Nathalie Collard

Archive du 4 janvier 2012

Mercredi 4 janvier 2012 | Mise en ligne à 17h10 | Commenter Commentaires (39)

Qu’arrive-t-il à la relève journalistique de Radio-Canada?

L’an dernier,  le reporter Jean-Hugues Roy quittait Radio-Canada après une quinzaine d’années de bons et loyaux services. Il est aujourd’hui professeur de journalisme à l’UQAM.

Hier, mon collègue Richard Therrien nous apprenait (ici) six nouveaux départs de la salle de nouvelles de la grande tour de Radio-Canada. Deux départs à la retraite mais quatre pertes nettes: Michèle Lamarche, qui s’en va aux communications de Via Rail, Émilie Dubreuil, une très bonne journaliste qui a signé quelques reportages percutants sur la ville de Mascouche et qui écrira désormais dans les pages du Journal de Montréal; Jean-Philippe Cipriani, du module économie, qui s’en va chez Huffington Post où il sera chef des nouvelles et, finalement, Chu Anh Pham, qui se joint à la salle de rédaction de La Presse.

Ce n’est pas l’hécatombe mais c’est une hémorragie, une perte pour l’information radio-canadienne qui semble incapable de retenir certains de ses jeunes talents (dans la trentaine et la quarantaine, à Radio-Canada, on est encore considérés comme un jeune qui fait partie de la relève).

On m’explique en coulisses que c’est une des conséquences de la dernière négociation, il y a 10 ans. À l’époque, les journalistes s’étaient battus contre la précarité. Parmi les problèmes récurrents pour les non-permanents: la gestion des listes de rappel qui faisaient en sorte qu’un journaliste pouvait demeurer surnuméraire pendant 10 ans. Il y avait eu quelques gains mais tous n’avait pas été réglé. Résultat: ces départs qui ne peuvent que faire mal à Radio-Canada. Une boîte qui a investi dans la formation de journalistes durant plusieurs années ne peut pas ne pas se mordre les doigts de les voir partir chez des concurrents.

Cela dit, il y a un aspect réjouissant à cette nouvelle pour les journalistes et les aspirants journalistes: c’est de savoir qu’il y a encore de l’emploi dans le domaine et qu’il est toujours possible de bouger d’un média à l’autre, ce qui n’est pas évident dans un marché aussi petit que le nôtre.

Par contre, si j’étais patron de l’information à Radio-Canada, j’écrirais le mot RELÈVE au sommet de la liste des priorités.

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