Ça y est, LE Huffington Post (l’édition française) est sur les rails depuis hier.
Le nouveau site est une initiative commune du Huffington Post, du quotidien Le Monde ainsi que d’un de ses actionnaires. Il accueille plusieurs signatures prestigieuses parmi ses blogueurs: la grande reporter Anne Nivat et l’ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati sont du nombre.
Il faut le reconnaître, Arianna Huffington a le sens du punch. Non seulement attire-t-elle des blogueurs de renom mais en nommant Anne Sinclair directrice éditoriale du site (elle sera épaulée par un ancien du Figaro), elle a réussi à créer un «buzz» dans les milieux médiatique français ET américains.
Dans le New York Times (ici), on titre avec justesse que Mme Sinclair EST la nouvelle de ce lancement. Rappelons que Mme Sinclair a fait la manchette plusieurs fois en 2011 à cause des accusations à l’endroit de son mari, Dominique Strauss-Khan. Les Américains sont titillés et le texte du très sérieux New York Times se termine même par un commentaire sur le fait que Mme Sinclair ne portait pas son jonc de mariage à la conférence de presse.
De son côté, Mme Huffington explique le choix de Mme Sinclair en termes qu’on dirait tout droit sortis d’une émission d’Oprah Winfrey, parlant de donner une chance à l’ex-journaliste qui a connu une année horrible sur le plan personnel. Les Américains adorent ces histoires de seconde chance et de réinvention personnelle.
Aux questions des journalistes qui se demandaient comment LE Huffington Post allait traiter une histoire impliquant DSK, Mme Sinclair a répondu que toute nouvelle serait traitée de la même façon et qu’il n’y aurait pas de passe-droit pour une histoire impliquant son mari. Il est permis d’en douter…
De l’autre côté de l’Atlantique, on se familiarise avec les méthodes du Huffington Post. Le fait de ne pas rémunérer les blogueurs, une pratique qui a fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis et au Canada, fait sourciller le critique médias du journal Libération, Daniel Schneidermann (ici), qui écrit ceci: «Aux États-Unis, le système fonctionne. En France, ça grince. (…) Au nombre des réactions insolentes, celle-ci, par exemple : «Au moins, son mari payait ses prostituées», a réagi un twitteur.»
Pour l’instant, Le Huffington Post démarre avec une toute petite équipe de huit personnes. Il arrive aussi dans un contexte différent qu’aux États-Unis. En effet, la France est le pays où l’on trouve le plus de sites d’information uniquement web (ce qu’on appelle les pure players). Le Huffington Post aura donc de la compétition: Mediapart, Rue89, Slate. Saura-t-il tirer son épingle du jeu? Le site se décrit comme étant un média «ni de gauche ni de droite». Dans un pays où les médias sont très campés politiquement, à 100 jours de l’élection présidentielle, cette neutralité sera peut-être perçue comme une tare. À suivre.
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