Alain Brunet

Mardi 28 avril 2015 | Mise en ligne à 12h56 | Commenter Commentaires (20)

Colin et Sarah: le tout dépasse la somme des parties

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Motifs mélodico-harmoniques, choix rythmiques, innovations texturales, références stylistiques de Colin Stetson et Sarah Neufeld sont ici des vases concomitants, et plus encore. Le jeu des langages individuels trouve un terrain d’entente où fleurissent des compositions supérieures aux démarches individuelles de ces musiciens montréalais.

On a déjà observé que les trouvailles de Stetson pouvaient épater de prime abord, mais qu’on faisait assez vite le tour du jardin avec ces trucs de respiration circulaire, microphones contact et quête microtonale. D’un point de vue compositionnel, on peut conclure à une série d’effets sans structures apparentes.

On peut aussi considérer cette démarche aussi pertinente que l’élaboration de drones à plusieurs couches, ou autres musiques apparemment linéaires et qui ne s’inscrivent pas dans les pratiques compositionnelles de la musique instrumentale contemporaine, écrite et/ou improvisée. Quant au travail individuel de Sarah Neufeld, il se limite aussi à l’élaboration de motifs et de textures émanant de son violon, qu’elle combine à un travail vocal. Intéressant, mais aussi le matériau d’une oeuvre et non une oeuvre en tant que telle.

Combinées aux motifs de Sarah Neufeld à l’archet ou à la voix, les musiques de Stetson sont plus que des matériaux utiles à d’éventuelles compositions. Les huit pièces au programme de Never Were the Way She Was offrent une variété de propositions à la fois exploratoires et accessibles, parce que liées de près ou de loin à des formes traditionnelles ou populaires.

Ces entrelacements entre cordes, vents et voix permettent ainsi au tout de dépasser la somme de ses parties.

LIENS UTILES

Colin Stetson et Sarah Neufeld, profil Constellation


Écoute intégrale de l’album sur Spotify

Mon interview de Sarah Neufeld et Colin Stetson

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Samedi 25 avril 2015 | Mise en ligne à 11h32 | Commenter Commentaires (9)

Wire, long fil conducteur

wire, wire

Wire m’est vraiment apparu comme une formation majeure lorsque Colin Newman travaillait avec Alain Bashung dans le cadre de Novice, un album fondamental dans la discographie du disparu. Clairement en avance sur ses collègues de la chanson française d’alors, Bashung s’entourait d’artistes-phares des mouvances post-punk, électro-pop, et industrielles: Blixa Bargeld, d’Einsturzende Neubauten, Dave Ball de Soft Cell et Colin Newman de Wire. C’était aussi l’époque de la transition de ses grands paroliers: fin de relation et divorce professionnel avec Boris Bergman, débuts d’une longue collaboration avec Jean Fauque, qui dura d’ailleurs jusqu’à sa mort en 2009.

De l’autre côté de la Manche, Colin Newman et ses comparses (pas toujours les mêmes) ont traversé trois cycles de création du groupe Wire. Nous sommes toujours à observer le troisième et ce tout récent album sans titre, sous étiquette Pink Flag.

Sans conteste, très réussi.

Colin Newman (chant, guitare), Graham Lewis (basse et voix), Robert Grey (batterie) et Matthew Simms (guitares) forment un groupe parmi les très rares à avoir construit aussi longtemps sur le rock britannique. Ce groupe culte a traversé des phases marquantes du rock britannique : punk, post-punk, rock alternatif, art-rock, rock expérimental, shoegaze mâtiné d’électro. Le quartette londonien n’a rien perdu de son identité originelle tout en trouvant le moyen d’innover dans le son.

Ce quatorzième album studio exhale une fraîcheur certaine. Solidement arrimés à la batterie et la basse, les grooves binaires sont les fondements de motifs très créatifs émanant des guitares et d’épaisses couches texturales toujours au service de cette voix relativement discrète du frontman. La forme chanson n’y est jamais laissée pour compte, et Wire continue de dérouler ad infinitum son fil conducteur.

LIENS UTILES

Wire, écoute intérgale du nouvel album sur Deezer


Wire et Pink Flag, site officiel

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Mercredi 22 avril 2015 | Mise en ligne à 19h20 | Commenter Commentaires (24)

FIJM 2015: recommandations à votre demande

Si je me fie à quelques interventions récentes sur le blogue, quelques conseils étaient requis pour faire vos propres choix au FIJM 2015. Voici donc ce qui ressemblera à mon programme perso !

26 juin

18h, L’Astral: l’hommage à feu le pianiste montréalais (d’origine polonaise) Jan Jarcyk sous la coordination du saxophoniste Jean-Pierre Zanella.
18h, Gesù: le contrebassiste israélien Avishai Cohen se produit avec la virtuose canadienne (et new-yorkaise depuis longtemps) Renee Rosnes.
19h, Maison symphonique: rencontre de la Corse et de la Sardaigne, avec notamment le trompettiste Paolo Fresu et l’ensemble vocal A Filetta.
20h, Monument National : l’oudiste libanais (transplanté en Allemagne) Rabih Abou-Khalil nous revient après 13 ans d’absence.
19h, 21h45,Upstairs: le contrebassiste israélien Omer Avital.
21h, L’Astral: le trompettiste floridien Theo Crocker, dont l’album AfroPhysicist est un chaud bouillon de funk, soul, hip hop et rock.

27 juin

18h, L’Astral: jazz d’ici… et de Boston ! Emma Frank vit à Montréal, elle est accompagnée d’un ensemble montréalais. Superbe voix jazzy folk, pleine ascension.
18h, Gesù: le contrebassiste Avishai Cohen présente le trio qu’il forme avec le batteur Daniel Dor et le pianiste Nitai Hershkovits.
20h, Monument national: six ans plus tard, le vétéran trompettiste Enrico Rava revient en quintette.
22h, Club Soda: My Brightest Diamond vient présenter la matière de This Is My Hand, un des meilleurs albums indés de 2014.
22h30, Gesù: le trio anglo-danois Phronesis, une de mes plus belles découvertes faites au FIJM ces dernières années.
20h30, Métropolis: non et non, je n’assisterai pas aux concerts à guichets fermés de Steven Wilson – ma sécurité ne pourra y être assurée ;)

28 juin

18h, Gesù: Avishai Cohen se produit en duo avec le guitariste Kurt Rosenwinkel.
20h, Monument national: Robert Glasper, piano, Damion Reid, batterie, Vicente Archer, contrebasse… Un album avec ça ?
20h, Théâtre Maisonneuve: le superbe groupe nujazz Kneebody fait la première partie de The Bad Plus qui s’adjoint le saxophoniste Joshua Redman. Choix déchirant à 20h…
21h, L’Astral: le pianiste très fluideJohnny O’Neil est de la vieille école, descendant direct d’Art Tatum,Teddy Wilson, Phineas Newborn Jr, Oscar Peterson, ce qui n’est pas peu dire.
19h et 21h45, Upstairs, idem le lendemain: le quintette du trompettiste Christian Scott.

29 juin

18h, Gesù: aux côtés de Kurt Rosenwinkel, le pianiste Aaron Parks, le bassiste Eric Revis, et le batteur Allan Mednard.
18h, Club Soda: la chanteuse et flûtiste belge Mélanie De Biasio, dont on a encensé l’opus No Deal l’an dernier.
19h30, salle Wilfrid-Pelletier: Erykah Badu n’a pas de nouvel album à nous offrir, on ne sait à quoi s’attendre et… on sera là.
21h, L’Astral: parmi les meilleures recrues du jazz britannique, la formation Go Go Penguin a été finaliste au dernier Mercury Prize.
22h, Club Soda: Jaga Jazzist sort enfin un nouvel album, Starfire (Ninja Tune)… On s’en fera une tête d’ici là !

30 juin

18h, L’Astral: figures de proue du jazz canadien au féminin, la pianiste Marianne Trudel (à la tête de son quartette) invite la trompettiste Ingrid Jensen.
18h, Club Soda: la grande chanteuse brésilienne Joyce Moreno nous offre bassa nova, samba funk et samba jazz, un grand classique carioca.
19h, Maison symphonique: peut-on encore espérer de grandes choses du Wayne Shorter Quartet ?
21h, L’Astral: le trompettiste Dave Douglas présente son ensemble High Risk constitué du bassiste Jonatha Maron, du batteur Mark Giuliana, et du DJ/producer Shigeto, nujazz de haute volée en perspective.
22h, Club Soda: résurrection du juju nigerian de pépé King Sunny Adé, découvert à mon arrivée à La Presse en 1984.
22h30, Gesù, aussi le lendemain à 18h: Hommage à Édith Piaf signé Richard Galliano et Sylvain Luc.

1er juillet

18h, L’Astral: le guitariste montréalais (d’origine française) Thomas Carbou accueille le saxophoniste américain David Binney
19h, Maison symphonique: jazz pop avec Jamie Cullum
20h, Monument national: le trio du pianiste Vijay Iyer débarque avec dans sa besace un des grands albums de jazz cette année, Break Stuff, créé de concert avec le batteur Marcus Gilmore et le contrebassiste Stephan Crump
19h et 21h45, Upstairs: le saxophoniste Mark Turner se joint au quartette du guitariste israélien Gilad Hekselman

2 juillet

18h, Club Soda: la chanteuse américaine Natalie Prass a enregistré un des meilleurs albums de pop indie cette année, réalisé par Matthew E White. Sur scène ? Formation réduite mais…
18h, L’Astra: le pianiste Guillaume Martineau est l’un des plus prometteurs de la scène locale, il s’amène en quintette.
18h, Gesù: très vieux, jadis très inspiré, le pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim (Dollar Brand) est-il encore capable de jouer ? C’est ce qu’on saura le 2 juillet.
21h, L’Astral: la chanteuse afro-américaine Somi présente la matière de son quatrième album The Lagos Music Salon.
19h et 21h45, Upstairs, idem le lendemain: le guitariste virtuose Russell Malone (autrefois chez Diana Krall) se produit avec son quartette.
22h, Gesù: notre Lorraine Desmarais se défend toute seule.

3 juillet

18h, L’Astral: en tant que leader, le saxophoniste surdoué André Leroux est à la barre de son meilleur groupe à vie; James Gelfand, piano, Muhammad Abdul Al-Khabyyr, trombone, Frédéric Alarie, contrebasse, Christian Lajoie, batterie, Ben Charest, guitare.
19h30, salle Wilfrid-Pelletier: Lucinda Williams , Justin Townes Earle (fils de Steve Earle), The Mavericks, voilà sans doute le grand festin americana de l’été à Montréal.
21h, L’Astral: le pianiste Marc Cary offre en trio un jazz électro-funk à réévaluer sur place.
22h30, Gesù: le pianiste John Roney fait équipe avec le bassiste Alain Caron et le Quatuor Alcan.

4 juillet

18h, Gesù: au milieu des années 80, l’ensemble Ekaya d’Abdullah Ibrahim avait offert un des plus mémorables concerts au FIJM. Trois décennies plus tard… nous verrons bien s’il s’agit d’une erreur de tourneur ou d’un miracle de longévité.
20h, Monument National: le contrebassiste Ron Carter forme un quartette avec la pianiste Renee Rosnes, le guitariste Rolando Morales et le batteur Payton Crossley.
20h30, Métropolis: Badbadnotgood, groupe torontois de facture nujazz invite le fameux MC Ghostface Killah, avec qui il collabore sur le dernier opus.
21h, L’Astral: sensation vocale afro-britannique, Ala.Ni pourrait s’avérer l’une des révélations du prochain FIJM.
22h30, Gesù: on le voit régulièrement chez Zorn, en trio avec Martin & Wood, jamais en solo. Voilà l’occasion d’entendre John Medeski.

5 juillet

18h, Club Soda: la Marocaine Hindi Zahra, que j’ai interviewée la semaine dernière, revient sur scène. La matière de son nouvel opus, Homeland, pourrait s’en trouver magnifiée.
19h et 21h45, Upstairs: la grande Ranee Lee, New-Yorkaise établie à Montréal depuis 35 ans, chante avec sa formation. Respect.
22h30, Gesù: le pianiste Uri Caine vient boucler la boucle de ce 36e FIJM.

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