
Depuis la sortie de l’album Human After All en 2005 le tandem français a fait dans l’audiovisuel (b.o. pour Tron : L’Héritage , entre autres) et le spectacle à grand déploiement au grand plaisir des masses festivalières. Revenus à l’audio avec ce Random Access Memories, Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter se collent plus que jamais sur l’euro-dance et la pop.
Malgré sa faible productivité côté audio (cinq albums depuis 1997), Daft Punk demeure une marque de prestige, jouit d’une crédibilité plus que certaine. Réputation, en tout cas bien assez considérable pour se laisser désirer par le grand public sensible à la pop électronique et ses extrapolations instrumentales. Et que dire de la faune médiatique. C’est déjà le feu d’artifices ! Random Access Memories est encensé par plusieurs médias de référence, une petite minorité fait défection. J’ai bien peur d’en faire partie…
Quelques écoutes successives ne m’ont pas du tout rapproché de Daft Punk. J’ai plutôt l’impression d’être téléporté dans une disco chic d’Ibiza, un de ces lieux où convergent golden boys and girls, heureux élus de l’économie sans partage et autres héritiers de fortunes familiales. Dans un registre plus modeste, l’impression de m’égarer dans la crédulité voire la grande perméabilité aux campagnes publicitaires d’envergure. Je vous assure ne pas bouder mon plaisir.
Cette euro-dance que complètent des musiques instrumentales et chansons pop d’une mièvrerie me semblent digne des meilleures pubs d’interurbains – ça s’améliore cependant vers la fin de l’opus. La participation de personnalité prestigieuses telles Nile Rodgers (Chic), Paul Williams (Swan, dans The Phantom of Paradise), Giorgio Moroder (pape de l’euro-dance des années 80, il résume sa trajectoire dans un extrait), Pharrell Williams, Todd Edwards, DJ Falcon, Chilly Gonzales, Panda Bear (???) ou Julian Casablancas (The Strokes), ne change pas grand-chose à cette perception de vide conceptuel, de fausses prétentions de substance, d’un empaquetage ingénieux de clichés. Mélodies susurrées à l’autotune, violons disco-hollywoodiens, sprages technologiques apparemment songés… ouf.
Que la croisière s’amuse… D’autres restent au port.
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