Q : Nous prévoyons aller en Turquie l’été prochain. Nous disposons d’environ 24 jours.
Nous pensions voyager deux semaines en Turquie et le reste du temps, nous aimerions visiter soit un pays de l’Europe de l’Est ou la Grèce. Deux semaines suffisent-elles pour bénéficier d’un bon aperçu de la Turquie? Si nous décidions d’opter pour un pays d’Europe de l’Est, lequel nous suggèreriez-vous? Pouvez-vous nous conseiller un itinéraire? Serait-ce plus économique d’acheter un billet pour Paris ou une autre ville d’Europe de l’Ouest et d’acheter un billet d’une compagnie à bas tarif pour nous rendre à Istanbul?
Ginette Vallée
R : Je vous ne vous conseille pas de scinder votre trajet aérien en achetant un billet pour Londres, Amsterdam ou Paris, par exemple, complété par le billet d’une compagnie à bas tarifs jusqu’à Istanbul. Aucune compagnie «low cost» n’assure la liaison Paris/Istanbul. Condor dessert le couloir Amsterdam/Istanbul, mais les tarifs (plus de 300 euros!) ne sont pas attrayants. EasyJet programme des vols entre Londres et la métropole turque et les tarifs sont intéressants si on réserve longtemps d’avance (j’obtiens un aller-retour à environ 200 $ Can, en mai). Mais, à partir d’avril, ce transporteur ne desservira plus Istanbul que depuis de l’aéroport de Luton. Ce qui implique un transfert fastidieux depuis l’aéroport de Gatwick (si vous arrivez par Air Transat) ou celui de Heathrow (si vous arrivez par Air Canada ou British Airways). Comme, en plus, les horaires ne sont pas aménagés pour assurer de bonnes correspondances, les petites économies que vous pourriez réaliser n’en valent pas la chandelle. Vous pouvez obtenir des prix variant de 1142$ (avec Air France, via Paris) à 1349 $ (avec KLM, via Amsterdam) pour un itinéraire complet entre Montréal et Istanbul en mai, sans compter les sites d’agences en ligne (1172$ sur Orbitz, pour des vols KLM). Je privilégierais donc l’option «vols réguliers», d’autant plus qu’un agent de voyages sera peut-être en mesure de vous proposer l’équivalent, voire mieux, tout en vous assurant un service plus complet. Quant aux pays qui s’imposent comme compléments à un voyage en Turquie, ce sont la Grèce et la Bulgarie, qui ont toutes deux une frontière avec la Roumélie (la Turquie d’Europe). La Bulgarie est donc le pays d’Europe de l’Est que je vous recommande (pour accéder à la Roumanie, il vous faudrait traverser la Bulgarie, ce qui vous ferait perdre une grosse journée pour effectuer l’aller et le retour). Vous pourriez donc louer une voiture à Istanbul (comptez entre 600$ et 700$ pour 10 jours, assurance complémentaires non comprises, mais si vous payez la location avec une carte de crédit or…) et vous diriger vers Nessebar, une station balnéaire juchée sur un promontoire rocheux qui surplombe la mer Noire et qui est la plus belle ville de la côte bulgare. Seconde étape, Varna, la plus grande station balnéaire du pays, où les zones piétonnes du centre-ville sont très agréables. Mettez ensuite le cap sur Shumen, où vous irez découvrir le cavalier de Madara (à 10 kilomètres de la ville, c’est un immense bas-relief du VIIIe siècle, classé au Patrimoine de l’UNESCO et il y a de superbes promenades à faire dans le parc où il se trouve!), puis sur Veliko Tarnovo, où vous passerez au moins deux nuits pour avoir le temps d’explorer la superbe vieille ville et d’aller découvrir les églises-musées et les monastères du village d’Arbanassi, situé à une dizaine de kilomètres. Dirigez-vous ensuite vers Koprivshtitsa, où la période la de «Renaissance nationale bulgare» (au XIXe siècle) est illustrée par les très belles maisons colorés, puis vers Sofia, où vous passerez au moins deux jours entiers. Avant de rentrer en Turquie par Edirne (l’ancienne Andrinople), faites un crochet par le monastère de Rila et Bansko, qui mérite une étape, car c’est la porte d’entrée du parc national de Pirin (classé au Patrimoine de l’UNESCO), et prévoyez une autre étape à Plovdiv, deuxième ville du pays. Une bonne partie de ce trajet (les régions de Veliko Tarnovo et de Bansko) s’effectue dans de très beaux paysages de montagnes. Quant à savoir si deux semaines suffisent pour bénéficier d’un bon aperçu de la Turquie, la réponse est «oui».
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