Du 5 au 7 avril, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) mène une consultation auprès de ses membres pour savoir s’ils sont en faveur de la reconnaissance d’un statut professionnel pour les journalistes au Québec.
La consultation se fait en ligne.
On ne connaît pas jusqu’ici le taux de participation à l’exercice mais voilà qu’une voix critique s’élève et ce, avant même la fin de la consultation.
Il s’agit de celle de Louis-Gilles Francoeur, journaliste au Devoir. M. Francoeur n’est pas d’accord avec la formulation de la question de la FPJQ qui s’attribue la tâche de reconnaître le titre de journaliste. M. Francoeur estime que cette responsabilité doit incomber au Conseil de presse, arbitre ultime en matière de déontologie, selon lui.
La lettre qu’il a rédigée circule chez les journalistes aujourd’hui.
Je la reproduis intégralement:
Mon cher Brian
Président
La fédération professionnelle
des journaliste du Québec
Mon cher président,
Je voudrais vous exprimer mon désaccord avec la formulation de la question soumise aux membres sur le statut professionnel de journaliste.
J’ai voté contre la proposition même si je suis d’accord avec le titre de professionnel,ce qui est, à mon avis, une nécessité désormais.
Le problème vient du fait que vous confiez la reconnaissance de ce titre à la fédération (FPJQ), ce qui devrait à mon sens relever plutôt du Conseil de presse, qui est l’arbitre ultime en matière de déontologie, pas la FPJQ qui va devenir une sorte de tribunal parallèle en cas de problème avec la production de certains pseudo-journalistes. Voilà pourquoi je vote contre la proposition même si sur le fond, je suis d’accord.
Il aurait été beaucoup plus approprié de demander 1) Si on est d’accord avec un titre professionnel et 2) si c’est la FPJQ ou le Conseil de presse qui doit émettre le titre de journaliste. Toute ambiguïté aurait été dissipée sur les deux aspects de ce dossier.
Je m’excuse de le dire aussi carrément, mais votre approche n’est pas conforme aux règles les plus élémentaires de la consultation. C’est un manque de respect et d’ouverture qui ne vous donnera pas l’heure juste sur ce que pensent les journalistes.
Louis-Gilles Francoeur
J’ai évidemment appelé le président de la FPJQ, Brian Myles, pour savoir ce qu’il en pensait. Il m’a répondu qu’à son avis, l’argument de son collègue «est fallacieux. Nous sommes transparents, nous avons passé l’automne à consulter et en général, les membres sont d’accord avec notre proposition qui consacre le principe d’auto-régulation. Pourquoi devrait-on abdiquer notre rôle traditionnel, ça fait 40 ans que nous émettons des cartes de presse. Et en plus, le Conseil de presse n’a jamais manifesté l’intérêt de gérer un titre professionnel.»
Bref, un différend fondamental oppose les deux collègues puisqu’en voulant impliquer le Conseil de presse, M. Francoeur reconnaît un certain droit de regard du public dans la définition de ce qu’est un journaliste. Pas certaine qu’il y ait beaucoup de collègues qui seront d’accord avec lui sur ce point mais bon, sait-on jamais. À suivre, donc.










tendrement
6 avril 2011
18h47
Je pense que cette responsabilité lourde de conséquence devrais être du ressort de Stephen Harper.
gl00001
6 avril 2011
20h28
Y’a personne qui sait mais ca devrait pas être vous!
lunedecristal
7 avril 2011
00h23
Je trouve qu’internet a du bon.
Des jeunes ou moins jeunes pourraient facilement prendre la place de journalistes qui ont faits leur temps et que je ne nommerai pas.
Faire la pluie et le beau temps n’est plus l’apanage de certains journalistes qui abusaient de leur statut de “Dieu”. Fort heureusement.
mephistau
7 avril 2011
00h31
Je ne comprends pas trop l’affaire.
Qu’est ce que ça ferait de plus une reconnaissance professionnelle?
De l’extérieur, ça me fait penser à une gang qui veut s’acheter des titres de noblesse.
noirod
7 avril 2011
08h49
Est ce que je me trompe ou ca semble plutot être un conflit de générations cette affaire là ?
On dirait que la FPJQ va se sentir protégée en disant moi je suis un professionnel pis pas toi! C est comme si personne n osait affronter de front la nouvelle réalité et qu elle tentait de se protéger …pour mieux regarder le train passer.
Il y a du non-dit dans cette tentative qui est malsaine. On a pas entendu la FPJQ trop trop lors de la mise sur pied de l agence QMI alors que cette derniere avait un agenda précis ni ne l entendons nous maintenant que mme Carbonneau
s est inclinée devant l omni puissant PKP hein ?
Qui s est insurgé devant la prolifération des feuilles de chou gratuites dans le métro ?
Qu est ce que ca va changer dans votre vie de vous auto proclamer professionnels ? Qu est ce qui vous protege face au train de la nouvelle technologie et la multiplication des sources que celui ci amene ?
Je ne prétends pas tout savoir ce qui rend mon commentaire un peu gratuit et facile mais je regarde cela aller et je sens que la réalité va vous frapper en pleine face un moment donné alors que l urgence de s adapter à la nouvelle réalité ne semble pas être une pré occupation pour la FPJQ.
Bien au contraire cette appellation semble pour la FPJQ nécéssaire afin de vous assurer un avenir doré . Quelle débarque vous allez prendre quand la réalité va frapper dans votre cour!
*Pourquoi devrait-on abdiquer notre rôle traditionnel, ça fait 40 ans que nous émettons des cartes de presse.*
Cet extrait de votre article démontre bien que la tradition semble plus importante que la réalité non? On est plus en 1970 ! Pourquoi donc la société québecoise s est elle arretée à cette époque et patauge depuis dans le confort de l indifférence ?
nononsenseguy
7 avril 2011
09h56
Une autre barrière, un autre petit “club” sélect. Combien de révélations sont venus dans le passé du travail de journalistes amateurs et citoyens qui trouvaient que quelque chose était pourri au royaume du Danemark pendant que leurs collègues “professionnels” avaient les deux pieds sur le bureau, gras et complaisants? Un titre professionnel est une triste farce, un autre moyen de protéger des incompétents qui avec chance ont réussi à se tailler une place dans un organe de presse reconnu. C’est pas assez faire partie de la FPJQ, y faut un autre “p’tit club” pour se gargariser et se frotter la bédaine entre nous afin de dire que nous sommes tellement bons?
mattgilles
7 avril 2011
19h23
Ça devrait être Pierre-Karl Péladeau
jacquesurlus
8 avril 2011
12h02
je ne vois vraiment pas ce qui permet à ce M. Myles de qualifier de “Fallacieux” l’argument de M. Francoeur et ainsi s’en prendre à son intégrité personnelle.
Je suis d’accord avec M. Francoeur la reconnaissance du titre proffesionel devrait être confié au conseil de presse, qui ne regroupe pas seulement des journalistes mais aussi des représentants du public, ainsi que des membres des entreprises de presse.