Alain Brunet

Archive de la catégorie ‘Général’

Dimanche 23 novembre 2014 | Mise en ligne à 17h26 | Commenter Aucun commentaire

Lorsque Pierre Kwenders et Win Butler font DJ

En marge de M pour Montréal et Mundial Montréal, un loft de la rue Saint-Laurent a été transformé en fête où les principaux DJ invités étaient Pierre Kwenders et Win Butler.

J’ai été très étonné par la prestation de Kwenders, car je ne soupçonnais pas sa banque de sons aussi considérable, aussi inspirée. La musique de ses maxis (Whisky & Tea et Africain Dream ) ainsi que de son album (Le dernier empereur bantou) a toujours été créée de concert avec d’autres réalisateurs (Nom de Plume, Samito, etc.), et donc sa responsabilité dans l’habillage de ses chansons était difficile à évaluer.

Vendredi soir, ses propres talents de beatmaker ont été vachement appréciés. Voilà un travail prometteur, je dirais presque autant que ce que j’ai entendu à l’écoute de l’opus Le dernier empereur bantou. Deux excellents percussionnistes (congas et timbales) accompagnaient Kwenders dont les chants se fondaient en direct dans sa marmite afro-électro.

Nous voilà dans cette nouvelle mouvance sonore qui ne cesse de gagner de l’ampleur : la rencontre des musiques électroniques et des musiques africaines. Ce mariage était écrit dans le ciel, nous y voilà. Plusieurs artistes ont déjà plongé, plusieurs autres vont le faire dans un avenir proche.

Quant à Win Butler… eh bien j’ose dire qu’il a des croûtes à manger en tant que DJ. Ses usages de Talking Heads et David Bowie trahissent une banque de sons quelque peu limitée. Je n’ai pas non plus été impressionné par l’usage de ses effets, filtres et rythmes synthétiques dont les DJ font généralement usage. On n’était pas dans la grande découverte, mais bien à la rencontre d’un DJ en développement. Pourquoi pas ? On peut comprendre l’anonymat relatif de sa démarche et on l’encourage à se produire dans d’autres fêtes surprises où il pourra progresser.

Malheureusement, il n’y a aucun élément audiovisuel à fournir pour témoigner de cette soirée de vendredi. Mais l’enregistrement d’exemples montréalais ne saurait tarder… En attendant, voici quelques exemples de groove afro-électro. Amusez-vous !

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Vendredi 21 novembre 2014 | Mise en ligne à 13h24 | Commenter Commentaires (2)

M & Mundial Montréal: Heat, Samito, Operators

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Destiné d’abord à mettre en relation quelques centaines de promoteurs du monde entier avec des artistes Montréalais, Québécois ou issus du Rest of Canada, M pour Montréal n’est peut-être pas un grand événement de découverte pour les férus de scène locale mais on peut y découvrir un joli concentré de talent, d’autant plus que les concerts-vitrines y défilent très rapidement – environ une demi-heure par prestation.

On peut y observer l’éclosion de certains bands en pleine éclosion comme Heat, quartette montréalais présenté jeudi au Café Cléopâtre. Que des hits au programme de ce quartette montréalais à deux guitares entrelacées, basse et batterie, mené par le chanteur Susil Sharma qui s’avère un excellent songwriter, marqué par du très bon rock, du Velvet aux Strokes en passant par Jesus & Mary Chain. Si je puis me permettre, quelques ajustements seraient appropriés. La voix un peu plus intelligible dans le mix, plus d’agressivité de la part du soliste, bref une plus fois présence sur scène du chanteur ne nuiraient certes pas à au buzz entourant ce rock archi efficace et de très bon niveau. On attend la suite.

On peut aussi découvrir la prochaine affaire world 2.0 de Montréal. Il ne faut pas trop se fier à la vidéo de téléphone portable, car Samito est à mon sens le prochain élu. Il s’exprime en créole portugais du Mozambique ou en portugais, il travaille avec des musiciens blancs et noirs, Haïtiens ou Québécois, il est encadré par le très doué Ivan Duran, réalisateur et musicien originaire du Belize à qui l’on doit notamment l’excellent album de Kobo Town mené par le Torontois (d’origine trinidadianne) Drew Gonsalves. Sur la scène du Divan Orange, le mix était loin d’être parfait pour que l’on puisse apprécier la substantifique moëlle de Samito, dont le premier album (Xico Xico) est prévu pour 2015. Les éléments électroniques de ses chansons n’étaient pas assez en évidence, ce qui conférait plus de prévisibilité à cette excellente musique de groove. Je ne suis pas autorisé à diffuser les sept titres qu’Ivan Duran m’a fournis, mais je puis dire que ça pourrait fesser. Montréal pourra compter sur au moins trois productions world de calibre international: Wesli Louissaint, Pierre Kwenders et Samito.

Mercredi soir à la Casa del Popolo, on a pu voir Operators, le nouveau band de Dan Boeckner. Ex-membre des formations Wolf Parade, Handsome Fürs et Divine Fits, l’animal vit désormais à San Jose, Californie, mais revient régulièrement à Montréal où il a longtemps résidé. Désormais aux commandes d’Operators, il suggère une musique de claviers avec attitude rock. Anguleuse, sale à souhait, à ne pas prendre avec des pincettes. Ça se promène entre électro-pop, électro-rock, synth-punk. Rien n’est convenu chez Operators, rien n’est lisse et on ne s’en plaindra certainement pas. Difficile d’en prédire le succès, facile d’en observer la forte personnalité.


Pour la suite de M pour Montréal.


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Celles et ceux qui lisent ce blogue depuis 2008 ont réalisé que le passé pop-rock n’est pas ma tasse de thé. J’aime certes réécouter du Dylan, du Neil Young, Leonard Cohen, Led Zep, l’intégrale des Beatles, les albums de Pink Floyd avant Dark Side of the Moon, les Rolling Stones jusqu’à Some Girls (et encore…), etc. En concert ? Quelques décennies après leur conception, leur interprétation sur scène rivalise très rarement avec les enregistrements originels et leur lecture sur scène à l’époque où ces groupes étaient vraiment inspirés. La pop et le rock classiques méritent certes une visite au musée mais… ça n’a rien à voir avec les musiques instrumentales dites sérieuses: écrites ou improvisées, occidentales, arabes, indiennes, africaines, transculturelles.

Ces répertoires résistent aux époques. Et la majorité absolue des amateurs de musique résiste à ces répertoires, avec cette impression que les grandes musiques du passé s’adressent aux aînés ou à une élite empesée. Sauf pour le jazz, j’ai longtemps eu cette perception. À une autre époque, on s’inscrivait en faux contre cette soi-disant supériorité absolue de la musique classique occidentale. Trois décennies plus tard, on ne peut plus voir les choses ainsi. La musique classique n’est pas supérieure aux autres,mais constitue un extraordinaire terrain de jeu pour quiconque aime la musqiue.

Nous n’en sommes plus à cette époque de crispation élite vs populaire. La mélomanie doit embrasser tous les genres, tous les niveaux de complexité, toutes les cultures, toutes les lutheries, toutes les pratiques. Bien sûr, cet éclectisme est une utopie. Les fans de musiques sont plus éclectiques qu’ils ne le furent mais il faut être réaliste: les musiques classiques et les musiques actuelles plus complexes ne joignent que des mélomanes en deuxième tranche de vie ainsi qu’une minorité de jeunes… dont plusieurs étudiants en musique.

C’est là qu’intervient notre travail pour changer les perceptions. Pour toute nourriture culturelle plus longue à digérer, l’éducation et la vulgarisation sont essentielles… et font défaut hors des facultés de musique et de milieux privilégiés.

Il faut aussi se rendre compte que le monde classique a changé, qu’il ne se résume plus à un club d’admiration mutuelle, qui partage des convictions ethnocentristes, ethnoculturelles. Il y a un an, j’ai fait la rencontre de Jean-Marie Zeitouni. Au bout de quelques minutes, je réalisais son ouverture d’esprit pour toutes les musiques dignes d’intérêt. Parfaitement représentatif de cette nouvelle aile progressiste de la musique classique ayant largué son arrogance élitite. Le maestro d’I Musici de Montréal promeut l’amour pur et simple de la bonne musique, quel que soit son genre, sa culture. On a vu son ensemble accompagner Champion l’an dernier, un travail superbement accompli.

Vendredi soir, l’orchestre de chambre I Musici de Montréal et le Studio de musique ancienne de Montréal nous conviaient à la Maison symphonique. Première partie Ludwig van Beethoven(1770-1827): Elegischer Gesang (Chant élégiaque), Op.118, courte pièce inspirée par la mort en couche d’une jeune femme de 24 ans, suivie de ce superbe quatuor à cordes, no 11 en fa mineur opus 95, composé en 1810 et arrangé pour orchestre à cordes par Gustav Mahler (1860-1911), quelques générations plus tard. Pour ma par, le meilleur moment de ce concert. J’adore les quatuors à cordes de Beethoven, l’arrangement de Mahler est tout simplement magistral, et l’exécution de l’orchestre de chambre montréalais fut irréprochable.

Le plat principal pour la deuxième partie: le fameux Requiem K.626 de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), décédé avant d’en avoir terminé la composition. Franz Xaver Süssmayr (1766-1803) avait complété le travail dans la controverse. D’aucuns ont alors considéré qu’il avait intégré des passages d’autres compositeurs à ce travail certes ingrat.

Pour le concert de vendredi, le maestro Zeitouni a choisi de présenter les « tentatives plus récentes de prendre en compte l’esprit de Mozart dans les recherches universitaires ».

« En 1993, le musicologue américain Robert Levin, également professeur à Harvard, a complété la version de Mozart, corrigeant plusieurs des «erreurs de grammaire musicale» de Süssmayr et retouchant l’orchestration », peut-on lire dans le programme.

Requiem «réachevé», donc, comme l’indique le titre du programme. Devant nous sur scène, l’orchestre de chambre, les chanteurs du Studio de musique ancienne, la soprano Charlotte Corwin, l’alto Emma Char, le ténor Yann Beuron, le baryton Aleksey Bogdanov. Je suis loin d’être un spécialiste de Mozart, mais l’impression d’un oeuvre composite entre son écriture et celle d’autres créateurs était tangible.

Pas tout à fait Mozart ? Le mashup existait avant l’ère numérique, héhé …

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