Alain Brunet

Vendredi 23 septembre 2016 | Mise en ligne à 16h55 | Commenter Aucun commentaire

Pop Montréal, vendredi

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Grosse soirée que la troisième de Pop Montréal, à mon sens la plus alléchante sur papier. Voyons voir… et on attend aussi vos suggestions!

Ibrahim Maalouf, 20h, Maison symphonique

S’il ne faut nommer qu’une grande chanteuse du monde arabe moderne, on choisit d’emblée Oum Kalthoum (1898-1975). Tout au long de sa carrière légendaire, les meilleurs compositeurs orientaux lui ont soumis leurs chefs-d’oeuvre. C’est le cas de Baligh Hamidi, dont s’est inspiré Ibrahim Maalouf. De retour à Montréal, le trompettiste franco-libanais s’appliquera à jazzifier une pièce d’Hamidi qu’a immortalisée la diva égyptienne: Alf Leila Wa Leila/Les mille et une nuits.Composée en 1969, cette suite d’environ une heure comporte un refrain de 3 minutes et des couplets de longueurs différentes, soit de 5 à 25 minutes, très propices à la transe mais aussi à la relecture instrumentale. En fait état l’album Kalthoum, enregistré et mixé à New York avec la même équipe qu’a réunie Ibrahim Maalouf pour son album Wind, paru en 2011: le contrebassiste Larry Grenadier, le batteur Clarence Penn, le saxophoniste Mark Turner et le pianiste Frank Woeste.

Colin Stetson, 20h, Fédération ukrainienne, programme partagé avec Weill X5

Sorrow – a reimagining of Gorecki’s 3rd Symphony est un projet très ambitieux mené par le saxophoniste, improvisateur, interprète et compositeur montréalais (d’origine américaine) Colin Stetson. Ce souffleur chéri des hipsters s’est appliqué à relire la Symphonie # 3 (Op.36) du fameux compositeur polonais, dite Symphonie des chants plaintifs, dans une esthétique post-rock, soit pour 11 musiciens et une chanteuse. La réduction symphonique est ici compensée par l’amplification et l’attitude rock des multiples anches traitées et filtrées (saxophones et clarinettes), aussi par les synthétiseurs et guitares électriques auxquels se greffent batterie, violon, violoncelle, sans compter la voix mezzo-soprano au cœur de l’œuvre .

Feral Love + Wake Island = Feral Island, Cagibi, 20h45, programme partagé avec Hrair Hratchian, Yohuna, Chersea.

Deux tandems ont été recrutés afin de réaliser un projet commun : de Liverpool, les Anglais Adele Emmas et Christian Sandford forment Feral Love, alors que les Montréalais originaires de Beyrouth, Philippe Manasseh et Nadim Maghzal, constituent Wake Island. Ces groupes exploitent les lutheries électrique et électronique, s’appliquant ainsi à mener le plus loin possible leurs chansons pop, somme toute de fort bonne tenue si l’on s’en tient à leurs productions respectives. Sous l’impulsion de Pop Montréal, cette paire de duos émergents s’est trouvé des atomes crochus afin de fusionner leur création pour ainsi présenter un spectacle inédit.

Angel Olsen, 20h, Rialto, précédée de Rodrigo Amarante

Autre incarnation du raffinement sudiste américain (native de St.Louis, résidante d’Asheville, Caroline du Nord), artiste importante de l’écurie Jagjaguwar, Angel Olsen offre ici un des meilleurs opus de chanson américaine tel qu’on se l’imagine en 2016. Le texte et la voix sont les éléments-clés de cet album assez brut de facture malgré la diversité des ambiances (folk rock, rock’a’billy, dream pop, ballades insolites à la Twin Peaks, etc.), caractéristiques généralement fondées sur des guitares sans flafla, des claviers propices à l’autoréflexion, une dose substantielle de saleté (entendre saturation et autres débordements consentis) et des rythmes redoutablement binaires qui ne portent jamais ombrage au propos. À surveiller en première partie, le Brésilien Rodrigo Amarante, dont la musique est reprises dans la série Narcos.

Michael Angelo, 22h, Sala Rossa

Une autre résurrection comme on les aime à Pop MTL. Originaire de Kansas City, ce Michael Angelo Nigro a pondu des albums psych-folk-rock typiques des années 65-75, décennie de son émergence où triomphaient tous ces Byrds, Jackson Browne, Buffalo Springfield et autres The Band. Travailleur de jour et songwriter à temps partiel, ce mec a discrètement traversé les nuits jusqu’à ce jour (…) puisqu’il tourne encore et atterrit chez nous pour faire tripper les archivistes de la pop.

Con/Try, 22h15, Théâtre Fairmount, suivi de Psychic TV

Décadent, sensuel, au croisement de la performance provocatrice, du rock expérimental et de la synthpop punkisante, idéal avant le retour annoncé de Psychic TV. Le redoutable duo montréalais est formé de l’excellent chanteur et guitariste Jonathan Sheppard (alias Beaver) et du sorcier des claviers David Whitten (aka Mr Lavender). Failure, un premier album sorti en septembre 2014 sous étiquette Summercool m’a conduit à les voir sur scène et voilà, j’appuie sans réserves. Né de la cuisse de Simone Records, le labe Fantôme en lancera le prochain album. Un must absolu pour les fans de la scène locale et plus encore.

Page Bandcamp de l’album Failure

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Jeudi 22 septembre 2016 | Mise en ligne à 20h21 | Commenter Commentaires (2)

Pop Montréal, jeudi

POP Montreal Logo

L’automne respecte son agenda, l’air frisquet nous rappelle que nous venons brusquement de changer de saison et que… Pop Montréal est au programme. Hormis John Cale qui monte sur scène à 21h et dont voici l’interview, la suggestion de la soirée est la suivante:

Babyfather

Babyfather, 22h, SAT, programme partagé avec Kode9 et Tenderizer

Babyfather est une autre incarnation de l’Afro-Britannique, Dean Blunt, soit l’un des auteurs, compositeurs, chanteurs et rappers les plus intéressants de l’heure au Royaume-Uni, artiste à qui l’on doit une pléthore de mixtapes et albums studio depuis l’aube de cette décennie. Son album Black Metal, sorti il y a deux ans, a été primé par la critique – surtout en Europe,Il collabore avec plusieurs artistes cruciaux de sa génération, on pense notamment aux talentueux Micachu et Arca. Dean Blunt est un visionnaire à n’en point douter, il n’y a pas lieu de s’étonner que son projet Babyfather soit endossé par le renommé et très doué Kode9, colistier de cette soirée et maître d’œuvre de l’excellent label Hyperdub. Le mélange des genres est ici un euphémisme, la quête d’une catégorie est un leurre!

Et… quel set mes amis ! À mon sens clairement supérieur à l’album paru en 2015. Pendant plus d’une heure, Dean Blunt et ses collègues se sont produits dans une brume épaisse, très londonienne en fait, et nous avons eu droit à un nouveau chapitre de la mouvance afro-brit. Le projet Babyfather se trouve au confluent du dub, du grime, du drone, du noise et autres ornements subtils dont de très beaux échantillons de musique de chambre. Rarissimes sont les sets afros-anglos aussi visionnaires, avec une telle force de frappe, et qui font ces clins d’oeil ironiques sur la conjoncture post-Brexit au Royaume-Uni – à commencer par cette boucle “This makes me proud to be British” haha ! Il était d’ailleurs gênant de voir aussi peu de monde pour un set de cette qualité. En Europe, Babyfather fait salle comble dans tous les événements où on le présente.

Babyfather sur Soundcloud

Et il y a aussi ceci:

Fet.Nat, 21h Club Lambi, programme partagé avec His Clancyness, Nailbiter, Syngja, Vallens

Underground et local depuis sa fondation, ce quartette de Gatineau pourra-t-il un jour émerger ? On le souhaite, car on peut d’ores et déjà témoigner d’une expression profondément originale, de surcroît francophone. Frontman déchaîné (JFNo), sidemen hautement imaginatifs (Olivier Fairfield, batteur de Timber Timbre, Pierre-Luc Clément, électronique et guitare, Linsey Wellmann, saxophone), références hirsutes et superbement malaxées (électro, free-jazz, minimalisme américain, chanson, punk rock, garage rock, prog rock, etc.), usage circonspect des lutheries électriques, électroniques ou acoustiques, folie furieuse et cohérence conceptuelle au programme de Fet.Nat.

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Mercredi 21 septembre 2016 | Mise en ligne à 19h04 | Commenter Commentaires (2)

Pop Montréal, mercredi

POP Montreal Logo

En marche depuis 2002, le festival Pop Montréal est devenu un rendez-vous essentiel pour la découverte de nouvelles musiques tous azimuts, sans compter d’heureuses résurrections d’artistes qui ont brillé jadis. Voici donc quelques suggestions pour la première soirée, soit celle de mercredi. Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à nous les transmettre au-dessous de ce billet !

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Vesuvio Solo, Sala Rossa, 21 h 30

Les Inrocks ont brandi leur baromètre du bon goût: «Vesuvio Solo est le groupe canadien le plus cool du moment.» Fantasme franchouillard? En Nouvelle-France, les impressions médiatiques tardent: lancé il y a deux ans, l’album Favors n’est pas vilain, gentille pop dont les semis ont germé au centre gauche du pâturage. Riffs de guitare inoffensifs, jolis claviers et textures synthétiques, voix masculines haut perchées, chorus accrocheurs… Voilà un band référentiel, attractif pour qui n’était pas né à l’époque. Vesuvio Solo lancera un second opus le 27 septembre, Don’t Leave Me in the Dark, dont le premier extrait annonce une réelle progression.

Page Bandcamp de Vesuvio solo

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Wally Badarou, 22h30, Sala Rossa

Sur une scène montréalaise, on n’a jamais vu Wally Badarou, compositeur et claviériste français d’origine béninoise. Je l’avais découvert avec l’album Echoes au milieu des années 80. Surtout fondées sur le synthétiseur, ses compositions puisent dans les musiques de danse d’Afrique de l’Ouest (highlife, juju, etc.) et des Antilles (compa, zouk, calypso, etc.) mais aussi dans le jazz-fusion des années 70 (Joe Zawinul, George Duke, Herbie Hancock, etc.). Recruté par le fameux producteur Chris Blackwell (fondateur du fameux label Island), il put collaborer avec le groupe Compass Point All Stars, soit le groupe-maison des mythiques studios de Blackwell aux Bahamas. Il a fait des claviers pour une pléthore de stars – Robert Palmer, Talking Heads, Manu Dibango, Miriam Makeba, Carlinhos Brown, etc. Il aussi collaboré au groupe jazzy groove anglais Level 42 et puis… on a perdu sa trace jusqu’à ce que Pop Montréal l’invite pour la première fois au Québec en tant qu’artiste solo.

Wally Badarou, album Echoes, YouTube

Jerusalem in my heart

Jerusalem in my Heart, 21h30, Musée d’art contemporain

Cinéma, musique, performance, revoilà Jerusalem in my Heart. Charles-André Coderre travaille avec la pellicule cinématographique (16mm et 35mm) devant public, une pratique relativement comparable à son collègue Karl Lemieux (avec Godspeed You ! Black Emperor) et leur aîné Pierre Hébert. Coderre a été recruté par Radwan Moumneh, copropriétaire du fameux studio Hotel2Tango, preneur de son, réalisateur, chanteur et multi-intrumentiste. D’origine libanaise, Radwan partage sa vie entre Montréal et Beyrouth. Son projet artistique Jerusalem in my Heart se situe davantage dans l’esthétique de la performance et de l’installation que de la musique en tant que telle. La musique classique arabe, l’électro et le drone sont parmi les matériaux constitutifs de la proposition sonore, dont un nouveau chapitre s’ouvre ce soir.

JIMH, Soundcloud

Keith Kouna

Keith Kouna, 21h30, Fédération ukrainienne

Avant de s’éclipser dans un long épisode de création, l’auteur-compositeur-interprète Keith Kouna donne un dernier concert solo où il pigera dans son répertoire en plus de donner un léger aperçu de son chantier à venir. Pour ses fans les plus fervents, c’est un rendez-vous.

Keith Kouna sur Spotify

She-Devils

She-Devils minuit, Piccolo Little Burgundy (sous-sol du Rialto)

Des nuitards éclairés soutiennent que She-Devils sera la prochaine grosse affaire de Montréal. Vrai ? Audrey-Ann Boucher (chant) et Kyle Jukka forment ce tandem, dont l’approche rétro-nuovo-kitsch puise autant dans la vieille pop américaine (surf rock, hawaïen, cubain, danse sociale, des genres en vogue durant la première tranche des sixties) que dans les environnement électroniques d’aujourd’hui. La voix indolente et contagieuse de la chanteuse est enveloppée avec goût, les accroches se trouvent au bon endroit, les arrangements très créatifs. Faut maintenant voir sur scène si cette rumeur est fondée.

Page Bandcamp de She-Devils

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