Nathalie Collard

Lundi 14 mai 2012 | Mise en ligne à 13h11 | Commenter Commentaires (30)

C’est la faute aux médias?

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Mes collègues reviennent du Palais de Justice où a lieu une manifestation étudiante en appui aux quatre jeunes accusés d’avoir posé des bombes fumigènes dans le métro la semaine dernière.

Ils racontent que les journalistes se sont fait brasser par les manifestants. Le mot d’ordre chez les grévistes étudiants: ne pas répondre aux questions des représentants des médias qui étaient sur place.

À chaque fois qu’une caméra voulait prendre des images, on recouvrait la lentille d’un manteau ou d’un bout de tissu. On faisait également beaucoup de bruit pour que tout reportage audio soit impossible.

On a même intimé aux journalistes de quitter l’endroit.

Bref, on tire sur le messager.

Or comme le dit justement le président de la FPJQ, Brian Myles, sur Twitter:

«La liberté de presse est bafouée. Suggestion de la FPJQ: si vous ne voulez pas être filmés, restez dans votre salon!»

Toujours sur Twitter, Myles ajoute: «La violence et l’intimidation, c’est l’arme des faibles. La FPJQ dénonce cette attitude digne des régimes répressifs.»
Il conclut: «Les manifestants qui empêchent les médias de faire leur travail ont une piètre conception de la vie en société démocratique.»
Voilà un triste dérapage. S’attaquer aux journalistes sur le terrain qui font leur travail ne donne strictement rien. Si les étudiants sont insatisfaits des propos de certains chroniqueurs ou éditorialistes, il existe une façon de leur répondre: par la plume, c’est-à-dire avec des idées, des arguments, des positions claires.
Empêcher le travail des journalistes n’aidera en rien la «cause étudiante».

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Jeudi 10 mai 2012 | Mise en ligne à 17h02 | Commenter Commentaires (3)

Le Globe and Mail ne sera plus gratuit en ligne

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Le Globe and Mail vient d’annoncer qu’il instaure un système d’abonnement payant (paywall) semblable à celui du New York Times.

À compter de l’automne prochain, au-delà d’un certain nombre d’articles qui n’a pas encore été déterminé, il faudra débourser pour avoir accès au contenu en ligne du quotidien de Toronto. (lire l’article du Globe à ce sujet ici).

Cette décision s’inscrit dans une tendance observée chez plusieurs quotidiens en Amérique du Nord (le Globe avait d’ailleurs publié une liste des expériences d’abonnements payants plus tôt cette année ici).

Le plus inquiétant cela dit est la demande de la direction du Globe and Mail à ses employés: en effet, le journal encourage les journalistes à prendre des vacances sans solde durant l’été, question de diminuer les coûts reliés à la production du journal. La présidente du syndicat dit espérer que cette mesure temporaire permettra de traverser une période plus difficile sans pertes d’emploi permanentes.

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Mercredi 2 mai 2012 | Mise en ligne à 17h46 | Commenter Commentaires (8)

Rogers débranche Branchez-Vous!

C’était en 1995. Patrick Pierra, un des patrons d’Infopresse, un visionnaire, lançait Branchez-Vous!, le premier portail web québécois.

Je n’ai jamais été une fidèle lectrice de ce site où on retrouvait un peu de tout (manchettes de la journée,  nouvelles culturelles et artistiques, sports, etc. ) mais il faut reconnaître qu’il a été le premier du genre et qu’il a ouvert la voie aux autres qui ont suivi (y compris cyberpresse).

Sa fermeture (annoncée aujourd’hui dans un courriel aux employés, nous dit-on) se traduit dans une vingtaine d’emplois perdus. Les sites web rattachés à Branchez-Vous! (Matin, Info Techno et Showbizz.net) disparaissent aussi. Pour le milieu des médias, précaire par les temps qui courent, ce n’est pas une bonne nouvelle.

Cela dit, cette fermeture n’a rien de surprenant.

Acquis par Rogers en 2010 pour la rondelette somme de 25 millions de dollars, qu’avait à offrir Branchez-Vous! que ses compétiteurs n’avaient pas? Rien. Pas de nouvelles exclusives (Matinternet était réputé pour repiquer sans le mentionner les textes des grands médias, ce que j’ai déploré sur Twitter plus tôt aujourd’hui), une majorité de dépêches de la Presse canadienne et aucun contenu pointu pour lequel l’internaute aurait fait un détour (on dira que Huffington Post propose la même formule mais ils ont tout de même quelques blogueurs-vedettes).

La seule chose qui distinguait Branchez-vous! d’un site complètement anonyme étaient ses blogueurs. Le problème c’est qu’il n’y avait pas de gros nom pour attirer les lecteurs, qu’ils n’avaient pratiquement aucune visibilité (saviez-vous que Gérald Larose avait un blogue sur Branchez-vous?) et qu’ils n’étaient jamais cités dans les médias électroniques (même dans les médias sociaux, je voyais rarement leurs propos être repris ou cités. Problème).

D’un point de vue d’affaires, que représentait Branchez-Vous! pour Rogers? Peu de choses, semble-t-il. En cette époque où tout le monde souhaite «décliner des contenus sur plusieurs plateformes», il n’y avait pas grand profit à tirer de ces sites web qui n’avaient aucune valeur à exploiter.

Depuis plusieurs mois (et même années), les spécialistes répètent que les médias qui tireront leur épingle du jeu sont ceux qui auront un contenu exclusif à offrir ou des informations privilégiées pour lesquels les internautes sont prêts à payer. Branchez-Vous! n’offrait rien de tout cela. Dans un tel contexte, pas étonnant que Rogers ait tiré la plogue.

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