Alain Brunet

Jeudi 21 mai 2015 | Mise en ligne à 17h34 | Commenter Commentaires (5)

Retour de Faith No More: Sol Invictus

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Sol Invictus, «soleil invaincu» est une divinité romaine de l’Antiquité, un cri de ralliement des armées de César avant de passer à l’attaque… et aussi le titre d’un nouvel album signé Faith No More sous étiquette Reclamation, enregistrement aux sons baraqués, aux vertus «hypnotiques et gothiques» pour reprendre les dires des principaux intéressés.

Ajoutons une certaine théâtralité et une variété de climats au-delà de la référence métal, par exemple cet usage atypique du piano, de la guitare acoustique et autres sonorités, somme toute, assez douces pour une formation qui peut aussi opter pour la corrosion extrême. De 1989 à 1998, ce groupe fut l’initiateur d’un mélange très particulier de heavy métal, funk et rock alternatif. Puis son excellent chanteur, Mike Patton, a opté pour des approches plus expérimentales (Mr Bungle, Fantômas, John Zorn, etc.) et voilà le quintette californien de retour en studio après 17 ans d’hibernation. Ce qu’elle est loin l’époque où FNM partageait le même programme que Voivod et Soundgarden… Étiez-vous là au Spectrum ?

Revenir ainsi à une approche plus simple malgré le caractère atypique de ses ingrédients, est-il souhaitable ? Chose certaine, cet album est loin d’être vilain, sans annoncer un grand cycle créatif pour autant. Nous verrons bien s’il s’agit d’une opération caisse de retraite ou d’une véritable aventure artistique ou encore… les deux ! Choisir la résurgence de Faith No More implique nécessairement des liens esthétiques avec la période antérieure du groupe et aussi avec la personnalité musicale de chacun de ses membres – Mike Bordin, batterie, Roddy Bottum, claviers et voix, John Hudson, guitare, Mike Patton, chant, Billy Gould, chant et réalisation.

Qu’en dites-vous ?

LIENS UTILES

Faith No More, site officiel

Faith No More, profil wiki

Écoute intégrale de l’album Sol Invictus sur Deezer

Metacritic: moyenne de 79 % fondée sur 21 critiques

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Mardi 19 mai 2015 | Mise en ligne à 12h35 | Commenter Commentaires (7)

Torres : Sprinter

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La presse indie rock s’intéresse à Torres depuis 2013, année de son premier album homonyme, de facture folk-rock. Le succès d’estime de cette première offrande lui a valu des premières partie aux concerts de Sharon Van Etten et même quelque collaboration sur scène avec son aînée.

La sortie récente de l’album Sprinter (Partisan Records) a rapidement décuplé cet intérêt naissant, et pour cause. Nous avons entre les oreilles une artiste d’envergure. À peine 24 ans, et une voix, une présence, des textes sombres et introspectifs, une dégaine et un entourage d’exception – à commencer par le percussionniste et réalisateur anglais Rob Ellis, reconnu pour son travail auprès d’Anna Calvi, bat For Lashes, Cold Specks ou PJ Harvey. On peut comprendre son choix récent: Torres a une voix d’alto, grave, rock, dramatique et… non sans rappeler Polly Jean dans les pointes d’intensité.

Torres, Mackenzie Scott de son vrai nom, est une jeune femme du Deep South américain. Native de Géorgie (Macon… évidemment rien à voir avec le pinard bien connu), elle a complété un premier cycle universitaire à Nashville, ville propice pour se mettre à la chanson rock. Très rapidement, donc, elle a atteint la bonne talle. Avoir à ses côtés le guitariste Adrian Utley (Portishead) ou le bassiste Ian Oliver (PJ), pointures recrutées par Rob Ellis, ce n’est pas rien.

Cela étant, il faut aussi se méfier de ce name dropping, les environnement sonores britanniques peuvent plaire aux férus de rock des années 90 et 2000, cet emballage est peut-être peu commun pour une une Américaine née au tournant des années 90 mais… on ne peut encore crier au génie comme certains le font. Malgré le potentiel indéniable de cette artiste, la qualité de son interprétation et son goût pour les artistes anglais de haute volée, les références sont encore trop directes. Torres devra s,en dégager, mais elle est vraisemblablement sur la bonne piste pour y parvenir.

LIENS UTILES

Écoute intégrale de Sprinter sur Deezer

Metacritic, moyenne de 81% sur 18 textes recensés

Torres, site officiel

Torres, profil Wiki

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Vendredi 15 mai 2015 | Mise en ligne à 18h55 | Commenter Commentaires (23)

Le voyage de pêche

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Coucher de soleil sur Victo, soir de festival près du Pavillon Arthabasca

Depuis le début des années 80, j’aurai finalement passé quatre ou cinq mois de ma vie à Victoriaville, dont la prospérité tranquille et la relative fadeur du tissu urbain incitent l’amateur à se concentrer exclusivement sur ladite musique actuelle. Enfin… sur ces musiques qui constituent une des nombreuses tranches du corpus musical autre que celui du divertissement. Jazz contemporain, improvisation libre, avant-rock, aile gauche du prog, rock in opposition, jeux d’improvisation, bruitisme, drone, électro-impro, voilà la tanche du FIMAV.

Et me revoilà avec cette majorité d’hommes et de cette minorité de femmes, intellos, mélomanes, paisibles marginaux, sympathiques monomaniaques venus à ce voyage de pêche aux nouveaux sons. Nouveaux ? Pas toujours. Assez souvent, de vieilles bêtes mordent à nos lignes… impression de flétrissement, de sur-place, de résistance au présent, d’avant-garde aux cheveux gris, zones de confort atteintes. Mais aussi des surprises, séquences assez nourrissantes pour que l’on décide de revenir l’année suivante.

Le FIMAV est resté petit comme tant de niches culturelles. On aurait cru, à une époque, que le public de ce festival pourrait croître devenir le plus puissant phare québécois de la nouvelle musique, sa capacité d’accueil le limite à rester une sorte de congrès convivial plutôt qu’un grand festival. Bon an mal an, il fait plus ou moins les 5000 entrées payantes et mobilise un noyau dur de quelques centaines d’amateurs qui reviennent chaque année à sa pourvoirie. Des fans issus du Québec mais aussi de l’Ontario et de la Nouvelle-Angleterre y retrouvent un sentiment de communauté qu’ils n’ont probablement pas dans leur patelin… puisqu’ils sont probablement les seuls à carburer à ces sons.

Force est de constater que l’ouverture aux nouvelles musiques de concert autres que le jazz ou la musique classique ne conduit certes pas à un survol complet. Cet univers est tellement vaste que les amateurs s’accrochent généralement à un micro-réseau pour différentes raisons: le temps et l’argent à consacrer mais aussi l’incapacité de tout absorber. Aujourd’hui, l’offre est tellement considérable que peu de mélomanes (il y en a tout de même) se sentent à l’aise de piger les meilleurs ingrédients de chaque buffet. Ils ne savent tout simplement pas comment s’y prendre.

Ceux qui remplissent ce même week-end (hélas) les salles du festival Elektra évoluent aussi dans une autre configuration qui n’est pas exactement celle de MUTEK, celle des Pop Montréal, Suoni Per Il Popolo, Montréal Nouvelles Musiques, Akousma, Piknic Elektronic et autres Meg Montréal. Personnellement, j’aime me promener partout et il m’arrive régulièrement de me désoler que ces microcosmes de créativité soient, somme toute, mal connectés les uns aux autres. En revanche, ces multiples identités rendent le paysage sonore si riche, si diversifié.

Paradoxe assumé, somme toute.


LIENS UTILES


Ma critique de Suuns + Jerusalem in my Heart


Ma critique de Résistances

Pour en savoir plus long sur ce qui se passe ce week-end àu FIMAV et à ELEKTRA


On clique ici pour le FIMAV

On clique ici pour ELEKTRA

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