Nathalie Collard

Archive, septembre 2010

Jeudi 30 septembre 2010 | Mise en ligne à 11h45 | Commenter Commentaires (10)

Facebook, le film

Nathalie Collard

C’est demain que sort le film The Social Network (Le réseau social en français. Quel titre moche!) sur les écrans montréalais.

Je laisse le soin à mes collègues critiques de vous parler des qualités cinématographiques du film de David Fincher. Marc Cassivi en parle ici aujourd’hui et Marc-André Lussier en fera la critique prochainement.

Pour ma part, c’est l’aspect “média social” qui m’intéressait. Avec son demi-milliard de comptes, Facebook est un véritable phénomène. Il s’appuie sur une idée simple mais géniale: échanger et communiquer avec des gens un peu partout à travers le monde, peu importe leur pays d’origine, leurs revenus ou leur classe sociale.  À ce titre, il est intéressant de découvrir que l’idée de Facebook est née dans un univers très codifié où les classes sociales étaient rigides, voire infranchissables. D’un côté, deux jeunes étudiants de Harvard, sportifs accomplis, membres des clubs qui comptent, qui ont l’idée de créer un club tout aussi sélect sur internet et de l’autre, un jeune génie qui n’est pas issu d’une grande famille. Mark Zuckerberg rêvait de faire partie de ce système mais en bout de ligne, il décidera finalement de l’anéantir.

L’autre facette du film qui m’a intéressée, c’est la métaphore “vieux médias” VS “nouveaux médias”. Deux mondes s’affrontent: d’un côté, la côte Est et ses grandes familles et de l’autre, la côte Ouest et ses “self-made men”, ces entrepreneurs des nouvelles technologies qui bâtissent des fortunes avec leurs idées et non leur pedigree. Poussons plus loin et on comprend qu’il y a dans le scénario de Sorkin une seconde métaphore, celle des nouveaux médias (blogues, Twitter, Facebook, etc) venus déstabiliser les institutions que sont les grands journaux comme New York Times, Wall Street Journal, ABC et NBC.

Bref, il y a dans ce film matière à réflexion et à discussion, comme j’ai pu le constater ce matin chez Christiane Charette où j’ai échangé sur le film avec Simon Jodoin, directeurs du développement nouveaux médias chez Voir, entre autres. (Si vous voulez écouter ce segment de l’émission, c’est ici).

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Lundi 27 septembre 2010 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (13)

La révolution Twitter selon Gladwell

Nathalie Collard

J’aime Malcolm Gladwell parce qu’il arrive toujours avec des sujets originaux et des points de vue peu convenus.

Le voilà qui récidive cette semaine dans le New Yorker avec un essai consacré aux médias sociaux (est-ce annonciateur du sujet de son prochain livre?). Sa thèse: les médias sociaux ne seraient pas le formidable outil tant annoncé du nouveau  militantisme (ici).

Son point de vue fait écho à ce texte dont je vous parlais en juin (2e item)  paru dans la revue Foreign Policy, et dans lequel on affirmait que Twitter n’avait pas joué le rôle crucial qu’on lui avait attribué lors de la révolution iranienne, que le bouche à oreille avait été l’instrument de cette révolution menée par les jeunes.

Gladwell confirme cette thèse. Entrevues à l’appui, il explique que lorsqu’on étudie les actions des groupes militants, on constate que les participants sont des gens très motivés et impliqués. Or ce degré d’implication et de motivation serait incompatible avec les médias sociaux puisque ces derniers, toujours selon Gladwell, s’appuient sur des liens fragiles (nous connaissons peu ou pas les gens que nous y côtoyons).

Les médias sociaux sont donc merveilleux pour l’échange d’idées et de conseils, note un sociologue interviewé par Gladwell, mais cela ne conduit pas les individus à s’engager activement et fermement dans une cause impliquant du temps et des risques.

Gladwell mentionne également un récent livre (que j’ai bien l’intention de lire): The Dragon Fly Effect: Quick, Effective, and Powerful Ways to Use Social Media to Drive Social Change.”

Les auteurs de cet essai paru il y a deux semaines  ont voulu démontrer que lorsqu’on demande peu aux gens (une bonne adresse, un référence, un petit service, etc), les médias sociaux s’avèrent très efficaces. Par contre, s’il s’agit d’une demande qui implique de consacrer plusieurs heures de sa vie,  risquer sa sécurité ou s’engager dans une cause qui ne vous attirera pas immédiatement les félicitations et la reconnaissance de votre entourage, les médias sociaux deviennent pas mal moins utiles.

Ce qui fait dire à Malcolm Gladwell que les médias sociaux permettent peut-être aux militants de s’exprimer davantage, mais que l’impact de leur message est diminué. En d’autres mots, les médias sociaux ne nuisent absolument pas au statu quo, ils le maintiennent.

Qu’en pensez-vous?

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Jeudi 23 septembre 2010 | Mise en ligne à 11h36 | Commenter Commentaires (20)

Un autre regard sur la crise d’octobre

Nathalie Collard

J’avais trois ans durant les événements d’octobre.  Tout ce que je connais de cette période tumultueuse, je l’ai appris de mes parent mais surtout, des nombreux reportages, documentaires, émissions spéciales diffusés sur le sujet.

Sans compter les films qui sont revenus sur cette période mouvementée de l’histoire du Québec. J’avais beaucoup aimé Octobre, de Pierre Falardeau. Et j’ai dû voir Les Ordres, de Michel Brault, une demi-douzaine de fois.

À chaque nouveau reportage, j’en apprends davantage, je découvre une nouvelle facette de ce que plusieurs qualifient de “l’équivalent pour le Québec de l’assassinat de John F. Kennedy pour les Américains.”

Ce matin dans La Presse, je vous parle des deux éditions spéciales de l’émission Tout le monde en parlait (je vous avertis, la page de l’émission aurait besoin d’être mise à jour)  animées par le journaliste Guy Gendron, sur les ondes de Radio-Canada. Deux heures captivantes durant lesquelles on rencontre plusieurs acteurs des événements raconter leur point de vue. Il faut entendre le directeur des renseignements de la section antiterroriste du Service de police de Montréal, Julien Giguère, blâmer les journalistes ou encore, justifier l’arrestation de Pauline Julien. Impayable. Ou encore, l’ex-felquiste Jacques Lanctôt décrire son père, compagnon de route d’Adrien Arcand, comme un être raciste qui avait épousé les idées nazies et qui niait l’Holocauste. Lanctôt s’est libéré de son joug autour de l’âge de 17 ans.

Ces deux heures de télévision sont riches en contenu. Radio-Canada présentera aussi une émission d’une heure conçue par l’ex-lecteur de nouvelles Bernard Derome. RDI présentera également des émissions consacrées. Et la première chaîne diffusera une série radio de deux heures réalisée par la journaliste Lynda Baril qui présente le point de vue des enfants des principaux acteurs de la crise d’octobre, dont le fils du ministre Pierre Laporte, assassiné par le FLQ (je l’écoute en fin de semaine et je vous en reparle plus longuement sous peu). Il y a aussi du contenu web que vous trouverez ici.

“Food for thoughts”, comme disent les gens d’Ottawa…

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