance de Paris afin de visiter la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg et, cela, pendant 17 jours.  Au cours de nos lectures sur ces régions, nous avons pensé rajouter la Forêt Noire et l’Alsace. Mais plus nous nous renseignons sur la Belgique, moins ce pays semble intéressant sauf Bruges et Gand.  J’ai lu sur Liège qu’une fois oubliée la laideur des quartiers industriels, on peut trouver une certaine beauté au centre-ville.  Est-ce la réalité? Il semble également qu’il n’y ait pas d’aire de services au Pays-Bas, ce qui nous obligera à prendre des campings tout les soirs. Avez-vous un autre itinéraire à suggérer?  Notre famille se compose de deux adultes et trois ados de 13 à 17 ans. Voici deux ans, nous avions prévu de visiter la Normandie et la Bretagne en camping-car mais le mauvais temps nous a fait bifurquer vers la Vallée de la Loire, la Charente Maritime et Vendée.  Ce fût un périple vers «nowhere» des plus agréables.  Alors il est fort possible que nous larguions le Benelux pour une autre région si la météo n’est pas de notre coté et nous aimerions avoir des suggestions.
Daniel et Catherine

R : J’aurais d’autant plus mauvaise grâce de vous dire que Liège ne mérite pas le détour, qu’il s’agit de ma ville natale. S’il est vrai qu’elle est cernée par d’anciennes banlieues ouvrières déprimantes, le centre est assez intéressant pour que le Michelin lui accorde deux étoiles. Bien sûr, la Cité ardente (c’est ainsi que les Liégeois surnomment leur ville) soutient mal la comparaison avec Bruges et Gand sur le plan touristique, mais la visite de l’une n’exclut pas celle des autres, puisque la Belgique est un petit pays qu’on peut traverser sur toute sa longueur en trois heures. Voici donc l’itinéraire que je vous suggère. Puisque l’Alsace vous intéresse, commencez votre périple par Mulhouse (à cinq heures de route de Paris, mais sur le chemin, Beaune constituerait une étape intéressante) puis remontez vers Strasbourg via Colmar, en effectuant les crochets nécessaires pour découvrir quelques uns de ces charmants villages aux maisons à colombages sur la route des vins d’Alsace (Riquewihr, Obernai, Ribeauvillé, etc…). Si vous tenez à voir la Forêt Noire, vous pourriez toujours faire un crochet par Baden Baden, à 65 kilomètres de Strasbourg. Remontez ensuite vers le Luxembourg où, outre la capitale, vous devrez absolument boucler le petit circuit touristique de la «Petite Suisse luxembourgeoise», près d’Echternach. Ensuite, rentrez en Belgique par Arlon, puis longez la superbe vallée de la Semois jusqu’à Bouillon (une petite ville qui sommeille à l’ombre d’un formidable château-fort). Puis, prenez la direction de Dinant, sur la Meuse, et poursuivez vers Liège. Rentrez en Hollande par Maastricht (à 20 minutes de Liège par l’autoroute, la vieille ville est assez intéressante pour mériter une étape). De Maastricht, il vous faudra deux heures pour rejoindre Amsterdam (à moins que vous ne fassiez un petit détour pour aller admirer le fabuleux musée Kröller Müller, à Otterlo, près d’Arnhem : s’il fait beau, l’immense parc-jardin de sculpture est un enchantement). Situé sur une île de l’Ijmeer (la mer intérieure), près d’Amsterdam, le camping Zeeburg (www.campingzeeburg.nl) vous coûtera moins de 30 euros la nuit, pour la caravane et cinq personnes. Après Amsterdam, qui mérite au moins deux jours entiers, consacrez une ou deux journées à l’exploration du Waterland, la péninsule au nord de la capitale, pour visiter les petites villes pittoresques de Marken, Volendam, Edam et Alkmaar (l’idéal serait d’arriver à Alkmaar pour le marché aux fromages, un vendredi matin). Revenez par Haarlem, la route des Fleurs, La Haye et Delft (ce sont des endroits très rapprochés, donc deux jours suffisent pour les visiter), puis repassez en Belgique en vous arrêtant à Anvers (un must!), Gand et Bruges, avant de rentrer à Paris. C’est un parcours d’un peu moins de 2500 kilomètres que vous bouclerez facilement en 17 jours sans vous engager dans une course contre la montre.
Quant aux aires de service aux Pays-Bas, le site www.campingcar-infos.com en répertorie 73, soit huit aires publiques, 33 aires de stationnement, et 32 aires de service sur campings. On y indique les tarifs (mais parfois, c’est gratuit) et les services disponibles (eaux usée, eau potable, électricité), le tout assorti de commentaires d’usagers. Il m’est difficile de vous suggérer une destination alternative, car s’il pleut au Benelux, il y a de bonnes chances pour que la température soit maussade partout ailleurs dans cette partie de l’Europe. Pour un ciel bleu garanti en été, il faudrait choisir le Sud de la France, l’Espagne, l’Italie ou tout autre pays méditerranéen. Mais vous serez alors confronté à un phénomène inconnu au Benelux : le déferlement des hordes touristiques sur le Sud de l’Europe pendant les vacances scolaires.

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