Alain Brunet

Archive de la catégorie ‘Général’

Mardi 15 juillet 2014 | Mise en ligne à 13h41 | Commenter Commentaires (71)

Polaris: la liste courte dévoilée

Polaris_Music_Prize_logo

«Plus de 150 membres de l’industrie de la musique et des médias étaient réunis aujourd’hui dans la salle ronde du Carlu à Toronto pour le dévoilement de la courte liste du Prix de musique Polaris 2014. L’événement était diffusé en direct sur le web via l’émission BRBR sur la chaîne TFO. Les dix albums nommés ont été sélectionnés parmi les 41 titres figurant sur la longue liste, qui avait été annoncée le mois dernier au Centre National de Musique à Calgary.»

LA COURTE LISTE DU PRIX DE MUSIQUE POLARIS 2014 (en ordre alphabétique):

Arcade Fire – Reflektor

Basia Bulat – Tall Tall Shadow

Mac DeMarco – Salad Days

Drake – Nothing Was The Same

Jessy Lanza – Pull My Hair Back

Owen Pallett – In Conflict

Shad – Flying Colours

Tanya Tagaq – Animism

Timber Timbre – Hot Dreams

YAMANTAKA // SONIC TITAN – UZU

Et alors ?

J’avoue personnellement avoir évité de voter pour Arcade Fire au deuxième tour parce que le supergroupe a déjà gagné. Basia Bulat ? Très sympa, mais pas au point de se hisser aussi haut. Mac DeMarco est à mon sens totalement surévalué. Drake fait du bon travail, bel alliage de créativité et de références populaires mais… pas dans ma courte liste. J’ai voté pour Jessy Lanza au premier tour, j’aurais pu le faire au deuxième mais j’ai mis un peu de keb franco dans mon vote final… pas très stratégique. Owen Pallett, j’aime beaucoup mais il a déjà gagné le Polaris et son nouvel opus n’est pas exceptionnel quoique très bon. Pour Shad, je crois que cette sélection est justifiée. Idem pour Tanya Tagaq, certes la plus singulière des artistes venues du Grand Nord. Timber Timbre ? Assurément voté pour Hot Dreams aux deux tours. Pour Yamantaka Sonic Titans, voilà aussi un groupe aux concepts forts mais au musicianship trop erratique…

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Lundi 14 juillet 2014 | Mise en ligne à 18h12 | Commenter Commentaires (3)

Kode9 aux Week-ends du monde

kode9-4

Les statistiques officielles la Société du parc Jean-Drapeau nous indiquent que plus de 173 500 visiteurs pour les Week-ends du Monde 2014, consacrés à la musique (Karim Ouellet, notamment), la danse et la découverte culinaire. S’il n’avait pas plu des cordes dimanche pour la finale de la coupe du monde de soccer, ç’aurait été encore beaucoup plus. Samedi soir, en tout cas c’était vraiment achalandé lorsque je me suis présenté à la Place de l’Homme, soit au pied du Calder où se produisait Steve Goodman alias Kode9. Normalement, on circule très facilement en vélo dans cette zone. Beau problème !

Le musicien écossais (aussi philosophe et chercheur comme on le souligne dans mon interview parue samedi) nous a donné un set généreux, varié, très recherché malgré une foule qui ne le connaissait probablement pas en majorité. Hormis ses intérêts marqués pour l’après dubstep, l’après-dub ou l’après-jungle, nous a concocté une deuxième heure chargée des styles footwork et ghettotech, actuellement en vogue sur la scène de Chicago.

On ne s’étonnait pas d’entendre des extraits de feu DJ Rashad, figure dominante du footwork (danse de rue dont les protagonistes carburent à un mélange de ghetto house, techno, soul , drum & bass et hip hop) et mort tragiquement le 26 avril dernier. Overdose, semble-t-il… Rappelons que DJ Rashad était une signature Hyperdub, le label que possède Kode9 et qui réunit entre autre la brillante Laurel Halo, l’allumée Ikonika, le fameux Burial. Des enregistrements inédits de ce dernier nous ont d’ailleurs été balancés en fin de parcours. Exclusif!

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Vendredi 11 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h09 | Commenter Commentaires (90)

FIJM 2014: jazz, difffusion, perceptions, clips…

Désolé de lancer ce billet tardivement… Je dois encore vous rappeler que nos tâches sont actuellement bouleversées à La Presse et que nous devons répondre à une quantité très importante de demandes afin de fournir en contenus nos trois plateformes – La Presse +, www.lapresse.ca et La Presse papier. Cela étant, je compte bien réussir à adapter le tout au blogue dans un avenir proche. Ne désespérez pas !

Avant de passer à autre chose, quelques mots sur le Festival International de jazz de Montréal et l’état de la musique qui est censée incarner le (toujours) plus grand événement de musique à Montréal.

Primo: quelques découvertes effectuées au bout d’une quarantaine de concerts, sans plus: les pianistes, claviéristes et compositeurs Kris Bowers, Christophe Chassol et Badbadnotgood. J’avais raté ce dernier en 2013, et j’ai finalement plongé dans son travail audiovisuel. Quant à Kris Bowers, il a trouvé ses repères et commence à peine à construire un langage qui lui est propre. Enfin, l’électrojazz torontois de Badbadnotgood m’est apparu tout ce qu’il y a de convenu, somme toute sans intérêt.

Deuzio. Force était d’observer une baisse de l’affluence dans les salles consacrées au jazz de qualité. Le déclin n’est pas considérable, mais tout de même observable dans les séries au Gesù et au théâtre Maisonneuve. Au fond des parterres, il y avait toujours des sièges libres, peu de concerts on créé le buzz à guichets fermés comme les solos de Keith Jarrett et Brad Mehldau. Ce fut aussi plein pour les courtes séries consacrées à Tigran Hamasyan et Ambrose Akinmusire (de loin la plus concluante). Ce ne l’était pas pour le concert excellent de Rudresh Mahanthappa. Pourquoi ? Parce que les connaisseurs sont moins excités par l’événement, il ne fouillent pas très fort dans sa programmation qui compte pourtant de très bonnes propositions comme celle-ci. Et ne se présentent pas aussi systématiquement qu’ils le faisaient naguère.

Troizio: Le jazz à ce festival me semble devenu la réponse obligée à un mandat plutôt que l’expression d’une grande passion chez ses programmateurs. Leurs défis artistiques se trouvent ailleurs: Woodkid, Vintage Trouble, Melbourne Ska Orchestra, Diana Ross, High Tone, Conjunto Chappotin, Rickie Lee Jones, Beth Hart, Susie Arioli, Diana Krall, etc. Sans conteste, il y a de la matière pour les fans de musique mais pour les jazzophiles ? Moins qu’hier et plus que demain. J’imagine que les promoteurs du FIJM doivent vivre avec le paradoxe de leur marque jazz et maintenir obligatoirement certains acquis, je pense à tous ces Tigran, Brad, Marcus Miller, Cassandra Wilson, Dianne Reeves, Kenny Garrett, Tord Gustavsen, Tom Harrell, Joe Lovano, Randy Weston, etc.

Quarto: Le déclin du jazz dans ses plus grands festivals qui en portent le nom (à Montréal, mais aussi à Montreux et ailleurs en Europe) a un effet direct sur la perception qu’ont les mélomanes de son vieillissement présumé. Puisqu’on en programme moins et qu’on a cessé depuis un bon moment déjà de faire du développement de public, l’impression d’un idiome flétri et vieillissant finit par l’emporter. Par voie de conséquence, le jazz redevient underground et s’adresse à un public plus spécialisé. Trop spécialisé. On ne peut s’en tenir à la programmation de l’Upstairs et quelques prises intéressantes de la série Jazz à l’année du FIJM pour relancer l’affaire. Pas assez ambitieux, les volets jazz des Suoni per il Popolo et de Victo ne peuvent pas non plus favoriser cette croissance disparue. Aujourd’hui, le vrai public du jazz est confiné à de petites niches, ce qui n’est pas de bon augure pour la suite des choses. Pourquoi, au fait, le jazz devrait-il être aussi underground alors que la musique classique ne l’est pas, même si elle représente un créneau spécialisé ? Poser la question…

En somme, je persiste et signe: le jazz est actuellement en mauvaise santé à cause des mutations économiques de sa diffusion, et non à cause de son déclin créatif. Son déclin créatif est une fiction.

Avant de passer aux autres priorités estivales, voici la liste de mes critiques publiées sur le Web pendant le FIJM – cela n’inclut pas les nombreuses interviews réalisées. Vous constaterez qu’il n’y a pas que du jazz. Au FIJM, je me laisse désormais tenter par ce qui n’est pas jazz pour les raisons que vous connaissez déjà.

* Keith Jarrett, concert solo à la Maison symphonique

* Maxwell, Théâtre Maisonneuve

*
Buika, Théâtre Maisonneuve

* Ambrose Akinmusire, retour sur deux concerts au Gesù

* Brad Mehldau, l’art du solo ?

* Brad Mehldau, l’art du duo

* Le nouveau jazz-fusion ? Tigran Hamasyan, Kris Bowers, Felix Pastorius

*
Vieux jazz, les indémodables: Dr. Lonnie Smith, Pete Bernstein, Fred Hersch, Bob Mover…

*
St.Vincent : Annie Clark assume totalement son personnage

* Conjunto Chappotin

* Rudresh Mahanthappa

*
Trixie Whitley

* Terence Blanchard et l’Orchestre national de jazz de Montréal

* José James

Voici enfin quelques friandises, captations vidéo de mon propre téléphone portable:

Ambrose Akinmusire

José James

Kris Bowers

Dr. Lonnie Smith

Chassol: Big Sun

Yannick Rieu

Mehliana / Brad Mehldau & Mark Guiliana

Pete Bernstein

Jacques Kuba Séguin

Christine Jensen Jazz Orchestra

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