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    Nathalie Collard explore le monde des médias dans les pages de La Presse, sur son blogue et sur twitter.
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    Mercredi 26 janvier 2011 | Mise en ligne à 16h27 | Commenter Commentaires (13)

    Le rapport Payette et les journalistes

    Nathalie Collard

    Dominique Payette a présenté ce matin les conclusions des travaux du Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec (par souci de transparence, je vous précise que j’ai été interviewée, comme plusieurs de mes collègues, dans le cadre des travaux de ce groupe).

    Pour lire le rapport, c’est ici.

    Disons qu’il y a matière à réflexion dans ce document.

    On a beaucoup parlé, et c’est normal, de la proposition d’adopter une loi qui assurerait un statut de journaliste professionnel. Les auteurs du rapport y voient en quelque sorte une garantie de qualité. Pourquoi? Parce qu’un journaliste professionnel reconnu aurait adhéré à un code de déontologie (élaboré conjointement par le Conseil de presse du Québec et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec). En plus d’assurer un certain niveau de qualité, le titre (ou statut) contribuerait à rehausser l’image et la réputation des journalistes dans la population. «Je verrais très bien une émission d’affaires publiques ou un média faire sa publicité en disant que tous ses journalistes sont des journalistes professionnels». Un genre d’étiquette ISO 9002 pour entreprises de presse, en quelque sorte.

    Y a-t-il danger de créer deux classes de journalistes? Dominique Payette estime que non, que ces deux classes existent déjà, en fait. Il y a les journalistes qui pratiquent leur métier dans de bonnes conditions, et il y a les autres, à la merci des exigences des donneurs de contrats.

    Le statut accorderait aussi des avantages aux journalistes: leurs demandes d’accès à l’information seraient traitées en priorité et ils auraient droit à la protection de leurs sources.

    Je vous précise que la FPJQ, le Conseil de presse et l’AJIQ (Association des journalistes indépendants du Québec) se réjouissent du contenu du rapport Payette.

    Vision idéalisée de la situation? Est-ce qu’un crédit d’impôt de 40 % pèsera suffisamment lourd dans la balance pour que les entreprises de presse embauchent des journalistes professionnels? Sur quels critères se baser pour définir ledit statut (va-t-on encore se taper un débat à propos du statut de Jean-René Dufort?)?

    Le rapport Payette, qui contient 51 recommandations, ne se limite pas à cette question.

    Il se penche aussi sur la pauvreté de l’information en région, sur l’absence d’information inter-régionale (comment se fait-il, souligne-t-on, que les Gaspésiens ne savent pas ce qui se passe au Lac St-Jean?). On propose donc que le site internet de Télé-Québec devienne un carrefour de l’information régionale en mettant à contribution ses ressources actuelles à travers le Québec (ça me rappelle l’émission quotidienne animée par Isabelle Maréchal au milieu des années 1990. Pas un grand succès). On propose par le fait même que le budget de Télé-Québec revienne à ce qu’il était avant 1982.

    Enfin, le rapport insiste sur l’importance d’éduquer les jeunes aux médias, un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Les jeunes -enfants, adolescentes et jeunes adultes- baignent dans un univers médiatique depuis leur tendre enfance mais n’ont pas toujours en main tous les outils pour décoder et comprendre l’information qu’on leur présente. L’école est l’endroit rêvé pour bien les former à reconnaître ce qui constitue une information de qualité. Il faut entre autres leur montrer la différence entre un vrai journaliste et un acteur qui s’amuse à poser des questions dans la cadre d’une émission de télé-réalité. L’éducation aux médias n’est plus une compétence transversale depuis quelques années déjà.

    Bref, on pourrait décortiquer longtemps le contenu de ce rapport.

    Au cours des prochains jours, il y aura sans doute des réactions.

    La ministre St-Pierre, pour sa part, n’a pas encore réagi.

    Quant à la  FPJQ, elle se donne jusqu’à l’été pour consulter ses membres et voir s’ils peuvent arriver à élaborer les critères qui définiraient ce qu’est un journaliste. Si la Fédération échoue, le rapport Payette ira dormir sur une tablette.

    À la lecture de ces pages empreintes de la meilleure volonté du monde, une question persiste: l’information de qualité est-elle une valeur primordiale pour les Québécois? J’ai posé la question à Mme Payette. Elle m’a répondu ceci: «C’est certain que ce serait réjouissant de voir 60 000 personnes marcher devant l’Assemblée nationale pour défendre l’information de qualité comme ils l’ont fait pour avoir un amphithéâtre. Je crois que la qualité de notre citoyenneté est liée à celle de l’information qu’on nous propose. D’où l’importance d’en rehausser le niveau.»


    • Je n’ai pas lu et ne lirai probablement pas ce rapport, pas que je le pense inutile mais sans doute qu’il n’est pas à ma portée, question contenu, intérêt… jugement à priori bien sûr.
      Je suis partisan du professionnalisme des journalistes. Leur travail est essentiel. Mais il me semble que trop souvent ils ne nous rapportent qu’un côté de la médaille, le côté sensationnaliste. On a très peu, trop peu, de profondeur dans les reportages.
      Je suis aussi pour la protection des sources. C’est un incontournable. Mais à jamais devoir prouver leurs affirmations, les journalistes sont-ils toujours des gens qu’ils faut croire?
      Une proposition bien humble: pourquoi n’y aurait-il pas un genre de comité composé de gens absolument tenus au secret qui auraient (aurait si le sujet du verbe est comité) le droit de valider les sources invoquées par un journalistes? Naïveté de ma part?

    • Je propose l’abolition de Radio-Canada. La section française recoit plus de 400 millions de nos taxes

      Avez-vs idée ce qu’on pourrait faire comme télé avec 400 millions

      On pourrait dire à TVA, à partir de maintenant, équipez-vous en correspondants étrangers. On vous donne un million. Engagez-vous des pigistes partout dans le monde. Faites nous une demi-heure d’infos internationales chaque soir.

    • @peauline Sérieusement?
      @russ Je crois effectivement que c’est naïf. Les secrets ne font pas bons ménage avec les autorités. Allez lire le rapport, il n’est pas très convaincant, mais l’important c’est de retenir qu’il faut aider les journalistes à s’extirper des griffes des magnats de la presse.

    • J’ai survolé rapidement les conclusions, et le thème qui revient toujours est la nécessité pour l’état d’intervenir et de donner des privilèges aux journalistes reconnus. Aussi bien créer la Pravda québécoise rendu là. Je n’ai pas été surpris que ces conclusions venaient d’une ex-employée de Radio-Canada, fille de Lise Payette de sûrcroit.

    • @peauline: Je doute fortement qu’il faille couvrir le coût de quelques billets d’avion et d’un trépied de caméra pour mettre sur pied une division couvrant l’international. Encore faudrait-il que la direction de TVA soit intéressée par cette perspective, ce dont je doute.

    • Céline Galipeau a chiâlé pendant des années pour avoir le trône. Elle est en train de tuer le show! Une institution de Radio-Canada qui tire moins que le show du Gros Cave à V! Le Téléjournal est malade. Radio-Canada es malade

      Avez-vous vu la programmation de Radio-Canada hier par exemple?

      En après-midi: la reprise du Temps d’une paix!!
      De 5 à 6: deux quizz. Comme à TVA
      A 9 heures: le Grand Rire! Une émission pour Vtélé, pas pour une télé d’État

      http://www.radio-canada.ca/gh/televisiongenerale/ghHoraires.asp

      La programmation de Radio-Canada n’est pas à la hauteur d’une télé d’État
      Comme ils gaspillent notre argent, abolissons RC et recyclons les 400 millions dans la télé privée

      Avez-vs idée de ce qu’on pourrait faire comme info régionale avec 10 millions?

      Un million par région! On pourrait engager 10 journalistes à 50k par année!
      Avoir un camion avec satellite. Etc.

      Radio-Canada dilapide 400 millions par année. Céline et ses journalistes avec accent étranger n’arrivent pas à avoir la cote d’écoute du Gros cave!!
      Comme disait Caouette: faut mettre la hache dans Radio-Canada

    • C’est bien beau tout cela…
      Mais le statut de professionnel (la carotte) doit nécessairement être accompagné de possibles sanctions (le bâton), sinon, cela n’a simplement que pour effet de créer un groupe de professionnels avantagés (et là je ne parle pas seulement des journalistes vs. les autres journalistes, mais aussi des journalistes face aux autres professionnels, tels que les médecins, les avocats, les comptables, les traducteurs.) Qu’un journaliste obtienne le statut de professionnel, je n’ai rien contre… Dans la mesure où il peut perdre ce statut.

      Je n’ai pas lu le rapport. Je ne crois pas que je vais le lire non plus. Mais, à prime à bord, quelque chose me chicote. Le recours à des pigistes est une décision d’entreprise. Le nouvel “organisme” aurait-il pour effet de “stigmatiser” davantage les entreprises ayant recours aux pigistes?

    • Qui dit subvention dit contrôle. Le Système sent le tapis lui glisser sous les pieds. On veut stopper la perte de crédibilité de la classe politique grâce au contrôle de la presse.

    • @Peauline

      Je ne crois pas que vous compreniez parfaitement quels sont les coûts impliqués pour produire une émission.

      Prenez une bonne série de Radio-Canada, disons, minuit le soir (vous connaissez?)
      Cette série, à mon avis la meilleure faite au Québec, a coûté entre 800 000 et 1 millions a réaliser… par heure de diffusion!
      Disons que Radio-Canada produit 4-5 séries par année, ça fait déja environ 50 millions$
      Sans compter les journalistes à l’international, les quiz, les talk-shows et j’en passe.
      Il faut aussi payer le bâtiment, les employés, etc.

      TVA aussi a beaucoup de dépenses, mais jouit d’environ du double de retombées de vente de publicité, car elle a environ 2 fois plus d’auditeurs que Radio-Canada (les pubs coutent plus cher).
      Elle a aussi des redevance provenant des cablos-distributeurs, et aussi de Vidéotron, par manipulation comptable si jamais c’est nécessaire.

      Aussi, les téléréalités et des émissions comme le Banquier attire une foule de monde, mais ne coûte pas trop cher à réaliser (en tout cas, surement pas 1 million par heure).
      TVA étant une entreprise privée et capitaliste, redonne ses profits aux actionnaires. Ce que Radio-Canada ne fait pas: elle réinvestit l’argent provenant de la pub dans ses émissions.

      Donc, il y a bien sûr des moment ou la programmation n’est pas géniale, ni a TVA, ni à Radio-Canada. La raison est simple: il s’agit de temps morts ou les gens écoutent moins la télé, comme en après-midi, tard le soir, ou en été. Dans ce cas, TVA et RC préfèrent placer des émissions peu coûteuses our conserver suffisamment de fonds pour produire des émissions de meilleure qualité ou à plus grand impact.

      Pour ce qui est des nouvelles régionales, je ne vous apprendrez rien en vous disant que tout le monde se fout de se qui se passe dans la cour des autres… même les nouvelles internationales sont rares chez les télédiffuseurs français. Ça doit être dû à notre tendance nombriliste…

    • @kainfury

      Vous semblez oublier qu’on vend de la Pub à la télé!

      Le 400 millions qu’on dégagerait en abolissant Radio-Canada seraient recyclés dans le privé à partir de certains critères de qualité et de cotes d’écoute

      Les émissions d’information pourraient être subventionnées à la hauteur de 75% alors que les séries le serait à 25%. Quant aux quizz, on passerait notre tour.

      Ce que je voulais souligner c’est qu’on met le gros notre fric sur Radio-Canada qui ne produit vraiment pas une programmation à la hauteur de la subvention.

      Avez-vous déjà regardé le nombre de recherchistes et de réalisateurs qu’ils ont dans une émission radio comme Charette ou Maisonneuve?
      Sont 10 ou 12, pour fait un show que le privé fait avec 3 personnes!

      Pour ce qui est du régional, les nouvelles ont une importance bien relative. Cependant il se passe des choses dans les régions qui ont un impact national. C’est très mal couvert (pensons à toute l’histoire des gaz de schiste ou encore des revendications des Indiens)

    • Je ne peux pas croire que la gauche de luxe Québecoise en soit rendu-là. Les journalistes patentés qui vont nous informer…..sur ce qu’il faut savoir!?!? Et si nous préferons les autres, ils vont faire quoi? Nous empecher en verrouillant internet!?!?
      Évidemment, mme payette n’a pas pensé de cette maniere sa réforme, je n’en doute meme pas…vraiment.
      Dans la france de la collaboration avec les nazis, les journalistes étaient patentés et profitaient d’augmentation de salaire (les seuls citoyens français de cette époque).

    • @peauline

      Radio-Canada fait de la bonne télévision.

      Lâchez nous les basquets avec votre propagande drettiste de bas étage,

      Jean Émard

    • @kainfury 20h25

      Très bonne mise au point.

      Merci.

      Jean Émard

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