Nathalie Collard

Archive du 10 août 2011

Mercredi 10 août 2011 | Mise en ligne à 11h07 | Commenter Commentaires (18)

Pour en finir avec Gordon Ramsay

“Soixante-quinze journalistes pour couvrir l’ouverture d’un restaurant de poulet? Vraiment?”

C’est ce que j’écrivais hier matin sur Twitter. Tout au long de la journée, j’ai eu des échanges avec quelques personnes dont la journaliste Lesley Chesterman de The Gazette qui me rappelait que Ramsay est un chef-vedette à la réputation mondiale et que sa venue était tout de même un événement.

Je sais très bien qui est Gordon Ramsay. Non seulement est-il un chef vedette à la barre de plusieurs émissions de télévision (Hell’s Kitchen, The F word, Kitchen Nightmares) mais il opère en outre plusieurs restaurants sur la planète dont deux très bons à Londres, Maze et Gordon Ramsay at Claridge’s. Sa venue à Montréal constitue effectivement un élément de nouvelle même si, sur le plan strictement affaires, il faut rappeler que Ramsay n’ouvre pas un resto cinq étoiles dans la métropole mais qu’il s’associe plutôt à une équipe québécoise pour revamper une ancienne rôtisserie. Je sais aussi que l’arrivée prochaine de Daniel Boulud, une autre très grosse pointure de la gastronomie mondiale, est une excellente nouvelle pour la métropole. Cela dit, j’attends encore le texte qui m’expliquera, chiffres à l’appui, que la scène gastronomique montréalaise connaît un essor ces temps-ci.

Mais revenons à l’aspect médias de la chose. Ce que je voulais surtout souligner, c’était l’importance démesurée accordée à la réouverture de la rôtisserie. Je sais, c’est l’été. Je sais aussi que la bulle des médias sociaux dans laquelle j’évolue peut parfois gonfler l’importance d’un événement alors que les gens qui ne consultent pas Twitter ni Facebook n’en entendront jamais parler. Dans le cas de Gordon Ramsay, cependant, l’opération relations publiques a pris des proportions démesurées. Cette campagne, amorcée plusieurs jours avant l’événement, est l’oeuvre de des blogueurs styles de vie, relationnistes, etc. qui pullulent dans les médias sociaux et dont les propos sont toujours un peu flous: s’agit-il d’informer les gens ou de ploguer des endroits et des lieux qui nous ont invités à le faire? La frontière est parfois bien mince, voire inexistante. J’ai déjà abordé la question il y a quelques mois  lors de l’ouverture d’un resto rue Van Horne, alors que plusieurs personnes tweetaient en direct du restaurant en question sans jamais spécifier qu’ils y étaient invités et qu’ils mangeaient sur le bras ce soir-là. Problème éthique selon moi.

Ce matin, j’ai bien aimé la précision de ma collègue Marie-Claude Lortie qui a pris la peine d’écrire à la fin de son texte qu’elle n’avait pas assisté au cocktail de lancement et qu’elle retournerait au restaurant un autre soir, qu’elle paierait son repas et qu’elle ferait une critique en bonne et due forme. Dans le contexte actuel, alors que de plus en plus de gens qui se considèrent journaliste mais gagnent leur vie en faisant de la plogue, ce sont malheureusement des nuances qu’il faut rappeler aux lecteurs.

Lire les commentaires (18)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  •  

    août 2011
    D L Ma Me J V S
    « juin   sept »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité