Nathalie Collard

Lundi 2 juillet 2012 | Mise en ligne à 13h35 | Commenter Commentaires (11)

Les femmes peuvent-elle tout concilier? Le débat continue

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Je ne sais pas si Anne-Marie Slaughter se doutait du débat qu’elle provoquerait avec son texte dans The Atlantic mais chose certaine, ça ne dérougit pas depuis la publication de Why Women Still Can’t Have It All, un texte très personnel dans lequel cette ancienne collaboratrice d’Hillary Clinton aborde la délicate question de la conciliation travail-famille (notons que la situation de Mme Slaughter est particulière. Elle occupait un poste de très haut niveau, dans un pays où les services de garde et les congés de maternité sont à peu près inexistants).

Je ne compte plus le nombre de chroniques, commentaires et lignes ouvertes depuis la parution de cet texte qui a suscité une discussion passionnante des deux côtés de la frontière (en effet, de nombreuses journalistes canadiennes-anglaises, dont Margaret Wente que vous pouvez lire ici, ont commenté le texte de Mme Slaughter).

J’ai moi-même modestement contribué au débat en interviewant quelques Québécoises bien en vue afin qu’elles commentent le texte de Mme Slaughter (j’aurais pu écrire trois fois plus long tellement les observations de ces femmes étaient stimulantes). Vous pouvez lire mon texte ici.

Enfin, Mme Slaughter en rajoute aujourd’hui et partage avec nous ses réflexions sur le débat qui fait rage depuis la publication de son texte. Elle conclut, entre autres, qu’elle n’utilisera plus jamais l’expression «have it all». Une réflexion super intéressante à lire ici.

Le débat entourant la conciliation travail-famille me fascine depuis des années et malgré les avancées des femmes, il demeure on ne peut plus d’actualité. Il évolue en fait et se transforme en débat sur la qualité de vie et l’équilibre personnel, des questions auxquelles de plus en plus d’hommes réfléchissent eux aussi. Une réflexion importante qu’il faut poursuivre.

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Lundi 25 juin 2012 | Mise en ligne à 16h55 | Commenter Commentaires (4)

The Newsroom: macho et quelques années en retard

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J’avais très hâte de voir The Newsroom, la nouvelle série de HBO écrite par Aaron Sorkin, celui qui nous a donné l’inoubliable West Wing ainsi que plusieurs films dont Social Network (Sorkin travaille présentement à l’écriture du scénario d’un film sur Steve Jobs).

Il faut être abonné à HBO pour visionner cette série sur les coulisses d’une chaîne de nouvelles câblée mais on peut voir le premier épisode (diffusé ce week-end aux États-Unis) gratuitement sur le site (ici).

Si vous avez déjà fréquenté l’oeuvre de Sorkin, vous savez que c’est un idéaliste (son président américain, Josiah Bartlet, était plus que parfait dans The West Wing).

Dans The Newsroom, son idéal masculin est incarné par un lecteur de nouvelles extra-lucide et désabusé (Will McAvoy, incarné par Jeff Daniels) qui décide de dire «les vraies affaires». La scène d’ouverture se déroule dans l’auditorium d’un département de journalisme. Le lecteur de nouvelles, à l’air affable et sympathique, laisse tomber la langue de bois et se lance dans une diatribe sur l’état de la société américaine (si vous avez déjà vu l’excellent film Network, vous reconnaîtrez avec moi que Sorkin n’a rien inventé).

Le ton est donné. Dans ce premier épisode, il y aura un branle-bas de combat au sein de l’équipe de McAvoy, équipe qui sera remplacée par un groupe de jeunes idéalistes-pas-encore-cyniques dont l’idéal est, à eux aussi, de réinventer la façon dont on parle de l’actualité à la télévision.

Pourquoi ai-je intitulé ce blogue «macho et quelques années en retard»?

Parce qu’en visionnant le premier épisode de The Newsroom, j’ai eu l’impression de regarder une série écrite et tournée dans les années 1990, à l’époque de Scoop. Un peu plus et un des personnages criait «On tue la une»!

Non seulement le scénario de The Newsroom est on ne peut plus classique (histoire d’amour sur fonds de crise professionnelle) mais il est construit de façon hyper-prévisible (avec la finale qui tient davantage du soap que de la série dramatique). Mais surtout, The Newsroom décrit une salle de nouvelles qui n’a pas grand chose à voir avec les salles de nouvelles d’aujourd’hui. Comme si le point de vue de l’auteur était celui de Walter Cronkite (non, j’exagère, disons Bernard Derome) plutôt que celui de Anderson Cooper. À l’exception d’une allusion, les réseaux sociaux ne semblent pas exister. On parle d’un blogue comme s’il s’agissait d’une nouveauté. Côté manque de réalisme, on improvise le bulletin de nouvelles quelques secondes avant d’aller en ondes et les sources anonymes se bousculent au téléphone pour donner leur version des faits. Ce n’est plus de la fiction, c’est de la science-fiction. Il faut dire que rares sont les émissions qui arrivent à bien dépeindre le travail des journalistes, sans doute parce qu’au quotidien, d’heure en heure, il n’y a rien de bien excitant à montrer.

Mais ce qui m’a le plus irrité dans ce premier épisode c’est la misogynie même pas dissimulée. Il n’y a que deux personnages de femmes (à l’exception d’une serveuse dans un restaurant) dans toute cette première heure: une assistante blonde et empotée, nounoune sur les bords (qui se révélera sans doute incroyable au cours des prochains épisodes mais je ne suis pas certaine que je serai encore là pour le voir) et la nouvelle productrice du bulletin de nouvelles qui semble un peu tête folle, qui a des remarques aussi profondes que «allons faire du shopping!» alors qu’elle est supposée être une ex-correspondante de guerre. Bien sûr, elle est aussi l’ancienne flamme du lecteur de nouvelles et il y a trois couches de sous-entendus et de chicanes non-réglées entre les deux. Soupir…

Vous aurez compris que je ne suis pas emballée. Je ne suis pas la seule. Voici quelques critique publiées au cours des dernières heures:

Sur le site de NPR (ici)

The New York Observer (ici)

The Guardian (ici)

Vous en trouverez d’autres ici. Il parait que Dan Rather aime ça. Pourquoi ne suis-je pas surprise?

Et pour terminer, une entrevue que Aaron Sorkin a accordé à une journaliste du Globe and Mail (ici). En lisant ce texte, on comprend pourquoi The Newsroom est si macho.

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Lundi 11 juin 2012 | Mise en ligne à 9h45 | Commenter Aucun commentaire

Les 40 ans du Watergate

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Ce matin, je souligne les 40 ans du Watergate (ici),  l’enquête journalistique devenue mythique, surtout chez les journalistes.

Personnellement, j’ai lu le livre All the President’s Men trois fois et j’ai vu le film six fois. Sans compter tous les autres articles et dossiers que j’ai dévorés au fil des ans.

En avril dernier, on apprenait que l’acteur Robert Redford, qui a interprété Bob Woodward dans le film, va tourner un documentaire sur le Watergate.

Redford s’était impliqué personnellement dans l’aventure de All the President’s Men. Pour en savoir plus sur le rôle qu’a joué l’acteur, je vous invite à lire ce texte fascinant paru dans Vanity Fair l’an dernier (ici).

Je donne la référence dans mon texte, mais je vous la redonne ici, la section du Washington Post consacrée au Watergate (ici). Pleind e bonnes choses à lire!

Bonne lecture!

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