Nathalie Collard

Archive du 7 avril 2010

Mercredi 7 avril 2010 | Mise en ligne à 13h44 | Commenter Commentaires (27)

Lise Bissonnette et les gazouillis

Nathalie Collard

Ce ne sera sans doute pas une surprise pour personne dans le milieu journalistique, l’ex-directrice du Devoir trouve que Twitter et Facebook sont une perte de temps pour les journalistes, en particulier dans le domaine politique.

Lise Bissonnette a tenu ces propos hier, dans le cadre de la Huitième journée du livre politique. Le journaliste Antoine Robitaille rapporte ses propos ici.

Un extrait:

“Les reporters se dispersent «sur de multiples plateformes»: participation à des émissions de radio et de télé, ou alors entretien d’une «page Facebook», d’une «ligne Twitter», quand ils ne rédigent pas des blogues! Elle doute que cette «frénésie d’hyperactivité Web» contribue à faire progresser le journalisme politique.”

L’utilisation des médias sociaux comme outils de travail est sujet de débats dans la plupart des salles de rédaction. En septembre dernier, le Washington Post a émis des lignes directrices après qu’un de ses journalistes ait donné son opinion sur Twitter.

Facebook et Twitter sont-ils des outils d’auto-promotion (les journalistes s’adressent à leurs lecteurs et mettent leurs écrits en ligne), de communication (une façon plus directe d’échanger avec les lecteurs) ou de travail (on échange des liens, des articles de journaux sur des sujets donnés, des ressources)? Y a-t-il un danger que les journalistes dérapent, que leurs écrits dépassent leur pensée, que leur objectivité soit remise en question? Voilà des questions essentielles à se poser, davantage que de se demander si c’est une perte de temps.

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Mercredi 7 avril 2010 | Mise en ligne à 11h17 | Commenter Commentaires (11)

La libraire Monet et les fausses informations (AJOUT)

Nathalie Collard

Il y a quelques jours, le 31 mars pour être plus exact, la Librairie Monet publiait sur son blogue un texte dans lequel on expliquait que le gouvernement Harper s’apprêtait à mettre sur pied un organisme qui allait certifier la conformité aux valeurs familiales des lieux de diffusion culturelles comme les cinémas, les clubs vidéo, les bibliothèques et les libraries.

On pouvait même y lire une citation du premier ministre Harper qui déclarait que son gouvernement avait la responsabilité de faire en sorte que l’État n’encourage pas la diffusion de certains types d’oeuvres.

La nouvelle était tout à fait crédible puisque deux jours plus tôt, dans La Presse, mes collègues faisaient état des liens du gouvernement Harper avec l’organisme ultra-conservateur Canada family Action Coalition (CFAC).

Ce groupe évangéliste est reconnu pour ses positions anti-homosexuels. Récemment, il a fait des pressions pour que cesse, entre autres, le financement public du défilé de la fierté gaie, à Toronto.

La nouvelle était d’autant plus crédible que, par le passé, les librairies gaies et lesbiennes canadiennes ont souvent été victimes de censure par le gouvernement conservateur. Personnellement, j’ai déjà traité de cette question dans l’essai Interdit aux femmes (Boréal) écrit en collaboration avec la journaliste Pascale Navarro.

La librairie Monet est-elle allée trop loin en publiant ce blogue et en le diffusant sur Twitter où il circulait encore hier soir (je l’ai moi-même retwitté)? Une libraire indépendante ne devrait-elle pas être plus soucieuse de sa crédibilité?

Cette mauvaise blague relance le débat sur la crédibilité des sources dans la blogosphère et sur Twitter. Le week-end dernier, le New York Times nous parlait justement du site snopes.com. Tenu par un couple de maniaques, il vise à débusquer les fausses informations et les légendes urbaines sur le Net (le texte est ici). Dans le cas de sources comme Librairie Monet, qui me semblait sûre à cause de la renommée de la librairie,  j’avoue que je je n’avais pas tendance à me méfier. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

AJOUT un texte publié le 1er avril, toujours sur le même blogue, mentionnait qu’il s’agissait d’un poisson d’avril. Pour ceux qui avaient lu le texte le 31 mars, il était trop tard, le mal était fait.

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