Nathalie Collard

Nathalie Collard - Auteur
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    Nathalie Collard explore le monde des médias dans les pages de La Presse, sur son blogue et sur twitter.
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    Mercredi 21 décembre 2011 | Mise en ligne à 10h35 | Commenter Commentaires (33)

    Tout travail mérite salaire

    Je ne sais pas si Arianna Huffington est au courant de l’émoi causé chez nous par l’arrivée du Huffington Post Québec. Si elle l’était, elle répéterait sûrement les propos qu’elle a tenus plus tôt cette année: «je ne paie pas les blogueurs, je leur offre une visibilité en échange de leur opinion». Il faut savoir qu’aux États-Unis, les blogueurs de Huffington Post, dans les touts débuts de l’aventure du blogue, étaient des amis de Mme Huffington, des gens à forte visibilité (acteurs, politiciens, commentateurs professionnels) qui trouvaient cela bien amusant de publier un texte d’opinion sur le site de leur amie. Bloguer n’était pas leur gagne-pain mais bien un hobby en parallèle de leurs principales activités. Au fil des ans, des blogueurs professionnels se sont joints à l’aventure de Mme Huffington qui jouissait d’un capital de sympathie à cause de sa personnalité chaleureuse et attachante.

    Ces blogueurs ont déchanté lorsque cette dernière a vendu Huffington Post pour plus de 300 millions de dollars au géant America Online. Sur quoi se basait-on pour évaluer le Huffington Post à plusieurs centaines de millions de dollars? Eh bien sur la fréquentation du site! Et pourquoi fréquentait-on ce site? Pour lire les blogues et les textes, non? Les blogueurs (dont certaines ont intenté des poursuites) se sont sentis floués, avec raison. Leur travail n’était par rémunéré mais visiblement, il avait une forte valeur financière.


    Le Huffington Post débarque au Québec dans un contexte fort différent qu’aux États-Unis. Ici, les salaires des journalistes sont pas mal plus modestes que chez nos voisins du sud. Les salaires des journalistes-pigistes n’ont pas bougé depuis des années et rares sont les pigistes qui réussissent à gagner décemment leur vie. Il faut encore se battre pour faire reconnaître la valeur du travail de ceux et celles qui «produisent du contenu», pour reprendre l’expression populaire. Les journalistes de l’écrit savent mieux que quiconque à quel point leur travail est peu valorisé. Combien de fois recevons-nous des appels de recherchistes d’émissions de télévision ou de radio nous invitant à participer à une émission sans être payé. On s’attend à ce qu’on se déplace, à ce qu’on remplisse les ondes pendant 20, 30 ou 60 minutes sans être rémunéré, juste pour le plaisir de «passer à la télé ou à la radio». Oserait-on demander à son plombier ou à son garagiste de travailler bénévolement? Non. Mais on le fait tous les jours avec les «producteurs de contenu».


    Voilà pourquoi la participation de personnalités bien en vue comme Amir Khadir, Françoise David, Steven Guilbault ou Bernard Drainville, des gens identifiés à la gauche ET un ancien journaliste, soulève l’ire de la communauté journalistique. En acceptant de bloguer gratuitement, ils participent à la dévalorisation du travail d’écriture et de production de contenu pour lequel des associations comme l’AJIQ (Association des journalistes indépendants du Québec) se battent depuis des années.


    En acceptant de bloguer bénévolement, ils donnent raison à la logique de Mme Huffington: tes mots, ton opinion en échange d’une certaine visibilité. Ce faisant, ils oublient un principe primordial.

    Tout travail mérite salaire.


    • En principe oui mais le salaire ne se mesure pas qu’en argent. Pour des politiciens comme Khadir, David, Drainville, etc, le salaire c’est des votes et on va chercher des votes en faisant connaitre ses positions. Il y a des nuances à faire dans ce débat.

    • Rien à ajouter. Clair comme de l’eau de roche!

    • “Tout travail mérite salaire” est une opinion pour laquelle vous pouvez être payée. Cependant, je fournis gratuitement mon opinion qui en vaut pourtant tout autant, sinon davantage:

      “Le principe de l’offre et de la demande guide (aussi) le marché de l’opinion. Des millions de personnes sont disposées à fournir gratuitement leur opinion. Ce faisant, votre opinion et la mienne valent moins parce que parmi le lot des opinions gratuites, certaines se comparent avantageusement à la qualité des nôtres.”

      Le Huffington Post a ainsi raison de ne pas s’attendre à rémunérer les Québécois. L’exercice est essentiellement le même que les commentaires recueillis sur le site de votre employeur.

    • Je ne suis pas du tout d’accord avec votre point de vue. La visibilité que peut apporter à un blogueur ce type de site à contenu est très profitable pour les auteurs. Autant sur le plan du capital de sympathie que cela peut apporter (pour un politicien surtout!), grâce à un achalandage monstre, autant sur le plan des opportunités financières : un blogueur avec une moyenne d’un million de lecteur (au USA) unique par mois ouvre des portes inimaginables ailleurs… Les blogueurs “bénévoles” le savent trop bien ! Ils saisissent à pied joints l’opportunité qu’offre ce genre de vitrine pour ce mettre en avant-scène…

      Michaël Lachance

    • …@NC. Bien d’accord avec votre analyse mais j’ajouterais une autre variable à cette équation.

      Admettons que travailler gratis pour une entreprise milliardaire dans l’espoir de se tailler une place de choix à partir des miettes qui tombent de la table des «riches», mettons que ça fait un peu «biblique», genre la canaéenne dans Matthieu (15,21-28) ou Marc (7,24-30).

      Mais s’agissant de travailler «gratos» pour les riches, que dire des journalistes vedettes et autres personnalités qui nous invitent «à les suivre sur Twitter ou Facebook» sachant fort bien que si on veut interagir avec eux sur ces médias dits «sociaux», il faut s’inscrire, ce qui nous inclus d’office dans la base-clients de ces firmes.

      Et, comme le dit si bien la Commissaire à la protection de la vie privée, Jennifer Stoddart, dans le magazine «L’actualité», cela permet à de telles firmes d’amasser «une fortune colossale en exploitant les renseignements personnels de ses clients».

      Alors, puisqu’il faut s’inscrire pour avoir le droit d’écrire sur Twitter ou Facebook, je conclus que ces vedettes qui nous invitent à les y suivre font, de ce fait, du recrutement pour ces firmes. Le font-elles gratuitement? Et les réseaux comme la SRC, les journaux comme La Presse qui affichent sans retenue les logos de Twitter et Facebook, les font-ils tout aussi gratuitement? Alors, est-ce que Twitter et Facebook offrent la réciproque?

      Que cela soit ou non le cas, pourquoi ne pas aller plus loin et faire la pub du troquet où on va manger? Et du café où on va prendre l’espresso? Et pourquoi pas des placards cousus sur les vêtements, comme les pilotes de F-1? Le tout gratuitement, «oeuf corse»!

      Perso, à son grand étonnement, j’ai déjà demandé à un commerçant en vêtements combien il était prêt à me payer pour que je porte cette veste digne d’Elvis Gratton, affublée d’un gigantesque «TOMMY HILFIGER» dans le dos et qu’il voulait me vendre. Pour être bref, disons qu’il est resté avec sa veste.

      Tous ces blogueurs bénévoles qui espèrent aussi le pactole me font penser à ces poissons que j’ai déjà vus dans un meetings de recrutement d’une organisation pyramidale. C’est un ami qui m’avait invité à assister à ça, sous forme de petit déj, dans un grand hôtel du centre-ville.

      Bernés par les belles paroles du «conférencier» et ses histoires d’avion personnel, de voyages, de rencontres avec des célébrités, plein de petites gens s’embarquent dans l’affaire convaincus qu’un jour, après avoir assez vendu de produits de consommation courante, ils seront celui ou celle qui, à l’instar du fondateur du machin, se retrouveront millionnaires et sur l’estrade en train de donner la conférence et vendre la «réussite» à une centaine de «would be» ébaubis.

      Je n’ai pas de blogue personnel. Je n’ai pas la prétention de penser que mes modestes propos seraient assez intéressants pour attirer les masses et je n’ai aucun talent pour exploiter mes semblables en faisant du Huffington. Je ne suis ni sur «Touïtteur» ou «Fécebouke».

      Je me contente du blogue de Cyberpresse à doses quasi homéopathiques et cela me suffit largement. Et quand je prends connaissance de certains propos et que je lis les commentaires des titulaires de blogues concernant les lignes qui sont censurées pour toute espèce de cause, je me demande si, des fois, je ne suis pas en train de perdre mon temps.

      Et pendant ce temps, «quelque part aux États», c’est cette chère Madame Huffington «who is laughing her way to the bank».

      Sur ce, Madame Collard, je vous souhaite un joyeux Solstice. :-) :-) Et merci de votre avis, si toutefois vous en avez le temps et le goût.

    • Je suis très d’accord avec vous, et j’ajouterais que la même chose se produit avec les artistes: pourquoi les payer décemment, après tout c’est si plaisant de passer à la télé ou à la radio!

    • Pour être journaliste, il faut un BAC. Des études universitaires. Pour blogué, il faut pas grand chose. Je comprends le sentiment de ”menace” que beaucoup de journaliste vont ressentir avec l’arrivé de ce type de ”production de contenu”. Est-ce que c’est une forme de compétition ”cheap labor”? Je ne pense pas. Un bon journaliste va toujours se démarqué par la qualité de son travail. Il y aura toujours de la place pour de la qualité. Peut-être, pour un jeune de 18-20 ans, blogué c’est découvrir un nouveau monde de communication qui le poussera justement vers des études en journalisme?

    • Bien que souscrivant entièrement au travail rémunéré et, en tant que designer en communications visuelles, étant confronté régulièrement à diverses offres de concours ou « d’opportunités exceptionnelles d’exposure », je trouve que les quatre exemples présentés s’applique mal à celui de délinquance à ce sujet.

      Ces personnes sont en politique ou, du moins, dans un organisme d’idées. Leur travail demande la propagation des idées et valeurs de leur organisme respectif et ces blogs représentent une tribune inespérée. Quand au salaire, ils sont bien payés, mais par l’organisme dont ils sont membre et non par le publicateur du blog. Il est très important d’en faire la différence, surtout au moment de la lecture de leur billets.

      Certaines des ces personnes, néanmoins, sont responsables — par association — d’avoir joué le rôle « patronal » de cette pratique : Québec Solidaire a obtenu son logo suite à un concours, ayant donc fait travailler 99% des designers participant pour rien, et le Parti Québécois demande régulièrement des graphistes pour travailler gratuitement sur leur matériel.

      Le plus enrageant, c’est que c’est toujours plein de « professionnels » qui y participent.

    • L’autre jour, vous avez écrit des inepties comme: “dans la vraie vie, l’homme n’a pas à se battre pour faire sa place“… et vous avez été payée! Comme quoi la rémunération n’a rien à voir avec la qualité du contenu.

    • vous avez pas tort , les opinions et autres sont de la matière première pour les journaux , et la matière première ça se paie , à qui dois je faire parvenir la facture pour cette opinion ?

    • Je crois que ça remet un peu les journalistes/éditorialistes à leur place. Je trouve ça vraiment bien que ce ne soient pas seulement les quelques personnes désignées par MM Desmarais et Péladeau qui aient un porte-voix.

      Ça remet quand même les journalistes payés à leur place. Bien souvent, le travail des journalistes est réellement baclé: communiqué de presse copié aveuglément, citations non-vérifiées, raconter l’histoire du point de vue d’un seul témoin,etc… Vous savez, bien souvent, quand on est au courant du fond d’une histoire, on lit un article de journal et on se dit “C’est pas ça pantoute qui s’est passé!”. Les blogueurs en général ne devraient pas faire bien bien pire.

    • On voit que vous voyez le Blogue comme étant un boulot! Un boulot pénible en plus!

      Pour d’autres, un Blogue est de l’ego: regardez comment je suis beau et surtout intelligent.

      Pour d’autres, un Blogue est un moyen extraordinaire de vendre sa salade, de faire avancer SA cause.

      Je ne vois pas pourquoi un boss paierait pour ça. Surtout au Québec où les revenus des médias écrits en arrachent autant.

    • Tout-à-fait d’accord avec nagano (12h11). Je suis musicien, et j’allais dire que nous vivons la même chose dans notre champ de spécialité. Il est hyper-facile d’avoir de la musique “gratuitement”, au simple peser d’un piton… Oui, on paie pour “autre chose”, pour la fourniture de service internet, pour l’ordinateur, pour tout sauf “le contenu”. Les “marchands” ont réussi l’exploit de faire payer à l’acheteur 100% pour “le contenant”. Bravo!

    • Pour une entreprise non commerciale cela serait différent car elles ont besoin de bénévoles mais même là, il peut y avoir des conflits entre salariés et bénévoles.

      Outre l’exemple du Huffington Post. Pas besoin d’aller si loin, ici-même sur LaPresse.ca, le blogueur Éric Descarries nous a révélé qu’il n’était pas rémunéré. Je suis pour la liberté de contrat à chacun d’évaluer s’il se fait avoir ou non.

      http://blogues.cyberpresse.ca/monvolant/descarries/2011/09/08/kia-optima-et-journalisme-automobile/

      ” En ce qui a trait au fait que je ne sois pas payé pour ce blogue, laissez-moi vous expliquer. Au départ, je suis très satisfait que «cyberpresse» m’héberge à ce site Internet. J’y reçois toute l’attention que je souhaite et souvent, dans La Presse (Cahier de l’Auto), on suggère aux lecteurs de lire mon blogue… une publicité inattendue et gratuite! C’est le retour de l’ascenseur. Puis, vu que je n’ai pas d’annonceur, je suis libre d’écrire ce que je veux dans ce blogue. En d’autres mots, je ne suis pas prisonnier des annonceurs! Croiriez-vous que j’aurais autant d’intervenants aussi «intelligents» dans un blogue personnel? Je ne pense pas. Regardez-y à deux fois! Ce sont des gens bien informés et intelligents qui me répondent. Et je n’ai presque pas besoin de «censurer» ce qui s’écrit (à moins de vulgarité ou d’imbécillités, ce qui arrive très rarement). Par conséquent, j’y vis ma passion que je peux partager avec des gens intelligents et équilibrés…Comme on le dit dans les réclames…ça n’a pas de prix! ”

    • Juste salaire: notion introduite par les Pères de l’Église, au Moyen-Âge, pour souligner que la rémunération du travailleur doit tenir compte de ses besoins. (Dictionnaire Larousse), Et si les besoins de ces «travailleurs» blogeurs étaient justement un besoin de reconnaissance et de notoriété. Ces besoins ne sont-ils pas comblés par le HuffPost Québec? Je crois que oui malgré la réaction corporatiste des journalistes, bien compréhensible d’autre part étant donné les difficultés de plusieurs d’entre eux.

      L’expression des opinions personnelles dans l’espace public est en forte croissance en raison des nouvelles technologies. Les gens ne veulent plus simplement lire, ils veulent aussi donner leur opinion, ce qui devrait nous réjouir; l’idée que la majorité silencieuse puisse s’exprimer enfin n’est pas un drame, au contraire, c’est sain pour la démocratie.

      Un effort d’adaptation est nécessaire au milieu journalistique pour pouvoir survivre et s’il est un groupe de travailleurs qui devraient le savoir, c’est bien les journalistes qui ont vu les typographes disparaître les uns après les autres parce qu’ils ont refusé de s’adapter. Triste, mais c’est une réalité incontournable. Ce n’est certes pas en s’appuyant sur des stratégies de résistance qu’ils contribueront à améliorer leur sort. Ils risquent, ce faisant de devenir les prochains dinosaures. (Dinosaure: Personnalité considérable dans tel ou tel domaine (politique, littérature), mais quelque peu encroûtée). Dictionnaire Larousse

      Alain Michaud
      Pointe-aux-Trembles

    • @piedoq

      ; )

      Bullseye.

      Un message de 6 paragraphes n’en dirait pas plus long sur le sujet.

    • Pour ceux qui s’imaginent qu’un commentaire sur un blog et une entrée de blog vaut la même chose, il vous manque un élément: vous n’apportez aucun lectorat avec vos opinion. Si vous commentez ou si vous ne commentez pas, ça ne change absolument rien (à part montrer que le bloggueur est lu).

      Et c’est là toute la patente! HP Québec a approché un paquet de vedettes qui attirera son lot de lecteurs et rapportera tout plein de fric en à AOL en revenu publicitaire!.

      Si ton boss fait du fric avec toi et qu’il ne t’en donne pas, tu te faire bai*er. Et si t’acceptes, tu crées un précédent qui risque de devenir la norme ou une compagnie fait du cash mais pas ceux qui y contribuent.

      Donc m’sieurs piedoq, ne retenez pas votre souffle en attendant votre cheque!

    • J’ai beaucoup de respect pour votre opinion et je peux comprendre la frustration des journalistes et pigistes mais le déploiement d’Internet, des réseaux sociaux, etc. est en train de créer un nouveau monde régi par de nouvelles règles. Parlez-en au milieu culturel, particulièrement de la musique.
      L’opinion, sitôt exprimée, devient un bien public. Il y a très certainement un manque au plan de la reconnaissance – y incluant au plan monétaire – de celui qui émet cette opinion, surtout quand il en fait son métier. On peut le déplorer mais si ce n’est pas cette entreprise américaine qui profite de la situation c’en sera d’autres qui ne se gèneront pas davantage pour exploiter le filon. Ça ne fait que commencer et nul ne sait jusqu’oû ça nous mènera.
      Il ne sert à rien de regretter le temps passé, nous sommes devant le défi de redéfinir le rapport entre le producteur de “contenu” (je hais ce terme) et le consommateur.

    • Entièrement d’accord avec vous Madame Collard.
      Ceux (celles) qui veulent bénévolement apporter une contribution au débat de société sont les bienvenus.

      Mais bon sang ! Des gens doivent aussi gagner leur vie. Et si Amir ne pige pas ça… il perd un bon “boutte” de sa crédibilité à mes yeux, car j’ai voté pour lui.

    • LA GAUCHE-CAVIAR

      Ce matin, Michel David nous apprend que les textes d’Amir Khadir vont être payés par… les contribuables!!!

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/338944/sans-scrupules

      «L’attaché de presse de M. Khadir, Christian Dubois, a expliqué qu’il n’aurait pas le temps de produire du matériel original pour le Huffington Post. Il s’agira donc de textes ou de communiqués dont la rédaction aura été payée par l’Assemblée nationale, c’est-à-dire par les contribuables québécois.

      «On fait de la politique. Notre but, c’est que nos idées circulent», a fait valoir M. Dubois. Bref, la fin justifie les moyens, à Québec solidaire comme ailleurs. Très bien, mais il faudra désormais s’abstenir de donner des leçons d’éthique.

    • …@tokyo,22 décembre 2011,09h31:

      Et voilà! Comme disent les anglophones, «le chat sort du sac».

      Mais, entre vous et moi, se trouve-t-il encore des gens pour croire qu’un personnage public, que ce soit une vedette rock ou un politicien, a le temps de répondre «personnellement» à ses 8 888 amis «fécebouke» et inonder le marché de ses réflexions et de ses bons mots à la cadence d’une mitrailleuse?

      Idem pour les animateurs de «talk shows» de fin de soirée (Aux USA, bien sûr) dont la rémunération joue dans les dizaines de millions ont tous des brochettes de recherchistes, rédacteurs de blagues, concepteurs divers qui les font paraître si brillants alors que finalement, ce sont des comédiens qui rendent les textes écrits par d’autres. Je ne dis pas qu’ils sont de mauvais comédiens, au contraire. C’est juste qu’il faut cesser de leur prêter d’autres qualités que celles de comédiens.

      Quant à penser qu’avoir son propre blogue fera du premier venu une «veudette», il me semble que la réalité démontre amplement que cela n’est pas le cas et que pour une Huffington qui a su flairer et débusquer le pactole, il y a plein de «sans grade» qui besognent dans l’ombre attendant cet éclair dans le ciel qui leur donnera l’impression que c’est Dieu qui vient de les prendre en photo avec son flash. Mais le coup de tonnerre qui suit toujours l’éclair risque de provoquer un réveil brutal.

    • @patlemay

      “Pour ceux qui s’imaginent qu’un commentaire sur un blog et une entrée de blog vaut la même chose, il vous manque un élément: vous n’apportez aucun lectorat avec vos opinion. Si vous commentez ou si vous ne commentez pas, ça ne change absolument rien (à part montrer que le bloggueur est lu)”

      … Pourquoi vous dites ça ne donne rien “à part” montrer que le bloggeur est lu ? Une entrée de blogue n’est pas simplement un article, il est une amorce à une discussion ou à un débat. Le mot le dit : Une entrée. Une amorce. Un point de départ. L’intérêt d’un blogue ouvert aux interventions publiques -est- d’être commenté. Pas d’être lu. Sinon tu écris juste un article.

      Et je suis désolé, mais je lis les opinions des gens sur les blogues avec GRAND intérêts. Ces opinions des citoyens ordinaires comme moi m’apprennent beaucoup sur ma société et sur les idées parfois surprenantes qui circulent autour de moi. Des citoyens qui écrivent “à chaud” leurs opinions souvent toutes crues sans la BS des sophismes, des euphémismes et des nuances.

      Ceci est -extrêmement- intéressant, pour moi.

      Elles sont la raison pour laquelle je fréquente autant cyberpresse. A cause de leur nombre, de leur divergences et leur “non-correctness”. Car, pour seulement lire des articles, il y a souvent beaucoup mieux que cyberpresse. Mais ici au QC francophone, les blogues de cyberpresse sont de loin les plus fréquentés. C’est nettement une de ses plus grande force. Grâce à vous, grâce à moi, gràce à tous le monde ici.

      Est-ce qu’elles méritent un salaire ? Non. Bien sûr.

      Mais elles ne sont pas moins la raison de ma présence ici pour autant. Et c’est pas ça que cyberpresse monitor ? La fréquentation ? Pour calculer sa “cut” en affichage publicitaire ?

    • @piedoc

      Désolé. Je l’ai écris pareil mon message de 6 paragraphes, finalement. Pourtant, tu avais tout dis.

    • @Patlemay

      ”Pour ceux qui s’imaginent qu’un commentaire sur un blog et une entrée de blog vaut la même chose, il vous manque un élément: vous n’apportez aucun lectorat avec vos opinion. Si vous commentez ou si vous ne commentez pas, ça ne change absolument rien (à part montrer que le bloggueur est lu).”

      Je ne crois pas que les commentaires pris individuellement ont la même valeur que le texte du blogueur mais… Eux aussi, ils sont lus… Et on peut venir sur le blogue pour lire les commentaires surtout si on y revient plus d’une fois… Et il ne faut pas confondre le fait d’être lu et de susciter beaucoup de commentaires… Cela est bien différent. Foglia n’a pas besoin de blogue pour être beaucoup lu.

    • Winston Churchill a un conseil pour vous: “we make a living by what we get, we make a life by what we give.” De plus, pour plusieurs, mais manifestement pas vous, bloguer n’est pas un travail. Ils aiment bloguer.

    • snooze : « L’intérêt d’un blogue ouvert aux interventions publiques -est- d’être commenté. Pas d’être lu ».

      Ah bon ! À ce titre, on pourrait sûrement faire disparaître ceux qui alimentent les blogues — je parle de ceux qui pondent le texte et NON ceux qui le commentent — et les remplacer par des sondages.

      Sans Nathalie Collard, Richard Hétu, Vincent Marissal, Sophie Cousineau et autres, ces commentaires citoyens que vous chérissez tant ne seraient publiés nulle part ailleurs. À moins bien sûr que vous soyez du genre à fréquenter les blogues tenus par Ti-Coune dans son salon, qui ne possède aucune formation de journaliste, aucune expérience de terrain et n’a pratiquement aucun accès aux véritables sources d’information.

    • vous écrivez : “dans les touts débuts de l’aventure du blogue”. Je ne sais pas comment on peut avoir l’idée d’écrire “TOUTS” !!! Au masculin pluriel ça s’écrit “TOUS”. Pour autant il eut fallu écrire “les tout débuts” qui reste une expression critiquée puisque “tout” ici est assimilé à un adverbe et qu’un adverbe en plus d’être invariable ne peut modifier un nom. Mais du point de vue du sens cela ne fait pas de sens non plus, il ne peut y avoir plusieurs débuts (sauf l’expression “faire ses débuts”). Début est un nom qui s’emploie seul sans adjectif avec une valeur absolue. Bref il eut été préférable d’écrire “au début du blog” ou “au commencement du blogue”.

    • @lecteur_curieux

      Si les commentaires ont quelque valeur, c’est dû à l’article qui le précède, écrit par un journaliste *mandaté* par l’employeur. Cet article apporte un volume de lectorat rapportant de l’argent à cet employeur (dès ce moment, la discussion devrait être close, mais bon, plusieurs d’entre vous semblent à l’aise avec le concept de faire de l’argent sur le dos de quelqu’un d’autre). Le commentaires qui suivent ne font que souligner la valeur de l’article (en lectorat/intérêt porté) et, donc, du journaliste aux yeux de cet employeur.

      Les grands noms au sein des contributeurs *attirent le lectorat vers le journal*. Dans quel monde imbécile peut-on faire croire que a) ça n’a aucune valeur, b) que « l’exposure

    • » est pour le blogueur, alors que c’est tout le contraire.

      Ps. Désolé pour le message coupé, un cas de gros doigt sur iPad

    • @sergesouszero

      Vous avez raison.

      Et je n’ai jamais dit le contraire.

      La phrase “l’intérêt d’un blogue est d’être commenté, pas d’être lu” ne veut pas dire qu’on ne lit pas l’article qui lui sert d’entrée.

      Elle veut simplement dire qu’un blogue est un espace interractif qui permet d’ouvrir une discussion sur un sujet. Et c’est là son intérêt. A la différence d’un éditorial, par exemple, normalement plus attayé, dont l’intérêt est d’être lu (ex: Foglia).

      Vous me faites dire ce que je ne dis pas.

      “Sans Nathalie Collard, Richard Hétu, Vincent Marissal, Sophie Cousineau et autres, ces commentaires citoyens que vous chérissez tant ne seraient publiés nulle part ailleurs.”

      … Bon.

      Le rôle d’un responsable de blogue est d’être allumé, de susciter le questionnement, de présenter des sujets intéressants qui, prit dans leur ensemble, donnent une continuité, une couleur. Et plus le responsable interragit avec les gens, plus les gens interragissent (avec lui et entre eux).

      Rôle éducatif ? Non. Je dirais rôle de vulgarisateur et de communicateur.

      Mais, l’intérêt de ces blogues, ultimement, ce sont les commentaires des gens comme vous et moi. Pour le responsable du blogue, il pourra y voir une confirmation ou un infirmation de son hypothèse de départ (s’il en avait une, bien sûr) et il pourra, dans le temps, être à même de constater les changements dans l’opinion des gens sur un sujet précis et ainsi mieux connaitre la société québécoise que les autres car en contact quotidien avec ce qu’on pourrait appeler leur “inconscient collectif”.

      Le blogue est un médium formidable. A cause des commentaires.

    • Une question se pose. Le blogueur est-il un «producteur de contenu»? Ou un provocateur, un agitateur, quelqu’un qui a un message à passer, ou un exploitant de contenus produits par d’autres?

    • @snooze

      Le « responsable du blogue » (j’imagine que vous parlez des auteurs) doit être intéressant, de par ses sujets et ses propos, comme vous dites, pour attirer un lectorat. Ce n’est pas donné à tous. Hufftington va même chercher des gens connus pour attirer ce lectorat, avouant par le fait même que le nom « hufftington » n’est pas assez fort par lui-même pour attirer assez de gens pour être rentable.

      Faire des commentaires à la suite d’un billet n’a pas la même valeur que de les suciter, du moins pour un éditeur, qui est la personne dont on parle ici. Personne ne demande à qui que ce soit de faire un commentaire coûte que coûte—l’auteur, lui, a le devoir de générer le contenu. Si vous faites un commentaire, personne ne demande qu’il ne sucite un autre commentaire en retour—chose tacitement demandée à l’auteur. En fait, pour l’éditeur (Hufftington, dans ce cas), les commentateurs ne sont qu’une manifestation plus concrète que les audimetres pour représenter la matière première marchandée avec les annonceurs. Les auteurs ont la —job— de les suciter, pas nous. C’est là que réside la différence de valeur entre l’auteur du billet et celui d’un commentateur énoncé par @patlemay.

      Ps: le terme « entrée » provient du domaine informatique signifiant l’ajout de contenu dans une base de donnée et n’a rien à voir avec celle « d’entrée en matière » que vous semblez lui donner.

    • @Brousselaine

      Je suis largement en accord avec vous.

      La petite nuance que je fais est celle-ci et elle concerne spécifiquement la notion que vous avancez lorsque vous dites: “Faire des commentaires à la suite d’un billet n’a pas la même valeur que de les suciter (pour un éditeur)”.

      Prenez seulement l’entrée de Richard Therrien (ici sur cyberpresse) “Melissa François perd son poste à LCN”. 249 commentaires jusqu’à présent et ça continue. Ses moyennes son largement en deça habituellement (22,72, 19, …). Est-il devenu soudainement le blogueur magnétique qu’il faut connaître ? Non. Le sujet était très controversé et les gens avaient des fourmis dans les doigts.

      Lors de l’épisode Ruth Ellen Brosseau plus tôt cette année, au plus fort de la tempête, des entrées de blogue ici ont enregistrés des 300+ commentaires. Et je suis pas mal “safe” d’avancer qu’une entrée de blogue à ce moment n’ayant que seulement un titre : “Où est Ruth Ellen ?” thats it, même pas de corps de texte, aurait enregistré autant de commentaires.

      Bien que ces sujets explosifs soient l’exception plus que la règle, ils démontrent que le magnétisme, l’aura de communicateur du blogueur et sa “capacité de suciter les commentaires” n’a, finalement, que peu à y voir. Scandal sells. Le QI du blogueur est une variable parmis d’autres, même si importante.

      L’intérêt d’un blogue reste, pour moi, les commentaires, la cogitation, la tempète d’idées parfois contradictoires où le but n’est pas “d’avoir raison” mais juste d’être sincère et ouvert. C’est nouveau ce qui se passe. Ca fait juste quelques années que les gens participent à des débats sociaux en continue et on voit que ça change quelque chose.

      Merci et Bonne Année …

      (ps : pour la signification du terme “entrée” vous avez parfaitement raison. J’y ai pensé même en l’écrivant dans le permier message mais j’ai envoyé sans penser à l’effacer/modifier, j’ai oublié.)

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