Alain Brunet

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 4 mai 2016 | Mise en ligne à 14h52 | Commenter Commentaires (2)

Låpsley, Long Way Home

Lapsley Long Way Home

Le label XL Recordings ne l’a mise sous contrat pour ses beaux yeux bleus. Dire qu’on cherche ardemment la prochaine Adele au Royaume-Uni tient du cliché total, on vise plus juste en évoquant la quête d’un James Blake au féminin. Encore là, évitons les comparaisons directes…

Holly Låpsley Fletcherest dotée d’une très belle voix, beau timbre, belle puissance, beau grain, belles inflexions. Expression sobre, sans vibrato insistant, sans poussées inutiles, rien de criard au programme. Ce premier album ne passera pas à l’histoire mais laisse présager une vraie carrière côté soul/pop/électro/post-dubstep pour cette jeune femme issue du Merseyside. Âgée de 19 ans, elle a quelques albums à venir pour préciser son style. Pour l’instant, disons que ses références sont un petit peu datées, déjà convenues… et qu’elle est néanmoins un excellent choix au repêchage.

La jeune femme a reçu une bonne éducation de base en piano classique. Parallèlement à ses études “normales”, elle a appris à maîtriser le logiciel Garage Band, quelques claviers et autres bidules électro. Elle a ensuite parfait sa formation de beatmaker avec de vrais pros, Rodaidh McDonald et Mura Masa. Elle sort à peine du “junior college” et se voit offrir un contrat d’artiste chez XL.

À l’instar de sa voix, ses arrangements sont sobrement construits, rien ne dépasse et l’on trouve assez d’éléments pour habiller les mélodies, harmonies, travail vocal, cartographie poétique de ses émotions. Elle a mis ses maquettes en ligne et, très rapidement, elle a reçu des propositions de plusieurs labels. La voilà déjà chez XL Recordings, un des plus importants au Royaume-Uni. Tout va très vite pour Låpsley, elle a quitté Liverpool pour s’installer à Londres. S’ensuivit des tournées en Europe comme en Amérique, dont une escale à Montréal, ce mercredi au Théâtre Fairmount… à guichets fermés.

LIENS UTILES

Écoute intégrale de l’album Long Way Home sur Spotify

Låpsley, site officiel

Låpsley se produit ce mercredi au Théâtre Fairmount, à guichets fermés

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Mardi 3 mai 2016 | Mise en ligne à 14h59 | Commenter Commentaires (46)

Andy Stott, Too Many Voices

andy-stott- Too Many Voices

Pour son cinquième album studio, le brillant réalisateur et compositeur Andy Stott s’approche de formes plus pop. L’Anglais compose des chorus, construit des ponts, imagine des mélodies consonantes, suggère ainsi une sorte de synthpop expérimentale pour ses contours dub plutôt corrosifs. Tout de même moins hardcore que ce qu’il nous avait soumis il y a quelques années à MUTEK.

Voix chantées, psalmodies soyeuses, progressions harmoniques convenues figurent au programme… pendant que d’autres intermèdes explorent différentes avenues de recherche, particulièrement ces contrepoints de fragments synthétiques, claviers ou voix traitées. La présence d’Alison Skidmore, prof de piano et chanteuse avec qui Stott apprit ses premiers rudiments musicaux, est encore remarquable sur cet enregistrement – comme c’est le cas depuis l’album Luxury Problems.

Ces hachures rythmiques se fondent sur des métriques dont l’intérêt mathématique l’emporte parfois sur la qualité du groove, ce qui peut produire chez certains l’impression de froideur clinique ou même de maladresse. On peut supposer ici qu’Andy Stott apprend à maîtriser en autodidacte ces concepts de polyrythmes et de polyphonie, ce qui peut s’avérer laborieux parfois.

Heureusement, ces tentatives font souvent place à des musiques plus fluides, très réussies malgré leur caractère expérimental. Album de transition… ou album de lente digestion. La digestion va bon train, dois-je ajouter, bien que je ne puisse conclure à un travail aussi éclairant que ses deux albums précédents – Luxury Problems et Faith In Strangers, tous sous étiquette Modern Love.

LIENS UTILES

Écoute intégrale de l’album Too Many Voices sur MusicMP3.ru

Andy Stott, profil wiki

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Samedi 30 avril 2016 | Mise en ligne à 10h22 | Commenter Commentaires (95)

Beyoncé, Lemonade

Beyoncé Lemonade

Queen Bey était déjà reine de beauté, reine de pop culture, dotée de puissance et de justesse vocales mais… ses albums n’avaient d’autre qualité que leur extrême efficacité, liste idéale de réalisations aux goûts du jour, polissages convenus de culture urban. Cette bénie des dieux pouvait-elle faire mieux que bien chanter, bien danser, faire resplendir ses atours sous les projecteurs de l’univers?

La réponse est ici, audio et vidéo: Lemonade, cinquième chapitre de l’épopée Beyoncé. Le choix de ses collaborateurs est remarquable dans sa diversité esthétique : Jack White, James Blake, Diplo, Kendrick Lamar, The Weeknd, pour ne nommer que les plus connus. Le choix des échantillons est circonspect : Led Zeppelin, Burt Bacharach, Alan Lomax, Outkast, vous imaginez où se promène Sa Majesté. Le choix des styles est très éclectique mais parfaitement cohérent : R&B, hip hop, indie pop, blues, gospel, classique, rock, psychédélisme, jazz, électro. Le choix des sujets est celui d’une artiste mûre qui a réfléchi à son existence et à son époque, à sa condition de star, de mère, d’épouse, de femme, aussi à la condition des bons pères et des mâle infidèles, à sa condition d’afro-américaine.

Beyoncé n’est pas la chanteuse visionnaire du R&B que fut Erykah Badu à la fin des années 90. Elle n’en demeure pas moins au fait de la période actuelle en musique et recrute parmi ses meilleurs artistes pour élever sa proposition. Son expression est ici habitée, impérieuse, corrosive, meilleure que jamais. N’est-ce pas ce qu’on peut souhaiter de mieux, côté pop de masse ?

LIENS UTILES

Écoute intégrale de Beyoncé sur Tidal (payant), propriété de son mari Jay Z

Beyoncé, site officiel

Beyoncé, profil wiki

Metacritic, moyenne de 93% fondée sur 25 recensions.

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