Alain Brunet

Archive du 16 mars 2017

Jeudi 16 mars 2017 | Mise en ligne à 11h51 | Commenter Commentaires (369)

Le CD aux soins palliatifs

Cdrom

Parmi les plus importants distributeurs de disques indépendants au Québec depuis deux décennies, DEP Distribution a fermé ses portes cette semaine. La fermeture récente des magasins HMV et la mort annoncée du CD auraient eu raison de l’entreprise acculée à la faillite.

Entre autres activités commerciales, DEP avait en sous-traitance la responsabilité du répertoire français de la multinationale Universal, soit le plus important de la production discographique francophone européenne. La major française s’occupera désormais de ce répertoire, comme elle le faisait naguère avant de conclure une entente avec le distributeur indépendant.

Sous la présidence de Maurice Courtois, DEP distribuait aussi les supports physiques de plusieurs étiquettes québécoises, dont Dare to Care (Coeur de Pirate, Chocolat, Avec pas d’casque, etc.), Spectra Musique (Patrice Michaud, Suzie Arioli, etc.), La Tribu (Cowboys Fringants, Robert Charlebois, etc.), Coyote Records (Klô Pelgag, Karim Ouellet, etc.), Disques Tempête (Fred Pellerin), 7e Ciel (Koriass, Brown, Alaclair Ensemble, Brown, etc.), on en passe évidemment.

La vingtaine d’employés de DEP Distribution perdent leur poste, inutile de le souligner. Il semble toutefois que le vice-président de DEP, Georges Tremblay, demeure à la barre de Believe Digital Canada, née d’une initiative de la haute direction de DEP, et partenaire de l’entreprise européenne Believe, soit un agrégateur de contenu audio numérisé qui poursuivra ses activités dans un environnement de plus en plus numérique et… de moins en moins physique.

Le cancer du support physique a été diagnostiqué il y a 17 ans. On croyait alors venir à bout de la tumeur et… les métastases se sont lentement propagées. Nous sommes en 2007, le produit physique est au seuil de la mort. Le vinyle durera ? Encore un moment, mais les romantiques finiront aussi par s’en lasser, tôt ou tard…. sauf une infime minorité de maniaques comparables à ceux qui collectionnent les 78 tours et les rouleaux de cire. ¨Pour l’instant, le vinyle revêt néanmoins une valeur symbolique pour les résistants de la numérisation, sa durée sera celle de l’effondrement définitif des produits physiques. Après quoi, les enregistrements “d’art” à petit tirage et vendus à fort prix joindront les marchés de la gravure et de la sérigraphie.

Il ne reste qu’un seul gros distributeur indépendant au Québec, Sélect devient très provisoirement un petit monopole que complètent les trois majors (Universal, Sony et Warner) et autres Naxos. Le CD est donc aux soins palliatifs, le vinyle résiste au CHSLD. La disparition des grands détaillants et le déclin accéléré des distributeurs physiques sont des signes qui ne mentent pas.

À quand la fin ?

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