Alain Brunet

Mardi 24 juin 2014 | Mise en ligne à 10h48 | Commenter Commentaires (35)

La Liste Kebekensis 2013-2014

Où en sommes-nous au juste en ce 24 juin ?

Plutôt que de tenter de circonscrire laborieusement nos identités culturelles et linguistiques en cette période de grand flou, plutôt que de forcer la note, je nous suggère de passer une Saint-Jean inclusive et d’assumer aujourd’hui cette mixité d’identités qui nous est propre. Ce qui n’empêche en rien de nous rappeler d’où nous provenons, ce que nous voulons préserver et, surtout, ce que nous souhaitons faire progresser.

La forme chanson est évidemment comprise dans se souhait. Qu’elle soit indie rock, hip hop, psych folk ou world 2.0, elle demeure un baromètre de premier choix pour dresser le portrait culturel d’un territoire composé de régions, de villages, de villes, d’une métropole et sa périphérie.

Alors amusons-nous un tantinet ! Je propose ainsi de mettre en ligne votre Liste Kekekensis, soit une sélection de ce que vous considérez le nec-plus-ultra de la forme chanson au Québec.

La méthode est simple: vous dressez une liste de vos 10 meilleurs albums québécois sortis entre le 25 juin 2013 et le 24 juin 2014, exprimés dans n’importe quelle langue. À noter que les musiques instrumentales (classiques, jazz ou électronique) ne font pas partie de cette sélection. Il est ici quesiton de forme chanson.

Difficile de cacher ici mon penchant pour un Québec inclusif, ouvert, multilingue… et où le français doit rester prééminent voire maîtrisé par tous ses résidants permanents. Inutile d’ajouter que L’Autre Saint-Jean, fêtée hier soir à Rosemont, est un très bel exemple de vivre ensemble dans cette optique. Il va sans dire que je respecte aussi le choix de plusieurs de valoriser exclusivement le français dans le contexte de la Fête nationale. À ce titre, ils ont un vaste choix d’événements et célébrations. Et c’est très bien ainsi.

Bonne Fête nationale à toutes et tous. Et tous à votre propre Liste Kebekensis !

Voici la mienne par ordre alphabétique, question de partir le bal.

Alejandra Ribera, La Boca

Antoine Corriveau, Les ombres longues

Arcade Fire, Reflektor

Dead Obies, Montréal $ud

Jimmy Hunt, Maladie d’amour

Klô Pelgag, L’alchimie des monstres

Philémon Cimon, L’été

Philippe B, Ornithologie, la nuit

Thus Owls, Turning Rocks

Timber Timbre, Hot Dreams

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Dimanche 22 juin 2014 | Mise en ligne à 17h23 | Commenter Commentaires (7)

Suoni per il… Francos: une semaine de vadrouille !

La haute saison, c’est bien ça. Profusion de shows chaque soir, cette impression de chaos sympathique. Cette semaine, je ne me suis consacré exclusivement à aucun des deux festivals. Une bonne quinzaine depuis le dernier envoi sur le blogue, et voici quelques bribes de cette semaine passée dans les aires des Suoni per il Popolo et des Francos.

Bardo Pond

Bardo Pond, samedi dernier à la Sala, était superbe. Je comprends maintenant pourquoi Godspeed affectionne tant ce groupe inqualifiable. Enfin on peut résumer la facture de ce groupe américain (Philadelphie) par l’expression aigre-douce dans sa version la plus extrême. La chanteuse et flûtiste Isobel Solenberger survole gracieusement les épaisses murailles de rythmes et de guitares saturées, érigées par ses collègues masculins – John et Michael Gibbons, Clint Takeda, Jason Kourkonis. L’histoire de la musique de distorsion retiendra sûrement la contribution de Bardo Pond. Pour ma part, c’est à un niveau comparable à My Bloody Valentine.

Fontarabie Théâtre Maisonneuve

Fontarabie

Vous avez lu mon texte sur le show de Fontarabie dimanche dernier ? Le voici. Grosso modo, je dis que Julien Mineau a eu de bons flashs dans cette aventure, mais que les limites de son langage orchestral imposaient la contribution de vrais arrangeurs. Ces derniers ont ainsi pu améliorer grandement la facture d’un album ambitieux et inachevé. En d’autres termes, une opération d’envergure… qui dépasse à peine l’exercice de style. Si Mineau veut faire plus, c’est-à-dire combiner son bel instinct de compositeur rock à une musique de chambre bien d’aujourd’hui, il devra apprendre les fondements du langage musical: lecture des partitions, rudiments de l’orchestration, variété des langages orchestraux, intégration plus étoffée de ses propres flashs.

Boneshaker

Le même soir, Boneshaker s’est fait aller les ossements à la Casa. Le trio américano-norvégien est formé de Paal Nilssen Love, batterie, Mars Williams , saxophones, Kent Kessler, contrebasse. Improvisation libre à son meilleur ! Plus d’un demi-siècle de free jazz ont mené à des rencontres de cette qualité. Vastes vocabulaires (rytmique, mélodique, harmonique, textural), impressionnante variété de nuances, échelle complète des intensités, grande virtuosité des instrumentistes, cohésion, écoute mutuelle. Mars Williams et Paal Nilssen Love sont des maîtres solistes, spectaculaires à souhait, Kent Kessler est le liant, le ciment de ces deux expressions puissantes.

Low

Low, un des plus beaux exemples de raffinement mid-western, a honoré sa réputation en offrant une prestation généreuse et inspirée, chargée d’un répertoire pour le moins impressionnant – échelonné sur deux décennies de carrière. D’étonnantes bordées de distorsion ornent parfois ces propositions folk-rock hautement mélodiques. Alan Sparhawk (guitare et voix), Mimi Parker (batterie et voix) et Steve Garrington (claviers, guitare, basse) forment un trio des plus cohésifs. Notons au demeurant que le couple Sparhawk-Parker se montre discret sur sa foi mormone. Tant mieux pour nous, tant mieux pour la culture, tant mieux pour la musique.

Yasmine Hamdan

Chanteuse de puissance, redoutable bête des planches, auteure-compositrice visionnaire, incontournable de la nouvelle pop arabe de création, Yasmine Hamdan est bénie de tous les dieux. Enfin presque tous; entre 18h et 19h, les esprits francofous de la scène Hydro-Québec ne pouvaient lui être cléments. Qu’elle soit très peu connue en Amérique francophone (malgré son apparition dans le dernier film de Jim Jarmusch) l’a menée direct à cette modeste plateforme. Sous un ciel blanc cassé, cette étoile de la nuit brillait forcément moins. Son groupe électro-rock (claviers-basse-guitare) n’était pas vilain du tout mais… on ne pouvait lui demander la lune, cette dernière ne risquait pas d’apparaître. Sonorisation beaucoup trop mince, carences côté instrumentation, éclairages faméliques, Alors? Les chansons de son excellent album Ya Nass (et plus encore) n’avaient pas la même portée, malgré quelques pointes de distorsion sur le dernier droit… Ainsi, nous n’avons eu qu’un léger aperçu de ce dont est capable cette Libanaise et citoyenne du monde.

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La Maison Tellier

Autre découverte de mes Francos, La Maison Tellier, formation normande des frères Helmut et Raoul Tellier, très solide sur scène , enfin pour le peu que j’en ai vu à L’Astral. Textes très solides, superbement écrits pour la plupart. Ce folk rock est assorti d’éléments très créatifs (country, slowcore et même jazz contemporain) et d’une instrumentation singulière (pedal steel guitar, banjo, cor, cornet, etc.) s’ajoutant aux guitares, basse et batterie. La Maison Tellier est sans contredit une force chansonnière sur laquelle la francophonie pourra compter au cours des prochaines années. Paru en 2013, Beauté pour tous sera bientôt mis en vente en Amérique francophone. Ce quatrième opus de La Maison Tellier me semble très bon et donne envie de découvrir l’entière discographie du groupe.

Salomé Leclerc

J’ai pu assister à une heure du nouveau spectacle de Salomé Leclerc, donné mardi au Gesù. Elle peut compter sur Philippe Brault, bassiste, multi-instrumentiste et réalisateur de son album à paraître en septembre (27 fois l’aurore),que complète une belle équipe de musiciens – José Major, batterie, Benoît Rocheleau, claviers, instruments à vent et autres cossins. À peine débarquée de Suisse, le décalage horaire a légèrement affecté sa concentration mais bon, ce spectacle devrait s’améliorer très rapidement au fil des festivals. De manière générale, Salomé Leclerc n’a peut-être pas atteint son plein potentiel, elle devra chercher davantage pour circonscrire ce qui lui est propre, elle devra continuer à écrire, jouer et chanter. Or, déjà, sa proposition est intéressant et mérite notre attention.

Zaz

Au Métropolis, j’ai pris mon premier bain de Zaz, chanteuse hyperactive, hyperénergique, hyperchaleureuse, hyperfrançaise. Ce qu’elle en fait des bulles ! Devant un public en liesse (majorité absolue de Français), la trentenaire porte tous les stéréotypes de la chanson française qu’on connaît depuis les années 50 et 60. Du jazz manouche à la musique cubaine, ses ajouts multiculturels sont admis dans la chanson française depuis des lustres et en ornent toujours l’imaginaire collectif. Zaz propose ainsi la totale, la pizza toute garnie de l’identité française au centre-gauche de la nation. On peut parler ici de divertissement intelligent, de bonne chanson populaire exécuté par de très bon musiciens et une chanteuse indéniablement fédératrice. Pour la vision et l’originalité, cependant, on repassera.

tUnE-yArDs

Mercredi La Tulipe accueillait Merrill Garbus, Nate Brenner et leurs musiciens de tournée – une percussionniste et deux chanteuses. Énergie surtout féminine, grande énergie, machine huilée au quart de tour, profonde originalité, joie de vivre. Difficile de demander mieux. Bien sûr, l’effet de surprise n’est plus ce qu’il fut si on connaît bien le groupe tUnE-yArDs. Mais on ne peut qu’applaudir l’amélioration tangible de la formation californienne sur scène. L’autorité de Merrill Garbus s’est raffermie, la complexité de ses compositions exige un jeu encore plus relevé qu’auparavant, défi relevé brillamment. Car tout se beau monde maîtrise bien assez le langage de tUnE-yArDs pour le rendre ludique et d’autant plus contagieux.

Swans

Pendant ce temps au National, Swans sévissait. Et j’ai pu assister à une heure de cette prestation aussi généreuse que forte en volume. Non, on ne peut dire que le concert fut foncièrement différent du précédent donné à Montréal (il y a deux ans à La Tulipe), mais il fut assurément de même intensité. Quelle décharge ! Tympans fragiles s’abstenir, inutile de l’ajouter. Ma seule réserve ? Les moments de subtilité identifiés sur l’album To Be Kind ne se transportent pas sur scène, on y préconise plutôt les longues courbes d’intensité qui culminent la pédale dans le tapis de décibels. Expérience physique, dites vous ?

Omar Souleyman

Expérience fort différente de celle vécue à la Sala Rossa avec le Syrien Omar Souleyman, soit le chanteur arabe préféré des hipsters qui lui font la fête à chacune de ses nombreuses escales montréalaises. Cette mixtion folktronique est une boisson énergisante, pour employer un euphémisme. Impossible de résister à ces grooves moyen-orientaux, chantés en arabe ou en kurde. Concept simple, ludique… qui s’annonce redondant. Le mec devra renouveler cette proposition qu’on aime depuis quelques années déjà.

catherine-ringer-lors-spectacle-plaza

Plaza Francia

Jeudi, je troquais la Plaza Saint-Hubert de mon voisinage pour la Plaza Francia. Catherine Ringer (des Rita Mitsouko) chantait Müller & Makaroff, de Gotan Project. On avait beaucoup apprécié Gotan Project à ses débuts, puis je m’en suis lassé. Cet électro-tango est rapidement devenu une formule branchouille, cette musique s’est yuppisée et … voilà Catherine Ringer à la rescousse. Le sauvetage est vraisemblablement réussi: si les musiques de Müller & Makarof pour guitare, bandonéon et bidules électros ne proposent pas grand-chose de neuf, l’effet Catherine est plus que rafraîchissant et renouvelle la propposition. L’ascendant de la quinquagénaire ne connaît aucun déclin observable, elle a tôt fait d’engouffrer le public du théâtre Maisonneuve dans sa robe. Quelle bête !

Philippe B©Frédérique Ménard-Aubin-1141

Philippe B

Au Gesù, Philippe B gagnait son pari, celui de maintenir l’intérêt depuis ses formidables Variations Fantômes. Plus intimiste, moins considérable sur le plan orchestral, plus discret, néanmoins subtil et magnifiquement arrangé pour trois instruments à vent, deux voix féminines, le chanteur et ses instruments harmoniques (piano et guitares). Chapitre réussi en studio, le nouvel album Ornithologie la nuit est riche, son créateur est en pleine possession de ses moyens pour l’offrir au public en chair et en os. Humour et humilité également au programme de cette très charmante soirée. Hautement recommandable, dois-je renchérir.

antoine corriveau©Frédérique Ménard-Aubin-1190

Antoine Corriveau

Venus faire cinq chansons d’un deuxième album (Les Ombres longues, rien de moins), le mec et ses musiciens ont débarqué aux Francos, sous ce petit chapiteau déguisé en pub anglais. Même un vendredi ensoleillé, 17h, ce moment béni où l’on remercie normalement le dieu du week-end, il fait nuit chez Antoine Corriveau. Couvre-chef et vêtements foncés, regard torve, mine patibulaire. Non, ça ne rigole pas. Cet organe vocal est un chemin de poussière et de cendres chaudes, piste sur laquelle on s’imagine déambuler dans la pénombre, le corps parcouru de frissons. Folk, blues, country, rock bien torchés, belle instrumentation (guitares, violoncelle, basse, batterie, harmonies, percussions, claviers, choeurs), sombres mélodies et harmonies. Les paroles s’avèrent d’une lucidité dangereuse, elles portent le tumulte, les secousses, l’affliction, mais aussi la sagesse certaine de son auteur, la paix intérieure d’un chaman posté au milieu du chaos. On imagine ça bien meilleur dans un contexte optimal, et c’est dans ce contexte qu’on se trouvera la prochaine fois.

Neto Yuth©Frédérique Ménard-Aubin-1248

Neto Yuth

On a peine à croire que Neto Yuth, visiblement nourri aux fréquences afro-caribéennes, essentiellement jamaïcaines, a grandi dans une bonne famille de Québec-ville. On imaginerait aisément ce jeune homme à l’accent hybride avoir poussé dans une banlieue de l’immigration, non sans heurt. Dans le cas qui l’occupe, le fantasme culturel est devenu réalité. Look de l’emploi, voix de l’emploi, inflexions de l’emploi, ragamuffin et mélodies idoines, formation idoine – guitariste, bassiste, batteur, percussionniste, choriste. À l’évidence, Neto Yuth et ses potes ont parfaitement intégré les codes rastas que préconisent leurs modèles jamaïcains des générations antérieures. Phénomène d’ailleurs observé maintes fois chez des francophones d’Europe férus de reggae – Dub Inc, pour ne nommer que ce très bon groupe. Ainsi, le chanteur de Québec-ville préconise la mise en rimes de thèmes réalistes (dureté du travail et de la vie, famille, amour, santé sans tabac, etc.), reggae francophone orné d’anglais et de patois jamaïcain. À l’aise sur scène, fédérateur, jolie bête en devenir.

Philémon Cimon

Quant à Philémon Cimon, il y a beaucoup moins à redire sur sa voix chevrotante et son jeu de guitare… qui en ont refroidi plus d’un par le passé. Malgré une instrumentation minimale (Philippe Brault, basse et voix , Nicolas Basque, guitares et voix), le nouveau gagnant du Prix Félix-Leclerc a gagné en assurance, en précision et en présence sur scène. Il sait rire de lui, présenter intelligemment son matériel et faire monter les blancs en neige. La matière de L’Été , album paru au coeur de l’hiver dernier, a été bellement servie par cet artiste des plus doués. On lui souhaite maintenant plus de fans et donc plus de travail, ce qui lui permettra de présenter un spectacle encore mieux arrangé avec une formation plus considérable.

François & the Atlas Mountains

Ma semaine s’est terminée avec François & The Atlas Mountains, groupe surtout français et d’expression bilingue que dirige François Marry. Pop-prog indie forte en rythmes, traversée par des influences africaines. En interview, le leader expliquait que ses chansons, surtout celles du récent Piano Ombre (Domino Records) sont arrangées collectivement par Amaury Ranger, percussionniste-bassiste qui se trouve aussi dans le groupe Archipel, par Pierre Loustaunau, claviers, guitare, chant, également du groupe Petit Fantôme, par Gerard Black, claviériste de la formation BABE, et par le batteur Jean Thevenin qui officie chez Jaune! lorsqu’il ne se transforme pas en Mont Atlas. Tous ces groupes, il va sans dire, sont à suivre de l’autre côté de la flaque.

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Jeudi 19 juin 2014 | Mise en ligne à 13h54 | Commenter Commentaires (36)

Prix Polaris: la liste longue

Polaris_Music_Prize_logo

La longue liste du Prix Polaris vient d’être rendue publique. Au total, 189 albums ont été soumis au premier vote des 190 membres du jury. On fait observer que 23 des 40 artistes de la liste longue sont sélectionnés pour la toute première fois au Prix de musique Polaris. Parmi ces artistes, quatre ont déjà été nommés dans le passé


L’événement a été diffusé en direct sur le web via TFO

VOICI LA LISTE TANT ATTENDUE, PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE:

Arcade Fire – Reflektor
AroarA – In The Pines
Austra – Olympia
Philippe B – Ornithologie, la nuit
BADBADNOTGOOD – III
Basia Bulat – Tall Tall Shadow
Chromeo – White Women
Cousins – The Halls Of Wickwire
Cowboy Junkies / Various Artists – The Kennedy Suite
The Darcys – Warring
Dead Obies – Montréal $ud
Mac DeMarco – Salad Days
DIANA – Perpetual Surrender
Drake – Nothing Was The Same
Freedom Writers – NOW
Fresh Snow – I
Frog Eyes – Carey’s Cold Spring
Gorguts – Colored Sands
Tim Hecker – Virgins
Jimmy Hunt – Maladie d’amour
Jessy Lanza – Pull My Hair Back
Kalle Mattson – Someday, The Moon Will Be Gold
Moonface – Julia With Blue Jeans On
Mounties – Thrash Rock Legacy
Odonis Odonis – Hard Boiled Soft Boiled
Owen Pallett – In Conflict
Pink Mountaintops – Get Back
PUP – PUP
The Sadies – Internal Sounds
Shad – Flying Colours
Shooting Guns – Brotherhood Of The Ram
Solids – Blame Confusion
Rae Spoon – My Prairie Home
The Strumbellas –
We Still Move On Dance Floors
Tanya Tagaq – Animism
Thus Owls – Turning Rocks
Timber Timbre – Hot Dreams
Chad VanGaalen – Shrink Dust
Bry Webb – Free Will
YAMANTAKA // SONIC TITAN – UZU

ET VOICI MON TOP 10 PERSO, PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE:

Arcade Fire – Reflektor
Philippe B – Ornithologie, la nuit
Dead Obies – Montréal $ud
Tim Hecker – Virgins
Jimmy Hunt – Maladie d’amour
Jessy Lanza – Pull My Hair Back
Moonface – Julia With Blue Jeans On
Owen Pallett – In Conflict
Thus Owls – Turning Rocks
Timber Timbre – Hot Dreams

QUEL EST LE VÔTRE ?

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