Alain Brunet

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 12 avril 2017 | Mise en ligne à 13h18 | Commenter Commentaires (107)

C’était le temps des blogues…

Le blogue professionnalisé et le blogue amateur déclinent depuis plusieurs années déjà. Dans le cas qui nous occupe, nous voilà au terme de l’aventure sous la bannière www.lapresse.ca.

Pour des raisons évidentes, il ne m’appartient pas de commenter le retrait des blogues spécialisés sur ce portail, pas plus que les orientations de sa direction sur ladite culture “de niche”. Tant et aussi longtemps que je serai employé permanent de cette organisation, je m’en abstiendrai comme il se doit.

Je me permets néanmoins quelques rappels concernant notre pratique. Cette forme nommée blogue, qui consiste en la mise en ligne d’un texte auquel réagit une portion de son lectorat (portion infinitésimale, faut-il le rappeler une énième fois), a connu ses heures de gloire… C’était il y a dix ans, c’était avant que les groupes d’affinité Facebook, les millions de titulaires de comptes Instagram, Snapchat autres Twitter ne l’emportent définitivement sur la forme blogue, souvent réduite à une sorte de ligne ouverte façon internet.

À la fin des zeroties, donc, les envois professionnalisés ont occupé une place prépondérante dans la blogosphère, pour cette simple et bonne raison: les professionnels étaient rémunérés pour alimenter les communautés de leurs contenus. Sauf de rares exceptions, les amateurs ne pouvaient soutenir le même rythme après avoir vécu un cycle de ferveur.

Dans certains cas, des blogues culturels comme celui-ci ont dérogé de la forme originelle en préconisant des textes plus longs et plus étoffés, sorte de résistance à la tendance généralisée aux formats courts – à quand une plateforme d’un seul mot ?! Ce fut donc mon choix: l’addition de mes textes et d’un florilège de répliques éclairées, substantielles, à la hauteur du propos, a très souvent ficelé des propositions plus qu’intéressantes pour notre lectorat silencieux, considérable compte tenu de la nature des sujets.

Vu l’atomisation des genres spécialisés à l’ère numérique,genres dont l’addition représente néanmoins la presque totalité créative du corpus musical généré annuellement sur cette petite planète, les résultats ont été étonnamment concluants. Vous n’avez certes pas constitué un public de masse selon les standards admis et recherchés par les grands diffuseurs, mais avez été très souvent et très nombreux au rendez-vous que nous nous sommes fixé ensemble pendant neuf ans, soit près une décennie entière.

Merci du fond du coeur.

Je dois rappeler que ma propre disponibilité pour le faire progresser a été clairement modifiée avec l’apparition de La Presse +, vaisseau amiral de l’entreprise pour laquelle je bosse et, il faut le dire, élément essentiel pour la relance, la continuité et la survie économique de ses rédacteurs. Depuis quatre ans, donc, il me fallut alimenter ce projet si passionnant bien au-delà de ma tâche à accomplir sur le vaisseau amiral.

J’ai fait tout ce que j’ai pu avec les moyens du bord, c’est-à-dire comme un seul homme- mes excuses pour ces quelques éditions bâclées il y a quelques années, surtout à l’époque où mes vieux parents ont régulièrement sollicité une assistance d’urgence avant de passer à une autre dimension. Malgré ces anicroches somme toute rarissimes, j’ose croire que la moyenne au bâton s’est maintenue, tant et si bien que notre conversation se somme aujourd’hui à plus de 61,590 commentaires sous 1869 textes d’envoi.

Il y a encore beaucoup à faire avec la forme interactive dans le journalisme culturel et dans le monde de la “mélomanie”. Il y aurait beaucoup à dire sur la forme que prend l’interaction, sur ses limites communicationnelles, sur sa psychologie, sur ses potentialités de développement, on y viendra certainement. Je me réjouis personnellement de l’avoir mené vers une conception que je me plais à nommer “critique 2.0″, humble mais réelle contribution à l’évolution du journalisme en musique. S’y sont exprimé des mélomanes passionnés, parfois supérieurs à moult chroniqueurs professionnels en musique, leurs avatars ont contribué à ce qui m’apparaît comme une proposition d’exception dans le paysage musical québécois.

Ce fut un terrain de jeu fabuleux, malgré ses inévitables désaccords, conflits d’ego et débordements malheureux. Vu l’immensité du corpus musical, un seul auteur ne pouvait évidemment parvenir à couvrir tout le spectre de la “mélomanie” d’aujourd’hui, je prétends néanmoins avoir alimenté une culture horizontale en musique et favorisé un maximum de genre spécialisés, tous azimuts.

Je dois aussi souligner avoir personnellement progressé à la lecture des interventions et suggestions de nos plus éminents blogueurs, je pense entre autres à luc_marchessault_hardy_canyon, sultitan (un monde en soi!), chibougamau, jon8_jeanhuit, atchoum, be-bop-a-lula, boulga_(avant qu’il ne disparaisse), not_ok_computer_vanbasten, clint_eastwood, norvege_quebec, bt627, Ben50, austerlitz, danny c, boogie, lecteur_curieux, jaypee2, notsosilentpete, crimsonviking, astyanax, charkie, kalimba ,bigbands, rogiroux, blackened, lecteur_curieux, rafc, zappitovski, duromax, sushi, scotch, ghost et placebo (pour le meilleur et pour le pire haha !), j’en oublie certainement.

Encore une fois, je remercie chaleureusement le lectorat de ce blogue, soit des dizaines de milliers de fidèles, sans compter ses centaines d’intervenants et son noyau de blogueurs actifs.

Pour la suite ? À court terme, je compte relayer mes nouveaux textes (à lire d’abord sur La Presse + ou www.lapresse.ca) via ma page Facebook – dont le nombre d’ami a atteint sa limite (5000) et à laquelle j’ajouterai une page ouverte à quiconque voudra commenter. J’envisage aussi poursuivre une autre expérience interactive entre passionnés de zizique sur une plateforme plus modeste dont je serai l’un des participants bénévoles: retrouvons-nous très bientôt sur le forum Les Hédonistes, voilà la première étape migratoire de notre tribu! Et si ça vous chante, vous pourrez lire mon prochain essai, à paraître en fin d’année ou au début de 2018, sur le thème de “la misère des niches”.

En somme, la vie continue. Nous avons encore de nombreuses années devant nous et… nous n’avons pas dit notre dernier mot !

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Jeudi 16 mars 2017 | Mise en ligne à 11h51 | Commenter Commentaires (671)

Le CD aux soins palliatifs

Cdrom

Parmi les plus importants distributeurs de disques indépendants au Québec depuis deux décennies, DEP Distribution a fermé ses portes cette semaine. La fermeture récente des magasins HMV et la mort annoncée du CD auraient eu raison de l’entreprise acculée à la faillite.

Entre autres activités commerciales, DEP avait en sous-traitance la responsabilité du répertoire français de la multinationale Universal, soit le plus important de la production discographique francophone européenne. La major française s’occupera désormais de ce répertoire, comme elle le faisait naguère avant de conclure une entente avec le distributeur indépendant.

Sous la présidence de Maurice Courtois, DEP distribuait aussi les supports physiques de plusieurs étiquettes québécoises, dont Dare to Care (Coeur de Pirate, Chocolat, Avec pas d’casque, etc.), Spectra Musique (Patrice Michaud, Suzie Arioli, etc.), La Tribu (Cowboys Fringants, Robert Charlebois, etc.), Coyote Records (Klô Pelgag, Karim Ouellet, etc.), Disques Tempête (Fred Pellerin), 7e Ciel (Koriass, Brown, Alaclair Ensemble, Brown, etc.), on en passe évidemment.

La vingtaine d’employés de DEP Distribution perdent leur poste, inutile de le souligner. Il semble toutefois que le vice-président de DEP, Georges Tremblay, demeure à la barre de Believe Digital Canada, née d’une initiative de la haute direction de DEP, et partenaire de l’entreprise européenne Believe, soit un agrégateur de contenu audio numérisé qui poursuivra ses activités dans un environnement de plus en plus numérique et… de moins en moins physique.

Le cancer du support physique a été diagnostiqué il y a 17 ans. On croyait alors venir à bout de la tumeur et… les métastases se sont lentement propagées. Nous sommes en 2007, le produit physique est au seuil de la mort. Le vinyle durera ? Encore un moment, mais les romantiques finiront aussi par s’en lasser, tôt ou tard…. sauf une infime minorité de maniaques comparables à ceux qui collectionnent les 78 tours et les rouleaux de cire. ¨Pour l’instant, le vinyle revêt néanmoins une valeur symbolique pour les résistants de la numérisation, sa durée sera celle de l’effondrement définitif des produits physiques. Après quoi, les enregistrements “d’art” à petit tirage et vendus à fort prix joindront les marchés de la gravure et de la sérigraphie.

Il ne reste qu’un seul gros distributeur indépendant au Québec, Sélect devient très provisoirement un petit monopole que complètent les trois majors (Universal, Sony et Warner) et autres Naxos. Le CD est donc aux soins palliatifs, le vinyle résiste au CHSLD. La disparition des grands détaillants et le déclin accéléré des distributeurs physiques sont des signes qui ne mentent pas.

À quand la fin ?

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Mardi 14 mars 2017 | Mise en ligne à 11h12 | Commenter Commentaires (377)

Must hivernal: Roberto Lopez / Criollo Electrik

lopez

D’origine colombienne, ce guitariste et compositeur montréalais a peaufiné, perfectionné, maîtrisé dans ce quatrième album ce qui le passionnait dans les années 70, alors qu’il vivait son adolescence au cœur de Bogota.

De concert avec l’excellent réalisateur bélizien Ivan Duran, qui fréquente régulièrement Montréal, Roberto Carlos Lopez s’est mis à la recherche de la distorsion perdue (…) et a créé ces chansons empreintes de champeta, cumbia, boogaloo, funktropical et rock, non sans rappeler que senor Carlos Santana, époque Abraxas, était jadis la pointe d’un iceberg beaucoup plus considérable qu’on ne le croit.

Dans les années 60, l’industrie occidentale de la musique n’avait admis que Senor Carlos, sorte d’exception confirmant la règle: l’esprit rock des latins dans les grandes villes ne pouvait traverser les frontières étanches de la culture anglo-américaine. De l’Amérique latine, on n’importait que les clichés touristiques, il va sans dire.

Quelques décennies plus tard, ces sonorités rejaillissent à travers cet excellent projet rétro-nuovo évoquant aussi la rumba congolaise, le soukouss, le highlife, l’afrobeat, musiques africaines diffusées à fond la caisse par les picós, fameux sound systems colombiens.

Féru d’harmonies complexes et d’actualisations jazzistiques, Roberto Lopez a cette fois simplifié ses équations à la demande de son réalisateur, ce qui lui a permis de muscler ses propositions rythmiques, d’enrober ses riffs de saturation, de faire monter le volume au maximum, et ce sans faire bouger d’un iota l’authenticité de sa facture.

Aucune édulcoration, aucun opportunisme au programme. Pour une rare occasion, la nostalgie est ici au service d’une actualisation d’envergure.

LIENS UTILES

Criollo Electrik, écoute intégrale ou achat sur Bandcamp

Roberto Carlos Lopez, site officiel

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