Alain Brunet

Lundi 14 juillet 2014 | Mise en ligne à 18h12 | Commenter Commentaires (3)

Kode9 aux Week-ends du monde

kode9-4

Les statistiques officielles la Société du parc Jean-Drapeau nous indiquent que plus de 173 500 visiteurs pour les Week-ends du Monde 2014, consacrés à la musique (Karim Ouellet, notamment), la danse et la découverte culinaire. S’il n’avait pas plu des cordes dimanche pour la finale de la coupe du monde de soccer, ç’aurait été encore beaucoup plus. Samedi soir, en tout cas c’était vraiment achalandé lorsque je me suis présenté à la Place de l’Homme, soit au pied du Calder où se produisait Steve Goodman alias Kode9. Normalement, on circule très facilement en vélo dans cette zone. Beau problème !

Le musicien écossais (aussi philosophe et chercheur comme on le souligne dans mon interview parue samedi) nous a donné un set généreux, varié, très recherché malgré une foule qui ne le connaissait probablement pas en majorité. Hormis ses intérêts marqués pour l’après dubstep, l’après-dub ou l’après-jungle, nous a concocté une deuxième heure chargée des styles footwork et ghettotech, actuellement en vogue sur la scène de Chicago.

On ne s’étonnait pas d’entendre des extraits de feu DJ Rashad, figure dominante du footwork (danse de rue dont les protagonistes carburent à un mélange de ghetto house, techno, soul , drum & bass et hip hop) et mort tragiquement le 26 avril dernier. Overdose, semble-t-il… Rappelons que DJ Rashad était une signature Hyperdub, le label que possède Kode9 et qui réunit entre autre la brillante Laurel Halo, l’allumée Ikonika, le fameux Burial. Des enregistrements inédits de ce dernier nous ont d’ailleurs été balancés en fin de parcours. Exclusif!

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Vendredi 11 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h09 | Commenter Commentaires (90)

FIJM 2014: jazz, difffusion, perceptions, clips…

Désolé de lancer ce billet tardivement… Je dois encore vous rappeler que nos tâches sont actuellement bouleversées à La Presse et que nous devons répondre à une quantité très importante de demandes afin de fournir en contenus nos trois plateformes – La Presse +, www.lapresse.ca et La Presse papier. Cela étant, je compte bien réussir à adapter le tout au blogue dans un avenir proche. Ne désespérez pas !

Avant de passer à autre chose, quelques mots sur le Festival International de jazz de Montréal et l’état de la musique qui est censée incarner le (toujours) plus grand événement de musique à Montréal.

Primo: quelques découvertes effectuées au bout d’une quarantaine de concerts, sans plus: les pianistes, claviéristes et compositeurs Kris Bowers, Christophe Chassol et Badbadnotgood. J’avais raté ce dernier en 2013, et j’ai finalement plongé dans son travail audiovisuel. Quant à Kris Bowers, il a trouvé ses repères et commence à peine à construire un langage qui lui est propre. Enfin, l’électrojazz torontois de Badbadnotgood m’est apparu tout ce qu’il y a de convenu, somme toute sans intérêt.

Deuzio. Force était d’observer une baisse de l’affluence dans les salles consacrées au jazz de qualité. Le déclin n’est pas considérable, mais tout de même observable dans les séries au Gesù et au théâtre Maisonneuve. Au fond des parterres, il y avait toujours des sièges libres, peu de concerts on créé le buzz à guichets fermés comme les solos de Keith Jarrett et Brad Mehldau. Ce fut aussi plein pour les courtes séries consacrées à Tigran Hamasyan et Ambrose Akinmusire (de loin la plus concluante). Ce ne l’était pas pour le concert excellent de Rudresh Mahanthappa. Pourquoi ? Parce que les connaisseurs sont moins excités par l’événement, il ne fouillent pas très fort dans sa programmation qui compte pourtant de très bonnes propositions comme celle-ci. Et ne se présentent pas aussi systématiquement qu’ils le faisaient naguère.

Troizio: Le jazz à ce festival me semble devenu la réponse obligée à un mandat plutôt que l’expression d’une grande passion chez ses programmateurs. Leurs défis artistiques se trouvent ailleurs: Woodkid, Vintage Trouble, Melbourne Ska Orchestra, Diana Ross, High Tone, Conjunto Chappotin, Rickie Lee Jones, Beth Hart, Susie Arioli, Diana Krall, etc. Sans conteste, il y a de la matière pour les fans de musique mais pour les jazzophiles ? Moins qu’hier et plus que demain. J’imagine que les promoteurs du FIJM doivent vivre avec le paradoxe de leur marque jazz et maintenir obligatoirement certains acquis, je pense à tous ces Tigran, Brad, Marcus Miller, Cassandra Wilson, Dianne Reeves, Kenny Garrett, Tord Gustavsen, Tom Harrell, Joe Lovano, Randy Weston, etc.

Quarto: Le déclin du jazz dans ses plus grands festivals qui en portent le nom (à Montréal, mais aussi à Montreux et ailleurs en Europe) a un effet direct sur la perception qu’ont les mélomanes de son vieillissement présumé. Puisqu’on en programme moins et qu’on a cessé depuis un bon moment déjà de faire du développement de public, l’impression d’un idiome flétri et vieillissant finit par l’emporter. Par voie de conséquence, le jazz redevient underground et s’adresse à un public plus spécialisé. Trop spécialisé. On ne peut s’en tenir à la programmation de l’Upstairs et quelques prises intéressantes de la série Jazz à l’année du FIJM pour relancer l’affaire. Pas assez ambitieux, les volets jazz des Suoni per il Popolo et de Victo ne peuvent pas non plus favoriser cette croissance disparue. Aujourd’hui, le vrai public du jazz est confiné à de petites niches, ce qui n’est pas de bon augure pour la suite des choses. Pourquoi, au fait, le jazz devrait-il être aussi underground alors que la musique classique ne l’est pas, même si elle représente un créneau spécialisé ? Poser la question…

En somme, je persiste et signe: le jazz est actuellement en mauvaise santé à cause des mutations économiques de sa diffusion, et non à cause de son déclin créatif. Son déclin créatif est une fiction.

Avant de passer aux autres priorités estivales, voici la liste de mes critiques publiées sur le Web pendant le FIJM – cela n’inclut pas les nombreuses interviews réalisées. Vous constaterez qu’il n’y a pas que du jazz. Au FIJM, je me laisse désormais tenter par ce qui n’est pas jazz pour les raisons que vous connaissez déjà.

* Keith Jarrett, concert solo à la Maison symphonique

* Maxwell, Théâtre Maisonneuve

*
Buika, Théâtre Maisonneuve

* Ambrose Akinmusire, retour sur deux concerts au Gesù

* Brad Mehldau, l’art du solo ?

* Brad Mehldau, l’art du duo

* Le nouveau jazz-fusion ? Tigran Hamasyan, Kris Bowers, Felix Pastorius

*
Vieux jazz, les indémodables: Dr. Lonnie Smith, Pete Bernstein, Fred Hersch, Bob Mover…

*
St.Vincent : Annie Clark assume totalement son personnage

* Conjunto Chappotin

* Rudresh Mahanthappa

*
Trixie Whitley

* Terence Blanchard et l’Orchestre national de jazz de Montréal

* José James

Voici enfin quelques friandises, captations vidéo de mon propre téléphone portable:

Ambrose Akinmusire

José James

Kris Bowers

Dr. Lonnie Smith

Chassol: Big Sun

Yannick Rieu

Mehliana / Brad Mehldau & Mark Guiliana

Pete Bernstein

Jacques Kuba Séguin

Christine Jensen Jazz Orchestra

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Mardi 24 juin 2014 | Mise en ligne à 10h48 | Commenter Commentaires (35)

La Liste Kebekensis 2013-2014

Où en sommes-nous au juste en ce 24 juin ?

Plutôt que de tenter de circonscrire laborieusement nos identités culturelles et linguistiques en cette période de grand flou, plutôt que de forcer la note, je nous suggère de passer une Saint-Jean inclusive et d’assumer aujourd’hui cette mixité d’identités qui nous est propre. Ce qui n’empêche en rien de nous rappeler d’où nous provenons, ce que nous voulons préserver et, surtout, ce que nous souhaitons faire progresser.

La forme chanson est évidemment comprise dans se souhait. Qu’elle soit indie rock, hip hop, psych folk ou world 2.0, elle demeure un baromètre de premier choix pour dresser le portrait culturel d’un territoire composé de régions, de villages, de villes, d’une métropole et sa périphérie.

Alors amusons-nous un tantinet ! Je propose ainsi de mettre en ligne votre Liste Kekekensis, soit une sélection de ce que vous considérez le nec-plus-ultra de la forme chanson au Québec.

La méthode est simple: vous dressez une liste de vos 10 meilleurs albums québécois sortis entre le 25 juin 2013 et le 24 juin 2014, exprimés dans n’importe quelle langue. À noter que les musiques instrumentales (classiques, jazz ou électronique) ne font pas partie de cette sélection. Il est ici quesiton de forme chanson.

Difficile de cacher ici mon penchant pour un Québec inclusif, ouvert, multilingue… et où le français doit rester prééminent voire maîtrisé par tous ses résidants permanents. Inutile d’ajouter que L’Autre Saint-Jean, fêtée hier soir à Rosemont, est un très bel exemple de vivre ensemble dans cette optique. Il va sans dire que je respecte aussi le choix de plusieurs de valoriser exclusivement le français dans le contexte de la Fête nationale. À ce titre, ils ont un vaste choix d’événements et célébrations. Et c’est très bien ainsi.

Bonne Fête nationale à toutes et tous. Et tous à votre propre Liste Kebekensis !

Voici la mienne par ordre alphabétique, question de partir le bal.

Alejandra Ribera, La Boca

Antoine Corriveau, Les ombres longues

Arcade Fire, Reflektor

Dead Obies, Montréal $ud

Jimmy Hunt, Maladie d’amour

Klô Pelgag, L’alchimie des monstres

Philémon Cimon, L’été

Philippe B, Ornithologie, la nuit

Thus Owls, Turning Rocks

Timber Timbre, Hot Dreams

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